En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Je jubile et je rends grâce

Publié le Mercredi 21 juillet 2010

Je jubile et je rends grâce

Je jubile et je rends grâce

 

Né le 05 Décembre 1942 à Malakoff (Hauts de Seine), ordonné le 06 décembre 1969 à St Joseph de Montrouge (même département), qu’y a-t-il de commun entre ces deux anniversaires concomitants, hormis le fait qu’il me concerne.

 

Je réponds en soulignant une formidable évolution dans la vie sociale comme dans la vie ecclésiale, s’influençant réciproquement, et qui m’a entraîné sur des rivages inconnus au départ. De formation scolaire (laïque) très classique et d’éducation morale et religieuse traditionnelles, les événements sociaux et culturels (guerre d’Algérie, mai 68, la fin des 30 glorieuses, la sécularisation, …) et religieux (Vatican II, les mutations du ministère presbytéral et son exercice sur le terrain, le développement de l’incroyance …) m’ont conduit à passer d’un monde où dominaient les représentations rurale, patriarcale, nationale et déiste à un univers tout différent : urbanisé, démocratisé, mondialisé et agnostique 

 

Ainsi, au départ, je voyais le prêtre comme un personnage sacré, intermédiaire entre l’homme et Dieu, doté de pouvoirs plus ou moins mystérieux, chargé par le Seigneur de convertir les hommes à la foi (catholique) et de conduire les chrétiens à la sainteté. Son mode de vie, sa soutane, les célébrations liturgiques avec force déploiement de latin, d’encens et d’ornements me paraissaient convenir parfaitement à cette mission. Elle était, à mes yeux, capitale lorsque je voyais mes camarades de l’école publique, faire leur communion solennelle à 95 % de leurs effectifs, et constater leur disparition pour moitié la semaine suivante et presque totalement un an plus tard après le « renouvellement ». C’était encore pire à la campagne où je passais chaque année mes vacances. De ce point de vue j’appartiens à une génération de prêtres qui a hérité d’églises plus ou moins vides ou en train de se vider et non qui aurait contribué à ce phénomène sous la double révolution du concile et de mai 68. Le fameux livre « France pays de mission ? » de Godin et Daniel, est paru quelques mois après ma naissance ! 

 

Mes études, mes expériences humaines et pastorales, celles d’enseignant en théologie à l’Institut Catholique de Paris pendant 38 ans, et surtout la grâce de Dieu m’ont conduit à voir dans la gestation de ce nouveau monde une grande chance pour l’Évangile. A condition cependant d’opérer de mon côté, comme du côté de l’Eglise, une série impressionnante de conversions : quitter le déisme ambiant pour redécouvrir la figure merveilleuse et aimante de Jésus-Christ ; abandonner la crainte d’un Dieu lointain et inquiétant, au profit de sa dimension communautaire fondée sur l’amour partagé ; abandonner le cléricalisme pour vivre la mission de l’Eglise en co-responsabilité avec tous les baptisés ; être comme prêtre davantage un frère qu’un père ( N’appelez personne « père » Mt 23/9) et surtout pas un notable ou un personnage sacré ; passer de la notion de hiérarchie à celle de communion, l’autorité pastorale ayant comme seule raison d’être le service des communautés chrétiennes et de leur mission auprès de tous les hommes ; sortir du ritualisme, du moralisme et du dogmatisme qui transforment la foi en idéologie et non en un véritable amour de Dieu et de nos frères en humanité (« Quand j’aurais la foi la plus totale, celle qui transporte les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien » 1 Co 13/2) ; cesser de confondre Tradition et fixisme pour entrer dans une histoire de nos relations avec Dieu qui se construit au fil du temps ; discerner avec d’autres chrétiens la présence de Dieu et son action non seulement dans les Écritures et la vie de l’Eglise, mais aussi dans la vie des hommes, aux plans personnel et collectif ; combattre les méfaits de l’individualisme mais en développer les dimensions personnalistes ; abattre les frontières du nationalisme, du corporatisme, du racisme, de l’intolérance sous toutes ses formes pour développer la solidarité tout azimut, dans le respect des particularités et des différences ; …. 

 

Pour toutes ces « conversions » toujours inachevées, pour celles oubliées et pour celles à venir, je « jubile » et rends grâce. 

 



Ô Père, fais se lever parmi les chrétiens de nombreuses et saintes vocations sacerdotales. 

Qu'elles maintiennent la foi vivante et rendent présent ton Fils Jésus, par la prédication de la Bonne Nouvelle et l'administration des sacrements.

Donne-nous de saints prêtres, qui soient de fervents ministres de l'eucharistie et de ta miséricorde.

Ô Père, fais que, comme Marie, l'Église accueille avec joie les nombreuses inspirations de ton Esprit et qu'elle prenne soin des vocations au ministère sacerdotal et à la vie consacrée que tu lui donnes.

Soutiens les évêques, les prêtres, les diacres, les consacrés et tous les baptisés dans le Christ ; qu'ils accomplissent fidèlement leur mission au service de l'Évangile.

Nous te le demandons par Jésus, le Christ notre Seigneur.

Amen.

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