En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Paul à Athènes

Publié le Mercredi 12 mai 2010


Sir James Thornill (1675- 1734) : Paul prêchant à Athènes, décoration du dôme de Saint Paul à Londres (1716-1719).

Ce peintre baroque avait de bonnes connaissances architecturales et excellait dans la décoration des palais y intégrant de grands personnages à l'allure rhétorique. Sa première grande œuvre fut le décor du plafond du palais de Greenwich, puis il travailla à Hampton Court et à Blenheim. Dans la cathédrale Saint Paul il réalisa plusieurs décors autour de la vie de saint Paul. Plus tard, ayant trouvé le succès il créa une académie privée où se forma le fameux peintre William Hogarth.

Paul est ici représenté dans un décor antiquisant, une évocation d'Athènes telle qu'on se l'imaginait à l'époque.
Il est installé sur un socle... comme on aurait érigé une statue. Son geste est ample et fougueux, montrant de l'index le ciel pour parler de Dieu ; le mouvement de ses bras épouse les deux lignes verticale et horizontale des grands édifices devant lequel il parle.

La foule qui l'écoute est variée. Couché à ses pieds se trouve un savant philosophe avec ses livres, ses sphères, ses parchemins. Derrière, l'un semble écouter tout en restant sceptique et dubitatif, les dires de Paul semblent le dépasser.
Un autre, devant s'avance vers Paul : est-il prêt à se laisser convaincre ?

À l'arrière-plan, les personnages semblent vêtus plus simplement, la foule est nombreuse ; il est intéressant de noter la présence de plusieurs femmes. 



Le texte biblique

Les frères qui escortaient Paul l'accompagnèrent jusqu'à Athènes. Quand ils s'en retournèrent, Paul les chargea de dire à Silas et à Timothée de le rejoindre le plus tôt possible.
Pendant que Paul les attendait à Athènes, son esprit était tourmenté en voyant la ville livrée aux idoles.
Il discutait donc à la synagogue avec les Juifs et ceux qui adoraient le vrai Dieu, et sur l'Agora chaque jour avec les passants.
Quelques philosophes épicuriens et stoïciens venaient aussi parler avec lui. Certains disaient :
« Ce perroquet, que peut-il bien vouloir dire ? » Et d'autres : « On dirait un prêcheur de divinités étrangères » ; ils disaient cela parce que son Évangile parlait de « Jésus » et de « Résurrection ».
Ils vinrent le prendre pour le conduire à l'Aréopage en lui disant : « Pouvons-nous savoir quelle est cette nouvelle doctrine que tu exposes ?
Tu nous emplis les oreilles de choses déroutantes ; nous voulons donc savoir ce que cela veut dire. »
Car tous les Athéniens, ainsi que les étrangers qui résidaient dans la ville, ne trouvaient le temps de rien faire d'autre que de dire et d'écouter la dernière nouveauté.
Alors Paul, debout au milieu de l'Aréopage, fit ce discours : « Citoyens d'Athènes, je constate que vous êtes, en toutes choses, des hommes particulièrement religieux.
 En effet, en parcourant la ville, et en observant vos monuments sacrés, j'y ai trouvé, en particulier, un autel portant cette inscription : 'Au dieu inconnu'. Or, ce que vous vénérez sans le connaître, voilà ce que, moi, je viens vous annoncer.
Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qu'il contient, lui qui est le Seigneur du ciel et de la terre, n'habite pas les temples construits par l'homme,
 et ne se fait pas servir par la main des hommes. Il n'a besoin de rien, lui qui donne à tous la vie, le souffle et tout le reste.
A partir d'un seul homme, il a fait tous les peuples pour qu'ils habitent sur toute la surface de la terre, fixant la durée de leur histoire et les limites de leur habitat ;
il les a faits pour qu'ils cherchent Dieu et qu'ils essayent d'entrer en contact avec lui et de le trouver, lui qui, en vérité, n'est pas loin de chacun de nous.
 En effet, c'est en lui qu'il nous est donné de vivre, de nous mouvoir, d'exister ; c'est bien ce que disent certains de vos poètes : Oui, nous sommes de sa race.
Si donc nous sommes de la race de Dieu, nous ne devons pas penser que la divinité ressemble à l'or, à l'argent ou à la pierre travaillés par l'art et l'imagination de l'homme.
Et voici que Dieu, sans tenir compte des temps où les hommes l'ont ignoré, leur annonce maintenant qu'ils ont tous, partout, à se convertir.
En effet, il a fixé le jour où il va juger l'univers avec justice, par un homme qu'il a désigné ; il en a donné la garantie à tous en ressuscitant cet homme d'entre les morts. »
 Quand ils entendirent parler de résurrection des morts, les uns riaient, et les autres déclarèrent :
« Sur cette question nous t'écouterons une autre fois. »
C'est ainsi que Paul les quitta.
Cependant quelques hommes s'attachèrent à lui et devinrent croyants. Parmi eux, il y avait Denis, membre de l'Aréopage ; il y eut aussi une femme nommée Damaris, et d'autres avec eux.
Après cela, Paul partit d'Athènes pour se rendre à Corinthe.

Actes 17,15-18,1 



Commentaires

On le sait, à, cette époque Athènes était toujours un brillant centre culturel du monde hellénistique et Paul y prend la parole. Déambulant dans les rues de la ville, il réfléchit et son esprit s'irrite en contemplant les idoles présentées partout, la situation religieuse n'est pas caractérisée par le manque, mais par le trop-plein ! Quelle place pourra trouver son message dans ce paganisme foisonnant ? Mais Paul, l'évangélisateur ne se décourage pas.

Comme partout, Paul va d'abord à la synagogue discuter avec le Juifs et ceux qui adorent le vrai Dieu. Puis il s'adresse à toute la population assemblée sur la place publique. A la religion spectacle, il oppose sa parole nue et réussit à captiver l'intérêt de quelques philosophes, épicuriens et stoïciens, représentants des deux principales écoles en vogue, nées toutes les deux à Athènes. Cette élite cultivée de l'humanisme grec lui réserve des réactions un peu méprisantes, le traitant de perroquet, de jacasse ! Mais il a piqué la curiosité de certains qui l'assimilent à un prêcheur de divinités étrangères, comme il y en avait beaucoup à l'époque à Athènes. Des divinités ? Ils entendaient Jésus et la Résurrection ! Ce dernier terme « Anastasie » était compris comme le nom d'une déesse « parèdre », épouse de ce Jésus inconnu d'eux !

Puis tous se dirigent vers l'aréopage, une colline proche ou plutôt une assemblée qui y siège.
Alors Paul reprend son discours et s'efforce de captiver l'attention de son auditoire composé surtout de philosophes, les félicitant de leur religiosité remarquable. Il fait part de sa découverte d'un autel dédié à un dieu inconnu, et ce dieu inconnu existe il vient leur annoncer. Paul prend la liberté d'interpréter cette dédicace au dieu inconnu comme le signe d'une sorte d'attente plus ou moins consciente, comme un vide que sa parole va combler.
Dans son argumentaire Paul utilise habilement une terminologie biblique, des concepts philosophiques ou encore des références de poètes grecs, familiers à ses auditeurs.

Puis Paul change brusquement de ton. La complaisance vis à vis des intuitions des philosophes ou poètes grecs est terminée. Le Dieu qu'il vient annoncer n'est pas un Dieu qui plane dans le ciel des idées éternelles, mais c'est Dieu lui-même qui parle maintenant et qui appelle les hommes à se convertir, à changer de mentalités et de comportements. Cette conversion est indispensable et urgente, car Dieu qui a établi le temps de la vie humaine, a fixé le jour où il doit juger le monde. Et ce jugement s'accomplira par un homme qu'il a établi, comme il en a donné la garantie en ressuscitant cet homme d'entre les morts.

 C'est cette notion de résurrection qui paraît ridicule aux païens, elle est complètement étrangère à leur système de pensée. Paul est alors interrompu et même congédié sine die. Cependant l'auteur des Actes souligne que quelques uns s'attachèrent à Paul et devinrent croyants, Denis et Damaris. L'échec n'est pas total ! Et même prometteur d'avenir! L'Esprit Saint fera son œuvre.

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