En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

L’exposition sur les primitifs Français

Publié le Mercredi 7 avril 2004

L’Annonciation est fêtée, depuis le VIe siècle, le 25 mars, c'est-à-dire 9 mois avant Noël. Ce thème a été abondamment illustré dans l’art religieux qui se base sur le texte de l’évangile selon Luc (1,26-38). .

Le superbe tableau de l’annonciation de Barthélemy Eyck est présenté au Louvre à l’occasion de l’exposition sur les primitifs Français. L’annonciation d’Aix est conservée à Aix en Provence dans l’église de la Madeleine, pour sa partie centrale, les volets du polyptyque sont séparés, ce qui est fort dommage. Depuis 1929 à Paris et 1932 à Londres ces panneaux n’aveint pas été présentés avec le panneau central de l’Annonciation.

Les volets en effet complètent la signification du retable. Le volet de droite représente le prophète Jérémie, il est conservé à Bruxelles et le panneau de gauche représente le prophète Isaïe ; ce dernier panneau est lui-même coupé en deux fragments qui sont maintenant rassemblés à Rotterdam.
Les volets de Jérémie et Isaïe ont été réalisés pour mettre en rapport les textes de l’Ancien Testament et ceux du Nouveau Testament. Les deux prophètes représentés, Isaïe et Jérémie ont annoncé à leur manière l’évènement capital de l’annonciation

« Ecoutez, maison de David. Aussi bien le Seigneur vous donnera-t-il lui-même un signe : voici que la jeune femme est enceinte et enfante un fils et elle lui donnera le nom d’Emmanuel » (Is. 7, 13….14). En fait Isaïe rappelle la naissance du fils du roi Achaz, Ezéchias, au moment de la guerre syro-éphaïmite. La mère de l’enfant est la jeune reine. Et pourtant Matthieu cite ce texte pour annoncer la naissance virginale de Jésus.
pourquoi ? le terme hébreu utilisé par Isaïe « alma » signifie jeune femme (vierge ou non). Plus tard le texte traduit en grec, la Septante, utilise le terme « parthenos » qui veut dire vierge, c’est cette traduction qu’utilise Matthieu. Ce n’est que dans la Septante que le texte a pris ce sens messianique. Le verset Is 7,14 pouvait être relu comme annonce messianique car il exprime la fidélité de Dieu à la promesse faite à David.

Le prophète Jérémie est également invoqué pour avoir prédit la même annonce messianique. « Jusques à quand vas-tu rester bêtement à l’écart, fille apostate ? Le Seigneur crée du nouveau sur la terre : la femme fait la cour à l’homme. » (Jr 31, 22). Ce verset est déconcertant, sa traduction même n’est pas facile. L’expression « fille apostate » désigne l’Israël du Nord comme le montre Jr 3, 6-13 où Israël est qualifié de rebelle tandis que Juda reçoit le qualificatif de « perfide ». La seconde partie du verset annonce une action de Dieu. Le Seigneur créée du nouveau : ce que Dieu va créer est indiqué par une formule encore plus énigmatique : « la femme fait la cour à l’homme » ; l’hébreu dit littéralement « la femme entoure un mâle ». il s’agit d’un proverbe ou un dicton qui utilise un vocabulaire à connotation sexuelle et qui vise un enfantement merveilleux. Elle « entourera, » c'est-à-dire, elle ne le concevra point d'un homme, mais seule, elle le concevra d'elle-même dans ses entrailles, et le revêtira de l'enveloppe du corps seul de sa mère. Les exilés vont revenir sur leur terre, et cela peut se comparer à un acte conjugal qui produit un enfantement inattendu. Seule l’action de Dieu rend possible une naissance extraordinaire. Le salut viendra par la femme qui donnera naissance à un peuple.

Les artistes ont bien souvent fait référence à l’Ancien testament dans la représentation de l’Annonciation : cela peut être simplement suggéré par la simple représentation d’un livre :
soit comme accessoire, à Chartres portail royal, aux pieds de la Vierge, ou Marie entrain de lire les prophéties.

Il s’agit toujours de signifier que le temps de l’accomplissement est venu.

Dans le panneau même de l’Annonciation de Barthélemy Eyck, la merveille de la conception virginale est suggérée par la présence d’un lys (superbement exécuté) entre les deux protagonistes, l’ange et Marie. Il est aussi le signe de la rencontre de deux mondes apparemment incompatibles le ciel et la terre. Le vase de fleurs est situé à l’intersection de la croisée du transept d’une église gothique. L’ange est dans le bras du transept et Marie est dans la nef. Dieu au-dessus de l’ange envoie les rayons de l’Esprit Saint vers Marie. La parfaite maîtrise de l’éclairage du tableau unifie l’ensemble de la scène.

Marie, par son fiat s’est associée de manière très étroite à ‘accomplissement du dessein d’amour de Dieu pour l’homme, la communication de la vie divine au monde dans le Fls bien-aimé.

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