En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

L’amour sauve du péché

Publié le Jeudi 20 septembre 2018


Pierre Paul Rubens  (1577–1640), Le repas chez le pharisien, 1618-1620  , musée de l’Ermitage.

Rubens a exécuté une esquisse de ce tableau conservée à l’académie des Beaux arts de Vienne, et le tableau lui-même fut réalisé par son atelier, notamment par Van Dyck, Rubens apportant sa dernière touche.

Il présente cet épisode du repas de Jésus chez Simon le pharisien, comme le conflit dramatique opposant le pharisien et Jésus.

Les pharisiens sont enfermés dans leur monde matériel et leur dogmatisme religieux, opposés au monde de Jésus habité d'attention bienveillante et de sympathie pour notre monde pécheur, de bonté et de miséricorde. Les pharisiens sont alignés dans la pénombre derrière la table parée d’une belle nappe blanche, et Jésus, de sa stature les domine habillé de vêtements bleu et rouges bien éclairés. Les pharisiens le regardent et manifestent leur incompréhension, leur ennui et presque leur colère.

Tout ceci est souligné par la composition du tableau, les couleurs. À gauche autour de Simon le pharisien, les lignes sont agitées, le rythmes des formes sont brisées, tandis qu’à droite, dominés par la figure du Christ les contours sont plus fluides et les couleurs s’étalent plus largement.

 



Le texte biblique

 Un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table.

 Survint une femme de la ville, une pécheresse. Ayant appris que Jésus était attablé dans la maison du pharisien, elle avait apporté un flacon d’albâtre contenant un parfum.

 Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, près de ses pieds, et elle se mit à mouiller de ses larmes les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et répandait sur eux le parfum.

En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse. »

Jésus, prenant la parole, lui dit : « Simon, j’ai quelque chose à te dire. – Parle, Maître. »

 Jésus reprit : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d’argent, l’autre cinquante.

 Comme ni l’un ni l’autre ne pouvait les lui rembourser, il en fit grâce à tous deux. Lequel des deux l’aimera davantage ? »

 Simon répondit : « Je suppose que c’est celui à qui on a fait grâce de la plus grande dette. – Tu as raison », lui dit Jésus.

 Il se tourna vers la femme et dit à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé de l’eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux.

 Tu ne m’as pas embrassé ; elle, depuis qu’elle est entrée, n’a pas cessé d’embrasser mes pieds.

Tu n’as pas fait d’onction sur ma tête ; elle, elle a répandu du parfum sur mes pieds.

Voilà pourquoi je te le dis : ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, puisqu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. »

 Il dit alors à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. »

 Les convives se mirent à dire en eux-mêmes : « Qui est cet homme, qui va jusqu’à pardonner les péchés ? »

 Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »

Lc 7,36-50



Commentaires

Jésus est invité à un repas festif chez un pharisien. Et voila qu’un pécheresse rentre dans la salle et reconnaît en Jésus et mouille de ses pleurs les pieds de Jésus, les essuie de ses cheveux et verse du parfum : elle reconnaît en lui celui qui apporte le pardon et le salut de Dieu aux pécheurs.

 


Mais l’hôte pharisien s’arrête a la superficialité du geste de la part d’une femme impure. La conclusion erronée qu’il en tire en lui-même repose sur deux convictions : un prophète est capable de reconnaître l’identité de ceux qu’il fréquente et se doit de maintenir la séparation entre le pur et l’impur. Il a invité Jésus car il pensait que ce dernier était un prophète au vu de ses guérisons et de ses enseignements. Mais Jésus pose d’autres gestes, ceux de l'accueil des pécheurs et des exclus qui sont incompatibles avec l’idée que se fait le pharisien.

 


Jésus prouve bien qu’il connaît les pensées secrètes du pharisien. Il commence par raconter une parabole qui semble ne rien à voir avec la situation présente : le créancier et deux débiteurs. Le pharisien ne peut que tomber d’accord avec celui qu’il vient de critiquer. Le créancier fait grâce aux deux débiteurs. Cela renvoie à une réalité plus profonde : le rapport de Dieu et de l’homme : l’amour des débiteurs est reconnaissance et gratitude à l’égard de celui qui a remis la dette.

Puis on revient à l’histoire de la femme pécheresse : Jésus oppose le comportement du pharisien aux gestes de cette femme pleine d’attention pour les pieds de Jésus : il n’y a pas eu de la part du pharisien d’onction sur la tête (la femme est restée au niveau des pieds), comme cela est de coutume.

Jésus en tire la conclusion que l’attitude de la femme est la conséquence de l’amour divin qu’elle a reçu. Ses nombreux péchés ont été pardonnés par Dieu : l’amour est la réponse humaine à la remise des dettes et des péchés par Dieu. Elle a reconnu que Dieu était juste et a accueilli son pardon.

 

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