En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

La nomination de Mgr Pierre Feng Xinmao à Hengshui, dans la province de Hubei (Chine)

Publié le Mercredi 3 mars 2004

Le jour de l’Epiphanie 2004 un évêque de l’église officielle chinoise, mais nommé par le Pape Jean Paul II a été ordonné à Hengshui, dans la province de Hubei, malgré les réticences des autorités chinoises. La nomination de Mgr Pierre Feng Xinmao apporte beaucoup d’espérance.

La Chine communiste n’entretient pas de relations diplomatiques avec le St Siège depuis le départ du nonce Antoine Riberi, expulsé de Chine en septembre 1951. L’Eglise catholique reconnue officiellement en Chine est sous le contrôle gouvernemental de l’Association patriotique des catholiques de Chine qui s’occupe de la nomination des évêques, rôle qui normalement est dévolu au St Siège. L’Eglise non reconnue, appelée église clandestine, ne jouit pas de la protection légale et ses membres sont souvent persécutés.

Le nouvel évêque chinois, Mgr Feng, âgé de 39 ans, a reçu sa formation en Europe : il possède une licence en droit canon de l’Université catholique de Louvain. Il est le 1er évêque de la nouvelle génération qui en Chine possède une formation universitaire.

Une dépêche du 3 février 2004 informait que pour la première fois depuis 50 ans de nouvelles églises sont construites à Pékin, elles viennent s’ajouter aux 17 églises qui aujourd’hui s’avèrent insuffisantes pour accueillir les fidèles et qui sont mal réparties dans la ville.

Le Père Jean Charbonnier, des missions Etrangères de Paris, rappelle qu’il y a 20 ans les chrétiens de Chine sortaient de l’ombre après une longue période d’anéantissement due aux violences d’un activisme révolutionnaire anti-religieux et anti-impérialiste.
A la mort de Mao Tse Toung en septembre 1976, toutes les églises étaient fermées à l’exception de l’église pékinoise de Nantang ouverte aux seuls étrangers depuis 1971 à la suite de l’entrée de la République Populaire de Chine aux Nations Unies.

Après 1978 les religions retrouvèrent droit de cité dans les limites imposées par le gouvernement. Les prêtres sortis de prison étaient âgés, ils cherchèrent à susciter de nouvelles vocations et à envoyer des jeunes dans les grands séminaires ré-ouverts à partir de 1982 qui avaient été fermés pendant 30 ans.

Il y avait en 1997, 10 millions de catholiques en Chine et 14 millions de protestants ; ils représentaient une petite minorité de 2% de la population chinoise.

Les chrétiens font preuve d’un grand dynamisme. En septembre 1992 au 5e congrès national des Catholiques, il fut officiellement décidé de mettre en œuvre la réforme liturgique de Vatican II et de célébrer la messe face au peuple.

Il y a aujourd’hui 138 diocèses, 70 évêques reconnus officiellement par le gouvernement et environ 60 évêques consacrés avec l’accord de Rome mais sans autorisation gouvernementale, 5 000 églises catholiques sont ouvertes au culte.

Le Père Charbonnier explique que les difficultés actuelles des chrétiens en Chine reprennent sous une forme à la fois nouvelle et ancienne : le conflit récurrent depuis plus de 4 siècles entre le message de l’Evangile et la grande tradition culturelle chinoise. « La civilisation chinoise est une quête d’harmonie entre l’homme et le ciel sous une forme rituelle très élaborée. Les normes de la sagesse chinoise dans le perfectionnement de soi s’accorde mal avec le sens chrétien du péché, de la faiblesse humaine, du pardon, avec un message de salut par la grâce et non par un simple effort de perfectionnement ».

Aujourd’hui l’Eglise en Chine se renouvelle, elle doit apprendre à vivre au rythme des minorités chrétiennes dispersées dans la société moderne. Les jeunes chrétiens chinois ont maintenant accès à la Bible traduite en chinois. Même si elle est encore peu répandue dans les familles catholiques, elle est bien étudiée dans les séminaires et les noviciats. Désormais l’usage du chinois est autorisé dans la liturgie.

Les chrétiens de Chine vont maintenant pouvoir puiser aux sources de leur propre histoire chrétienne et mieux connaître leurs saints, leurs martyrs et leurs sages. Tandis que l’ensemble de la société chinoise bascule dans le matérialisme, dans la pratique d’une course effrénée à l’argent, la nouvelle génération chrétienne va devoir prendre ses distances et apprendre à témoigner les valeurs spirituelles de l’Evangile.

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