En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

synodes 3 : les protestants

Publié le Lundi 10 janvier 2011

synodes 3 : les protestants

Le Titien (1490-1576 ), portrait de Calvin   


 VERS « UNE EGLISE PROTESTANTE UNIE »

 

L’œcuménisme est le chemin de rencontre des traditions du catholicisme avec celle de l’orthodoxie et celles du protestantisme. Des mots mis au pluriel (traditions) pour dire que les traditions sont porteuses de richesses mais aussi de rivalités. A l’intérieur du catholicisme on parlera de tendances, jusqu’à la tension, de schisme s’il y a séparation comme cela s’est produit avec Mgr Lefebvre. Le protestantisme a-t-il connu, connaît-il encore de tels schismes. A l’occasion du 500° anniversaire de Calvin, comment oublier Servet et sa condamnation ? Les églises protestantes ont connu de tels courants et conflits théologiques qui ont suscité l’émergence de nouvelles églises, anglicanes, baptistes, pentecotistes, évangéliques… On pourra donc parler de recherche œcuménique à l’intérieur même de la tradition protestante, hier et aujourd’hui encore.

C’est dans cette perspective qu’il faut situer la démarche élaborée depuis plusieurs années en France pour réaliser une union de l’Eglise Réformée de France (ERF) et de l’Eglise Evangélique Luthérienne de France (EELF).

L’Eglise Evangélique Luthérienne de France est née en 1872 quand deux inspections (régions) se sont trouvées séparées de l’Alsace où le protestantisme est majoritairement luthérien et dont elles dépendent. Elle compte toujours deux inspections celle de Paris jusqu’à Lyon et Nice et celle de Montbéliard où la Réforme a commencé d’être établie en 1526, qui s’étend sur le Nord et l’Est. Aujourd’hui elle est membre de la Fédération Luthérienne Mondiale ( 140 églises et 66 millions de membres.) Elle se définit comme une « communion d’Eglises ».

L’Eglise Réformée de France est née en 1938, de la réunion de différents courants qui s’étaient constitués en plusieurs union à l’occasion de la séparation des Eglises et de l’Etat en 1905. Les Eglises réformées de tendance libérale et unitaire, et la majorité des Eglises réformées évangéliques. Cette réunion s’est faite autour d’une déclaration de foi à laquelle les ministres doivent adhérer. Elle est membre de l’Alliance Réformée Mondiale (ARM). 114 églises, 75 millions de membres.

La recherche d’une insistance de dialogue remonte à 1960 avec la création d’un conseil permanent luthéro réformé en 1972. Dès les années 1950, des entretiens théologiques aboutissent à un processus de recherche théologique qui conduira à la rédaction en mars 1973 d’un document décisif : la Concorde de Lauenberg. Elle établit que les Eglises se déclarent en pleine communion quant à la prédication de la parole et la célébration des sacrements, avec reconnaissance mutuelle des ministères.

C’est une étape nouvelle qui est demandée aujourd’hui avec « une Eglise protestante unie ». les deux Eglises se réunissent d’abord dans des synodes séparés à Sochaux (17-20/05/07). Ils manifestent leur accord pour la création d’une Eglise protestante unie en vue d’un meilleur témoignage de l’Evangile. Nouvelle étape aujourd’hui avec les deux synodes conjoints de Bourg-La-Reine ( 21-24/05/09). Le rôle de Sœur Evangéline, prieure de la Communauté des Diaconnesses de Reuilly se montra utile. A une quasi unanimité les déléguées ont adopté les décisions qui permettront d’aboutir à la création d’une Eglise unie au plus tard en 2013 et à une seule communion des ministères. « La recomposition du paysage protestant français est donc bel et bien en marche ». (Bernadette Sauvaget, Réforme, 28/05/09, p7).

Si les catholiques peuvent se réjouir avec leurs frères protestants de ce travail d’union, comment ne pas remarquer qu’il se produit en partie sous la pression de l’élaboration d’une autre réunion, la création d’un Conseil National des Evangéliques de France (CNEF). Cette élaboration ne peut pas ne pas apparaitre comme en concurrence avec la Fédération Protestante de France (FPF). Une redistribution des cartes dans le paysage protestant français. Que signifie en effet ce que représente cette union de la Fédération Evangélique de France (FEF) et de l’Alliance Evangélique Français (AEF) ?

La Fédération Evangélique de France est la branche évangélique de stricte obédience, l’Alliance Evangélique Français étant la branche pentecôtiste et charismatique. Il faudrait ajouter encore la Mission Evangélique des Tsiganes de France (METF) avec 100 000 fidèles revendiqués dont un tiers vivant en France, un quart du mouvement hexagonal évangélique. Mis à part les Adventistes rejetés par une partie des évangéliques, les Eglises évangéliques de la Fédération Protestante de France prennent part à la naissance du CNEF. On comprend que l’institutionnalisation du CNEF apparaisse alors problématique. Mais la Fédération Protestante de France parait encore suspecte (recherche théologique) et sur le terrain éthique, bien qu’un évangélique, le bibliste Claude Baty, soit à sa tête. Au CNEF de trouver une sorte de code de bonne conduite, une clause de non concurrence. Comment ces deux jumeaux de l’union au cœur du protestantisme vont-ils naitre ? Voici de quoi renouveler la recherche œcuménique pour toutes les églises chrétiennes.

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