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La Toussaint

Publié le Dimanche 31 octobre 2010

La Toussaint

Réflexions sur la fête de tous les saints

 

Qui sont les saints ? Dans les lettres pauliniennes, la réponse est à la fois claire et surprenante : Paul s’adresse par exemple « à l’Eglise qui est à Corinthe, à ceux qui ont été rendus saints en Christ Jésus, appelés à être saints… »(1 Corinthiens 1,2).

 

Les chrétiens de Corinthe ont déjà été rendus saints par le baptême qui les a plongés dans la vie et la mort du Christ pour qu’ils marchent avec lui vers la résurrection . Mais il y a plus, ils sont aussi « appelés à être saints », « appelés à devenir saints ». Ainsi s’établit la tension étonnante qui décrit la vie chrétienne : le chrétien est devenu saint par le baptême, mais il est encore appelé à le devenir tout au long de sa vie.

 

La sainteté, dans l’Ancien Testament, est l’attribut par excellence de Dieu : il est, selon ce que crient les séraphins dans le Temple, le « Dieu trois fois saint »(Isaïe 6,3). Il est l’absolument autre, incommensurable à l’homme, absolument pur, dans sa grandeur et sa gloire sans limite.

Mais la foi juive est que le Dieu saint s’est approché de son peuple pour faire alliance avec lui, et la foi chrétienne va jusqu’à dire qu’en Jésus, le Fils unique, Dieu est venu vivre, homme avec les hommes, et communiquer aux hommes son Esprit. La théologie contemporaine dit que Dieu se communique lui-même aux hommes ; il a voulu leur donner son Esprit et sa vie en se donnant totalement lui-même. La sainteté, c’est cette participation à la vie même de Dieu qui nous est offerte gratuitement, par ce don incompréhensible et invraisemblable, qui est l’amour de Dieu pour les hommes pécheurs.

 

Dès lors dans la foi, devenus frères de Jésus le Fils, nous avons bien reçu à notre mesure la sainteté de Dieu ; et pourtant il nous reste encore à l’accueillir, à nous laisser habiter, à nous laisser transformer. Alors qu’en nous se dressent sans cesse les barrières du refus de l’Autre et des autres, du repliement sur soi, de la volonté de puissance, du chacun pour soi et de la haine. Barrières que l’Esprit du Christ sape lentement, si nous acceptons de ne pas lui faire obstacle, et de nous faire accueillants à l’appel de Dieu.

 

Avant nous, tout un peuple de croyants est entré dans cette aventure inouïe, et s’est mis en marche, jusqu’à la rencontre définitive avec l’amour consumant de Dieu. Autour de nous, près ou loin, combien d’hommes et de femmes, acceptent de vivre la lente transformation qui fait de leur vie une annonce de la Bonne Nouvelle : le Dieu qui nous appelle est un Dieu qui se livre à nous pour que nous vivions de sa vie !

La fête de la Toussaint invite à rendre grâce, et à glorifier dans la joie Dieu pour la foule immense des saints de tous les temps, d’hier, d’aujourd’hui et de demain, de tous ceux qui, parce qu’ils reçoivent le don de la vie, seront du même coup appelés à être saints.

 

Elle nous immerge dans cette foule aux dimensions de l’humanité, foule des morts et des vivants, que Dieu a voulu saints et dont son amour persévérant a fait peu à peu des fils, sanctifiés par son Esprit. Elle ravive notre foi et notre espérance, et nous remet en route, accompagnés et nous soutenant les uns les autres sur les chemins de la sainteté.

 

Un chemin que Jésus décrit dans le discours sur le montagne, et qui est celui des Béatitudes.

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