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Anniversaire de la naissance de Franz Liszt (1811-1886)

Publié le Lundi 18 avril 2011

Anniversaire de la naissance de Franz Liszt (1811-1886)

Anniversaire de la naissance de Franz Liszt

(1811-1886)

 

Tout le monde connaît son « Rêve d’amour » d’un romantisme nostalgique à la fois désespéré et fougueux, il exprime plusieurs des facettes de cette personnalité riche et complexe faite de réserve et de passion ; peut-être aussi sa « Campanella » inspirée de Paganini et au mieux ses « Préludes ».

Trois composantes se partagent l’âme de Frantz, un mysticisme tôt révélé à la suite de sa première déception amoureuse (il voulut alors entrer dans les ordres, ses parents s’y opposèrent), l’importance de l’amour et la constante de l’art dans sa vie. Il répondra à ces trois appels.

 

Né le 22 octobre 1811 à Doborjan, terre hongroise qui reviendra à Autriche, il mourra le 31 juillet 1886 à Bayreuth. J’ai eu l’occasion de visiter la modeste maison qui abrita ses derniers jours.

Grand séducteur, plusieurs liaisons marqueront sa vie : Marie d’Agoult, la principale, puisqu’il en eut 3 enfants, Blandine, Cosima (qui épousa en seconde noces Richard Wagner), et Daniel. Elle dura de 1839 à 1844. Puis la princesse russe Carolyne Sayn-Wittgenstein, épouse d’un prince russe, à laquelle il restera lié par une solide amitié. Mais beaucoup d’autres femmes traverseront sa vie assez tumultueuse.

A l’appel du mysticisme il répondit quand, quittant la princesse Carolyne qu’il ne pouvait épouser, il partit pour Rome se consacrer à la théologie en 1861. Il y reçut les ordres mineurs franciscains et mena une existence plus sobre, une vie sentimentale plus calme, mais il continua toujours à fasciner les femmes, ses élèves entre autres, car il fut un grand pédagogue. De cette époque datent les deux « Légendes » de St François d’Assise et de St François de Paule, un oratorio « Christus », la Légende de Ste Elizabeth.

 

Mais je m’attarderai sur ce que je considère comme un des aspects les plus originaux de ce compositeur. Ce qui marque toute sa vie est sa passion pour le piano et son amour de l’art et de la beauté. Il a lancé des défis à la technique et aux formes musicales (créant par exemple les « poèmes-symphoniques », il en composa 13, forme qui sera reprise par Richard Strauss). Il a mené un combat passionnant, une lutte pour tout dire et tout exprimer avec son piano, pour dépasser les limites de l’instrument, pour le faire rivaliser avec la richesse de l’orchestre, portant la virtuosité à des sommets presque inaccessibles. Ce travail acharné de toute sa vie va faire de lui le père de la technique pianistique moderne, il y découvre une nouvelle écriture donnant l’impression d’un jeu à trois ou quatre mains. D’une grande fécondité, puisqu’il composa près de 700 œuvres, en grande partie pour le piano, plus de la moitié est consacrée à des « transcriptions », un genre mineur, dont il va faire le « laboratoire » de ses recherches harmoniques. Stimulé par la résistance de son instrument, il va « orchestrer » l’écriture pianistique, réduisant toute la musique existante au piano. Il est le seul compositeur de toute l’histoire de la musique à avoir consacré la moitié de son énergie à transcrire la musique des autres compositeurs, parfois aussi la sienne. Son génie a transcendé les thèmes qu’il a paraphrasés, montrant ainsi la virtuosité de l’arrangeur et de l’interprète qu’il était dans ses concerts. Ses paraphrases deviennent des variations avec une grande liberté d’inspiration.

 

Il connaîtra de nombreuses tournées de concerts à travers l’Europe, mais particulièrement, de 1838 à1847, il va faire « circuler » la musique de Schubert (dont beaucoup de ses lieder), de Beethoven, de Bach, Mozart, Donizetti, Berlioz, Verdi (il transcrira un grand nombre de ses opéras), Wagner (dont il favorisa le succès et la reconnaissance). Il fut un « missionnaire » de la musique. Bien des thèmes musicaux des compositeurs contemporains parvenaient à un large public.

 

Mais aussi grâce à ses recherches harmoniques naît l’impressionnisme au piano. Ses « Jeux d’eau à la villa d’Este », ancêtre de tous les jeux d’eau de Debussy à Ravel et la pure beauté harmonique de « Nuages gris » en témoignent. Avant Baudelaire, Liszt pressent dans un ouvrage sur Lohengrin de Wagner l’existence de correspondances entre couleurs et musique.

 

Pianiste profondément européen,( il était bien partout), compositeur fécond, pédagogue apprécié, chef d’orchestre, écrivain prolixe, Liszt nous a légué un immense héritage Cette année-anniversaire permet à un public nombreux de le re-découvrir ou de l’approfondir.

 

 

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