En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Le livre de Job

Publié le Mercredi 3 octobre 2018


Blake William Blake  (1757–1827), l’Ancien des jours, 1794, Britih Musem

William Blake est un peintre, graveur et poète anglais. Mystique, visionnaire, anti- conformiste. Il se situe à la charnière du siècle des lumières et de celui des révolutions.

Il récusait l’idée du « grand horloger » ainsi que celle d’un Dieu violent et autoritaire. Son œuvre est inspirée de visions bibliques à caractère prophétique.

Le titre « Ancien des jours » est une expression poétique désignant Dieu comme étant éternel : « des trônes furent disposés, et un Vieillard prit place ; son habit était blanc comme la neige, et les cheveux de sa tête, comme de la laine immaculée » (Dn 7,9).

Inscrite dans un cercle rouge la figure de l’Ancien est reconnaissable à sa barbe et sa chevelure blanches emportées dans un mouvement puissant de rotation. Le tourbillon et la rotation circulaire sont toujours associés chez Blake à la présence d’une divinité terrible qui est l’expression mystique des puissances du mal.

L’Ancien des jours devient ici l’Elohim de la création. Muni d’un compas, il, organise le monde. Mais l’univers est bien trop complexe pour être réduit à une simple géométrie. Dieu est un force, un fleuve puissant d’énergie dont la grandeur n’est accessible qu’à une sensibilité extrême.



Le texte biblique

 Job prit la parole et dit :

« En vérité, je sais bien qu’il en est ainsi : Comment l’homme pourrait-il avoir raison contre Dieu ?

 Si l’on s’avise de discuter avec lui, on ne trouvera pas à lui répondre une fois sur mille.

Il est plein de sagesse et d’une force invincible, on ne lui tient pas tête impunément.

C’est lui qui déplace les montagnes à leur insu, qui les renverse dans sa colère ;

il secoue la terre sur sa base, et fait vaciller ses colonnes.

Il donne un ordre, et le soleil ne se lève pas, et sur les étoiles il appose un sceau.

 À lui seul il déploie les cieux, il marche sur la crête des vagues.

 Il fabrique la Grande Ourse, Orion, les Pléiades et les constellations du Sud.

 Il est l’auteur de grandes œuvres, insondables, d’innombrables merveilles.

 S’il passe à côté de moi, je ne le vois pas ; s’il me frôle, je ne m’en aperçois pas.

 S’il s’empare d’une proie, qui donc lui fera lâcher prise, qui donc osera lui demander : “Que fais-tu là ?”

Et moi, je prétendrais lui répliquer ! je chercherais des arguments contre lui !

 Même si j’ai raison, à quoi bon me défendre ? Je ne puis que demander grâce à mon juge.

Même s’il répond quand je fais appel, je ne suis pas sûr qu’il écoute ma voix !

Jb 9, 1-12.14-16



Commentaires

Le livre de Job que la liturgie propose de lire cette semaine a pour thème les voies de Dieu pour les hommes dans un monde où Satan, l’adversaire de Dieu, introduit la souffrance et la mort. Mais Job est convaincu que les voies de Dieu poursuivent toujours un but salutaire.

Job était un homme riche, juste et pieux. Dieu a permis à Satan de retirer à Job ses richesses, sa famlille et sa santé.

Contrairement à ses trois amis, Éliphaz, Bildad et Tsophar, Job n'accepte pas de comprendre pourquoi Dieu ,qui est juste, permet la souffrance d’un être juste et innocent. Aux raisonnements de ses amis, qui invoquent la punition d'une faute cachée, Job oppose sa propre justice et sa droiture, estimant qu’il est traité injustement. Il espère que Dieu finalement le recevra.

Dans le dialogue précédent notre passage, Bildad avait souligné la justice inflexible de Dieu. Job ne peut qu’être d’accord avec lui. Mais alors est soulevée la grande question : comment un homme sera-t-il juste devant Dieu ? Cette question et la conception correspondante de la justice de Dieu a tourmenté beaucoup de sages et de penseurs depuis l’origine des temps.

La réponse n’est pas dans les raisonnements des philosophes et des moralistes. Elle n’est même pas dans les œuvres puissantes de Dieu créateur du monde. Elle est dans le mystère d'un Dieu qui parle et à qui l'homme peut parler.

Job exprime sa totale impuissance ; Entre Dieu et lui, la lutte est inégale. Il s’estime écrasé par un juge impitoyable qui multiplie les blessures

Mais Job ne se résigne pas , reprend sans fin sa plainte, veut forcer Dieu à répondre. Il sait que Dieu ne peut abandonner les hommes, il sait que Dieu interviendra..

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