En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

synodes 3 : les chrétiens du Moyen Orient

Publié le Mardi 1er février 2011

synodes 3 : les chrétiens du Moyen Orient

Saint Sépuchre à Jerusalem

Synode Moyen Orient

 

En octobre dernier s'est tenu le synode des évêques pour le Moyen Orient à Rome. Peu de temps après eut lieu cet horrible attentat dans la cathédrale de Bagdad, qui a bouleversé le monde.

De fait dans de nombreux pays du Moyen-Orient, les chrétiens martyrs se multiplient et « endurent toutes les épreuves sans répudier leur foi », avaient affirmé certains évêques au synode. Parmi les recommandations finales du synode les évêques ont demandé "l'attention du monde entier sur la situation dramatique de certaines communautés chrétiennes au Moyen-Orient, qui souffrent de toutes sortes de difficultés, allant parfois jusqu'au martyre". Ils ont souhaité qu'une fête commune annuelle des martyrs pour les Églises d'Orient" soir instituée.

 

Christianisme au Moyen Orient

Si le christianisme est né au Moyen Orient, c'est aujourd'hui une religion minoritaire en terre d'Islam (14 millions de chrétiens au Proche-Orient). La diversité des églises orientales trouve son origine dans des polémiques théologiques (concile d'Ephèse, 431 ; concile de Calcédoine, 451 ) mais aussi dans des conflits politiques qui ont opposé les grandes villes de la chrétienté au Vème siècle (Rome, Alexandrie, Antioche et Constantinople)

Les églises chrétiennes du Moyen Orient comprennent des églises orthodoxes (coptes, grecques, syrienne, assyriennes et du mont Sinaï) et des églises catholiques. Un petit rappel :

 

Les chrétiens rattachés à l'Eglise romaine et au Pape sont minoritaires en Orient par rapport aux Eglises orthodoxes, sauf au Liban (les maronites représentent 70 % des chrétiens) et en Irak (80 % des chrétiens).

Les maronites sont essentiellement au Liban (depuis le 5e siècle) avec une diaspora très importante de près de la moitié des fidèles.

L'Eglise grecque-catholique melkite née en 1724 de la scission de l'Eglise melkite qui regroupait les chrétiens de rite byzantin des patriarcats d'Antioche, d'Alexandrie et de Jérusalem fidèles à Chalcédoine, lorsqu'un catholique fut élu patriarche d'Antioche par les chrétiens de Damas. Ils sont majoritaires parmi les catholiques en Syrie et en Israël.

L'Eglise chaldéenne catholique répartie surtout en Irak où elle majoritaire parmi les chrétiens (87 % des 80 % de catholiques). Dès le 13e siècle, sous l'impulsion de missionnaires dominicains et franciscains, de nombreux évêques nestoriens se convertissent au catholicisme. Au fil du temps, l'Eglise chaldéenne (ainsi nommée depuis 1830) attire une majorité de nestoriens. Les chaldéens ont eu à souffrir de nombreuses persécutions qui firent des dizaines de milliers de victimes à la fin de la Première Guerre Mondiale.

L'Eglise copte catholique regroupe la grande majorité des catholiques d'Egypte (77 % des 2,5 % de catholiques du pays). La naissance d'une Eglise copte catholique ne s'est concrétisée qu'après les missions de capucins et franciscains en Egypte au 17e  siècle. En 1895, le vicariat apostolique devient patriarcat.

L'Eglise arménienne catholique devenue catholique pendant les Croisades et ralliée à Rome depuis 1635 est constituée en patriarcat. Le génocide arménien de 1915 perpétré par les Turcs toucha également les catholiques.

L'Eglise syrienne catholique établie en patriarcat depuis 1783 et reconnue par le Pape Pie VI ne représente que 12 % des catholiques de Syrie. Elle a aussi souffert des massacres perpétré en Turquie contre les chrétiens à la fin de la Première Guerre Mondiale.

L'Eglise catholique de rite latin possède un patriarcat latin qui englobe sous sa juridiction la Terre Sainte, le Liban, Chypre et la Jordanie (où ils constituent la majorité des catholiques). Le processus d'arabisation du patriarcat a été couronné en 1987 par l'élection d'un patriarche palestinien.

Ces Églises, souvent méconnues en Occident, présentent des défis communs : fortes diasporas, réticence de l’Église latine à l’établissement de hiérarchies orientales en Occident et en terres de mission, alors que les Églises orthodoxes font de la synodalité un mode habituel de gouvernement, sans oublier l'existence de prêtres mariés.

Les pays concernés par le synode étaient la Turquie, le Liban, Israël, l'Egypte, la Jordanie, la Syrie, l'Irak (600 000 chrétiens (soit moins de 3 % de la population) dont 400 000 catholiques chaldéens et syriens), l'Iran, et Chypre.


 

Propositions du synode

Le synode a retenu 44 propositions en guise de conclusion s'organisant en trois parties : la présence chrétienne au Moyen Orient , la communion ecclésiale et le témoignage chrétien, té moins de la résurrection et de l'amour.

Ces évêques vivent dans une région marquée par les divisions et les positions extrêmes, et donc ressentent le grand besoin de vivre en « Eglise de communion, tout en restant ouverts à tous sans tomber dans le confessionnalisme »

Au sujet de l'émigration, ils proposent de "créer un bureau ou une commission chargée de l'étude du phénomène migratoire et de ses motivations pour trouver les moyens de le contrecarrer. Elles feront tout ce qui est possible pour consolider la présence des chrétiens dans leurs patries".

Les évêques restent soucieux des vocations et proposent d'intensifier l'usage de la langue arabe dans le cadre des institutions du Saint Siège et de ses réunions officielles. Ils ont aussi demandé qu'on étudie la possibilité d'avoir des prêtres mariés en dehors du territoire patriarcal « afin d'assurer un service pastoral en faveur de leurs fidèles partout où ils vont, et de respecter les traditions orientales". Au niveau de la formation, ils insistent sur la nécessité d'une "formation permanente et sur la collaboration entre différentes Églises au niveau des laïcs, des séminaires et des universités". 
 
Quant au dialogue ingterreligieux les chrétiens du Moyen-Orient sont encouragés "au renforcement du dialogue ingterreligieux , à la purification de la mémoire, au pardon mutuel du passé et à la recherche d'un meilleur avenir commun".

Concernant le judaïsme, "les initiatives de dialogue et de coopération avec les juifs sont à encourager", et notamment "la lecture de l'Ancien Testament, et l'approfondissement des traditions du judaïsme". Est aussi affirmé le "refus de l'antisémitisme et de l'antijudaïsme, en distinguant entre religion et politique".

Quant aux rapports avec les musulmans, les Pères synodaux soulignent enfin l'importance de "promouvoir la notion de citoyenneté, la dignité de la personne humaine, l'égalité des droits et des devoirs et la liberté religieuse comprenant la liberté du culte et la liberté de conscience". Il est rappelé que "les chrétiens du Moyen-Orient sont appelés à poursuivre le dialogue de vie fructueux avec les musulmans...mettant de côté tout préjugé négatif...s'opposant ensemble à tout genre de fondamentalisme et de violence au nom de la religion". 

 

Benoit XVI a rappelé que dans les pays du Moyen Orient, « hélas marqués par de profondes divisions et déchirés par de vieux conflits, l'Église est appelée à être ‘signe’ et ‘instrument’ d’unité et de réconciliation, sur le modèle de la première communauté de Jérusalem où la multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme ».

 

Le contexte de vie dans ces pays ne « doit pas décourager » car c’est précisément là que le message du Christ est le plus nécessaire : « Convertissez-vous et croyez en l'Évangile ». 

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