En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Saint Ignace de Loyola

Publié le Mardi 31 juillet 2018


Heinrich Füllmaurer (1526-1546), Ennemi semant l’ivraie ,det, Retable de Montbeliard, 1540, Musée d’art et d’histoire de Vienne, copie au temple protestant de Montbeliard.


Georges 1er de Wurtemberg( 1498-1558), comte de Montbéliard, commande au milieu du 16 s siècle, au début de la Réforme, un retable en vue de raconter la vie du Christ selon le nouveau catéchisme protestant.

Il s’agit d’une véritable bande dessinée en 156 images réparties sur six volets et un panneau fixe central. Au-delà de la polémique contre les pouvoirs de l'Eglise catholique, il forme une remarquable catéchèse par l'image.

A l’époque de la réalisation du retable, Montbéliard est encore une possession du Grand Empire Germanique. Il marque les origines du protestantisme en Franche Comté. Après un séjour à Stuttgart, le retable se trouve maintenant à Vienne, mais une copie minutieuse et fidèle, a été réalisée par des artistes de la région de Montbéliard, et a été installée dans le temple protestant de Montbéliard.

Nous voyons ici le panneau évoquant l’ennemi semant l’ivraie. Le personnage central, le diable sème avec frénésie son ivraie. Il est doté de trois cornes sur la tête au centre de sa tonsure de moine, et de pieds palmés et crochus. Son regard est mauvais et grimaçant.

Dans l’une des alcôves à gauche, des disciples ont des attitudes variées, deux hommes coiffés de mitres se tiennent la figure en signe de questionnement, cherchant à comprendre la parabole. Trois autres personnages dont un roi couronné allongé sur un lit, somnolent, n’écoutant pas l’enseignement de Jésus. Dans l’autre maison à droite on aperçoit une femme berçant son enfant, elle continue sa vie sans prêter attention au mauvais semeur.


Le texte de la parabole est inscrit au-dessus de la scène, comme sur chaque panneau du retable, dans un patois allemand facilement compréhensible, dans la lignée des retables protestants.



Le texte biblique

En ce temps-là,
    laissant les foules, Jésus vint à la maison.
Ses disciples s’approchèrent et lui dirent :
« Explique-nous clairement
la parabole de l’ivraie dans le champ. »
    Il leur répondit :
« Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ;
    le champ, c’est le monde ;
le bon grain, ce sont les fils du Royaume ;
l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais.
    L’ennemi qui l’a semée, c’est le diable ;
la moisson, c’est la fin du monde ;
les moissonneurs, ce sont les anges.
    De même que l’on enlève l’ivraie
pour la jeter au feu,
ainsi en sera-t-il à la fin du monde.
    Le Fils de l’homme enverra ses anges,
et ils enlèveront de son Royaume
toutes les causes de chute
et ceux qui font le mal ;
    ils les jetteront dans la fournaise :
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.
    Alors les justes resplendiront comme le soleil
dans le royaume de leur Père.

Celui qui a des oreilles,
qu’il entende ! »

(Mt 13, 36-43)



Commentaires

Le passage d’évangile que nous lisons aujourd’hui, nous rejoint le jour où nous fêtons Saint Ignace, lui dont la devise était : « aider les âmes »…, pour rejoindre la visée que le Seigneur veut nous apprendre. Car « ce n'est pas d'en savoir beaucoup qui rassasie et satisfait l'âme, mais de sentir et de goûter les choses intérieurement » (Ignace de Loyola Exercices Spirituels n°2).

L’interprétation que donne Matthieu de la parabole de l’ivraie est allégorique ; cette « explication » s’écarte sensiblement de la leçon de patience donnée par la parabole..

Le Fils de l’Homme, Jésus lui-même ensemence le monde d’une réalité nouvelle, les « fils du Royaume » se définissant par leur appartenance à Dieu et au Christ et s’affrontant aux « fils du Mauvais ».

Dans la tradition biblique, la moisson symbolise souvent la fin du monde. Les anges obéissent ici au Fils de l’Homme, à celui qui a semé le Royaume. Dieu lui confie le verdict final, annonçant pleurs et grincements de dents à ceux qui découvrent trop tard leurs erreurs.
Mais il est plus cohérent avec l'ensemble de l'Evangile de comprendre aussi que, dans le champ de chacun de nos cœurs, l'ivraie aussi est semée. Et que le Christ juge est celui qui nous restaurera dans la fidélité à Dieu, arrachera l'ivraie de notre cœur et nous ouvrira le Royaume, qui est créé et voulu par le Père, le monde enfin réconcilié avec lui.

Les justes resplendiront comme le soleil, image venue de la littérature apocalyptique juive, notamment du livre de Daniel  : «  ceux qui ont l’intelligence resplendiront comme la splendeur du firmament, et ceux qui sont des maîtres de justice pour la multitude brilleront comme les étoiles pour toujours et à jamais. » (Dn 12,3).

Certes le Bien et le Mal se côtoient dans la phase terrestre du Royaume, comme dans chacun de nos coeurs, et les disciples comprennent qu’ils doivent faire le bon choix.

« Celui qui a des oreilles, qu'il entende ! » Oui que celui qui a des oreilles, entende, au-delà des mots, des demandes, des choses à faire… Qu’il réalise ce qui se passe !

 

 

 

 

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