En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

L’offrande de la pauvre veuve

Publié le Lundi 23 novembre 2009


 

Paul Lemasson, 1897-1971, l’obole de la pauvre veuve, fresque,  Calvaire de Pontchateau, Loire Atlantique

Paul Lemasson est un peintre du milieu du 20e siècle ; formé par un élève de Puvis de Chavannes il réalisa plusieurs peintures murales et scènes religieuses dans diverses églises dont celle de sa commune natale, Saint Mars du Désert ; il réalisa des fresques également à Nanterre et à Pontchateau où se trouve cette fresque.

Paul Lemasson excella dans la peinture de tableaux vivants peuplés de petits personnages comme dans les peintures des maîtres flamands et représentant des  scènes de village et des scènes de la vie quotidienne

On imagine l'artiste comme un homme discret, au bonheur modeste et tranquille, ne goûtant rien d'autre que l'exercice de son art dans le cadre de sa région nantaise et se tenant éloigné de toute mode et coterie artistique. On comprend pourquoi il a choisi de représenter cette scène de la pauvre veuve et le don de son obole.


Et sans doute est-ce son isolement et son détachement de toute influence extérieure alliés à une parfaite maîtrise artistique qui lui ont permis de développer une oeuvre toute personnelle, presque intemporelle et étonnamment poétique.

 Le bâtiment appelé, temple de Jérusalem, a été construit pour le Jubilé de la Rédemption en 1933. Cet un ensemble en béton armé où Paul Lemasson a réalisé une série de peintures ayant un rapport avec le temple de Jérusalem Jésus au milieu des Docteurs – Le recouvrement de Jésus au Temple – la présentation de Jésus au Temple – Jésus et la femme adultère – L’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem – Jésus se lamentant sur Jérusalem – L’obole de la pauvre veuve – Jésus chassant les vendeurs du Temple – L’impôt dû à César.


 On voit dans le cadre du temple, Jésus, de blanc habillé, devant la foule qui est venue l’écoute ; il se tourne vers la femme les mains levées en signe de bienveillance. Le peintre donne de l’importance à cette femme en l’habillant d’un beau vêtement bleu qui la met en valeur.. elle n’est pas couleur « muraille » comme on l’imagine !! mais elle tourne le dos aux autres personnages et donne ainsi discrètement sa piécette. Elle parait douce, son enfant est tout blotti contre elle. 



Le texte biblique

 Levant les yeux, il vit les gens riches qui mettaient leurs offrandes dans le tronc du trésor.

 Il vit aussi une veuve misérable y déposer deux piécettes.

 Alors il déclara : « En vérité, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis plus que tout le monde.

Car tous ceux-là ont pris sur leur superflu pour faire leur offrande, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a donné tout ce qu'elle avait pour vivre. »

 

Luc 21, 1-4



Commentaires

 Ce passage suit un bref réquisitoire contre les scribes et les pharisiens, qui reprend en partie les critiques qui leur avaient été déjà adressées précédemment. Mais ce rappel s’adresse tout particulièrement  aux disciples en présence de tout le peuple qui écoute.

Ces hommes riches devaient se sentir fiers de leur générosité, ils se sentaient admirés, la taille de leur don n’était pas basée sur leurs moyens, mais sur ce que les autres pourraient penser d’eux. Ce travers ne nous échappe pas aujourd’hui, tant sur le plan de l’argent que des œuvres accomplies !!

 

Après cette mise en garde, Jésus lève les yeux et voit un singulier contraste.

Une fois de plus, il voit et dévoile ce qui passe inaperçu habituellement : une femme qui vient discrètement verser son obole. Les offrandes faites par les riches au trésor du temple sont sans aucune mesure avec celle , apparemment ridicule, deux piécettes, d’une veuve indigente. Cela représente tout ce qu’elle avait pour vivre,   L'expression en grec  est très forte , le mot grec, bios, désigne la vie et les moyens de subsistance (comme on dit en français : "gagner sa vie"). La femme donne "tout ce qu'elle a, toute sa vie". Ses ressources se confondent avec sa survie physique de la journée : elle a vraiment tout donné. Telle est la façon d'être et de faire de Dieu, Dieu donne tout, toute sa vie,

L'histoire dont parle la Bible se fait bien souvent par des veuves, des concubines, des hommes et des femmes que nulle chronique ne retiendrait.  Mais Jésus connaît leur sincérité, la générosité de la femme, il sait regarder, reconnaître.

 

Et Jésus corrige solennellement l’aspect minime du don de la veuve. L’important n’est pas la somme que l’on donne, mais la somme que l’on garde par devers soi. La veuve, à l’inverse des riches, a offert tout ce qu’elle avait pour vivre et n’a rien gardé.

Jésus propose-t-il la veuve en modèle ? On sait l’intérêt  permanent que Jésus, notamment dans l’Evangile de Luc, porte aux déclassés, parmi lesquels il place les veuves, les laissés pour compte d’une société largement dominée par les hommes.

Jésus ne fait d’ailleurs pas tant l’éloge de la veuve indigente qu’il exprime une lamentation sur la façon dont elle se fait dépouiller : « ils dévient les biens des veuves » est-il dit dans le passage précédent.  Jésus dénonce indirectement une pratique fréquente des scribes qui incitent les veuves à se dépouiller à leur profit. Jésus, l’avocat des exploités, ne peut que condamner un système de valeur qui conduit à une telle aberration.

 

 

 

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