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Projet de loi sur l’euthanasie

Publié vendredi

Projet de loi sur l’euthanasie

 

Nous publions ci-dessous un extrait de la réflexion proposée sur le site de la CCBF par un adhérent qui réagit au débat actuel autour de la loi sur l’euthanasie, en donnant notre pleine adhésion à ce qu’il dit.

 

La loi Claeys/Leonetti

« La loi Claeys/Leonetti, en France, permet la sédation profonde et continue, avec arrêt des soins et de l’alimentation (entrainant de facto la mort, sans souffrance). S’il y a un combat à mener en France, en priorité, c’est bien d’abord que tous les Français connaissent cette loi et son volet sur les directives anticipées, lesquelles sont opposables aux médecins. Ensuite que les soins palliatifs soient plus largement déployés et disponibles sur tout le territoire et que la possibilité de la sédation profonde et continue se généralise, sans réticence notamment médicale ou logistique. 

La légalisation de l’assistance au suicide soulève néanmoins trois problèmes que l’on ne peut pas balayer d’un revers de main : 

Le droit à la dignité de la personne

Le 1° argument de ses défenseurs est le droit à la dignité de la personne… certes ! Mais quid alors du droit, notamment des personnes par exemple lourdement handicapées, à être considérées, dès leur naissance et pour toute leur vie durant, comme des personnes porteuses d’une absolue dignité, alors que certaines d’entre elles connaissant un état de vie permanent que d’autres jugeraient, pour elles-mêmes, suffisamment indignes pour justifier sans délai une assistance au suicide ? C’est là, et seulement là, que les deux problématiques ouvrent une brèche à l’euthanasie…si on considère à la même aulne une fin de vie de quelqu’un qui a vécu la majeure partie de sa vie sans trouble particulier et une personne polyhandicapée dès sa naissance. 

L'assistance au suicide

Le 2° argument de ses défenseurs est qu’ouvrir un droit à l’assistance au suicide n’entraine en rien l’obligation pour d’autres d’y recourir. La liberté individuelle est alors première et absolue… certes. Mais c’est oublier que tout décision touchant à des dimensions éthiques doit regarder ses conséquences, pas seulement pour l’individu (dont les droits personnels ne sont pas tous absolus, mais certains relatifs), mais aussi les conséquences pour la société en son entier. C’est là qu’arrive un 2° risque : l’imposition d’un modèle social où les personnes connaissant des conditions de vie considérées comme insuffisamment dignes sont priées de laisser leur place et de disparaître… personnes âgées en fin de vie par exemple. Mais ne fantasmons pas, dans les faits, en 20 ans, la Belgique, malgré sa loi de 2002, ou la Suisse, ne sont pas devenu un vaste univers euthanasique …tant s’en faut!

Exception authanasique

 Le 3° argument de ses défenseurs est que la loi Claeys/Leonetti laisse de côté le cas de quelques personnes qui ne pourront pas mettre fin à leurs jours malgré d’intenses souffrances physiques et/ou psychiques. Ce dernier cas de figure mérite d’être examiné avec sérieux, pour voir si, dans ces cas-là et rien que ceux-là, une « exception d’euthanasie » pourraient être envisagée et sous quelles conditions. Je qualifie volontairement ce cas d’ « exception euthanasique » pour bien souligner qu’il ne saurait être question, sous couvert de quelques situations dument encadrées, d’ouvrir un droit généralisé de l’assistance au suicide, ouvrant le risque d’une société progressivement euthanasique. »

 

Un accompagnement personnalisé

Les membres du bureau du CETAD sont soucieux de dire à quel point ils s’inquiètent d’un débat mené sous la pression des idéologies et des lobbies contradictoires, et qui ne prend pas en compte le fait que chaque être humain doit être accompagné pour lui-même dans la complexité singulière de ce qu’il vit et de ce qu’il souffre.

Une loi votée à la va vite ne peut nous satisfaire. Pour autant nous sommes conscients du fait qu’il faudra quelques exceptions à la loi Claeys/Leonetti.

Les points les plus importants nous paraissent une formation plus pointue des médecins et personnels soignant, et une invitation au dialogue et au débat dans chaque cas. Evidemment la multiplication des lieux de soins palliatifs et de formation aux soins palliatifs sur tout le territoire français est un enjeu essentiel. 

 

 

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