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Exposition « D’or et de feu » La Slovaquie à la fin du Moyen Age

Publié le Dimanche 19 décembre 2010

Exposition « D’or et de feu » La Slovaquie à la fin du Moyen Age

 

Vierge d’Annonciation (Maria Annunziata) vers 1480-1490, Velký Biel, Sainte-Croix (en dépôt à la Slovenská Národná Galéria de Bratislava) © Galerie nationale slovaque

Le musée de Cluny, musée du Moyen Age, à Paris offre pour la première fois un panorama important de l'art médiéval slovaque dans une superbe exposition « D'or et de feu, l'art en Slovaquie à la fin du Moyen Age ». Nous pouvons ainsi découvrir la place peu connue de ce foyer artistique dans l'Europe du 15e siècle, période artistique charnière, la fin du Moyen Âge et représentant le rôle capital de la Slovaquie, frontière entre l’occident et l’orient européens.

 

 

En effet, située au cœur de l'Union Européenne, dont elle est membre depuis le 1er mai 2004, la Slovaquie recèle de superbes trésors d'art religieux dans le style gothique de la fin du Moyen Age. Au XVème siècle, la Slovaquie alors sous domination hongroise du roi Matthias Corvin est une province du royaume de Hongrie, intégrée au puissant empire des Habsbourg.  

Ainsi la Slovaquie appartenait à l'espace multiculturel de l'Europe Centrale. Beaucoup plus que la nationalité de la majorité de la population, ce sont les conditions économiques et la répartition de la population, qui sont l'un des bases déterminantes de ces intenses échanges artistiques.

La Slovaquie connaît alors une prospérité sans précédent, liée à l’essor des comptoirs marchands et au développement des mines de métaux précieux. Sous les pressions ottomanes à l’est du royaume de Hongrie, Presbourg, l’actuelle Bratislava, devient le lieu de repli du pouvoir, puis capitale et ville de couronnement des souverains. L’émulation artistique est forte, les commandes sont importantes : sculptures, peintures, enluminures et objets d’orfèvrerie parent les églises slovaques.

 

La plupart des objets présentés à l'exposition viennent d'édifices religieux slovaques où ils sont encore présents. Ces œuvres sont frappantes par leurs dimensions, leur opulence, la qualité de leurs décors, les nombreux retables frappent par leurs structures architecturales complexes et de grandes dimensions. Leurs décors sont extrêmement riches : les couleurs chatoyantes laissent éclater des ors et des rouges magnifiques… Ces retables sont soit des éléments sculptés soit des volets peints. Les intérieurs des églises , à la différence des manoirs et châteaux civils, ont été préservés durant des siècles sans doute grâce à la situation conventionnelle particulière de la Slovaquie Préservée des guerres de religions, réforme et contre-réforme, une grande partie de l’art slovaque de la fin du Moyen Âge a pu traverser les siècles, intacte. Peur-être aussi il n'y eut jusqu'à la fin de Moyen Age, aucun foyer d'inspiration artistique à la cour royale.

 

Le retable de la Nativité dit de Hlohovec de 2 mètres de haut, d'une qualité exceptionnelle, illustre la vision de sainte Brigitte de Suède, à qui apparut la Vierge adorant l'Enfant entouré de lumière.. On y voit aussi saint Joseph enlevant son bonnet avec humilité, des sages femmes sautant par dessus des haies ainsi que des bergers avec leurs troupeaux de brebis. Le caractère théâtral est souligné par quatre anges qui par leurs gestes conduisent le regard du spectateur vers le corps dénudé de Jésus. Ce panneau devait être la partie centrale du grand retable de l'église la plus importante de Bratislava, saint Martin-saint Sauveur.

 

Le visage d e la Vierge du groupe de l'Annonciation de Ve Ky Biel (illustration ci-dessus) , est pratiquement une copie de celui du relief de Hlohovec, mais avec un accent émotionnel différent.  Le visage s'inscrit dans un parfait ovale dont la délicate carnation, presque transparente, contraste avec les couleurs chaudes et profondes de la tunique.  Le drapé, du manteau comme celui du châle en travers de la poitrine, contribue à donner un dynamisme inhabituel pour une statue agenouillée.


L’excellent état de conservation de ces pièces exposées permet d’apprécier l’intensité des expressions et le traitement subtil des figures.

 

Les Objets d’orfèvrerie et manuscrits présentés donnent un aperçu de l’intensité et de l’étendue de l’activité artistique. Monstrances (pièces d'orfèvrerie pour l'exposition du Saint Sacrement ou de reliques), calices, chartes enluminées : autant d’objets qui frappent par leurs dimensions, leur exubérance et la qualité de leur décor, et qui sont le témoignage de la richesse économique et culturelle du pays.

Ainsi l'extraordinaire de cette exposition est marqué par ces retables monumentaux, bien plus grands que ceux que' l'on trouve en France ou en Italie, par des tableaux qui conjuguent la perfection de la fin de l'art du Moyen Age et son expressionnisme aux prémisses d'une Renaissance qui affleure avec un temps de retard dans cette région. Le crucifix de Maitre Paul de Levoca, immense statue en bois de tilleul frappe par sa simplicité expressive alliant une harmonie byzantine à une efficacité des formes. L’art Slovaque surprend par son esthétique raffinée d’Europe centrale, tout un pan de l’histoire de l’art peu exposé en France.


 

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