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Un nouveau Pape

Publié le Jeudi 12 mai 2005

L’élection d’un nouveau Pape suscite de très nombreux commentaires, et de toutes les sortes ! Il y a là pour les croyants que nous sommes un phénomène impressionnant : tant de groupes, tant de nations, tant de personnalités se sont exprimés… Tout cela se dit sur des modes divers : les satisfactions (« nous nous réjouissons que… ») et les dépits (« ce n’est qu’un conservateur » ou…), les constats (« voici les dossiers qui l’attendent… ») et les vœux (« pourvu qu’il s’occupe de… » ou, plus inquiet : « saura-t-il être sensible à… »), les prédictions (désabusées : « de toute façon, il ne fera jamais cela… », etc.).

Après les obsèques de Jean-Paul II qui ont rassemblé les représentants de tous les horizons, tous régimes politiques confondus, toutes religions réunies, il semblerait que l’humanité entière exprime ses souffrances et ses espérances à l’occasion de l’élection d’un nouveau Pape. Comment entendre cela ? Est-ce le Pape qui répondra ? Est-ce à lui de répondre à ces appels de l’humanité ?
Comment entendre cela ? Il nous faut sans doute d’abord prendre conscience de cette immense clameur. A l’évidence, ce sont les aspirations des hommes qui s’expriment là ; toutes les dimensions de l’existence humaine se retrouvent : la guerre et les réfugiés, les épidémies et la faim, l’oppression des femmes et les enfants au travail, la division des chrétiens, etc., quelle réalité humaine est absente de cette clameur ? Et tout cela est adressé au nouveau Pape ! Dans leurs souffrances et leurs aspirations, les hommes se tournent massivement vers lui. Le pape serait-il l’homme des solutions miracles ? A l’Eglise tout entière d’entendre qu’en cette occasion, au-delà de la figure du Pape, c’est bien vers elle que l’humanité se tourne et, à travers elle, vers le Christ Sauveur.
Benoît XVI n’a cesse de rappeler qu’un homme seul, fût-il le Pape, ne peut suffire à la tâche. Il nous introduit dans le mystère de la communion ecclésiale. La première dimension de cette communion est celle qui, à l’image du Christ, nous fait communier aux réalités des hommes de notre temps pour y être les témoins de l’amour et de la vérité. Aux noces de Cana où il change l’eau en vin, aux portes des villes de Galilée où il guérit les malades, mais aussi dans les synagogues ou au Temple où il dénonce la duplicité du cœur de ceux qui brouillent la simplicité de la Parole de Dieu et refusent de l’accueillir, le Christ a vécu au milieu des hommes en témoin de la miséricorde du Père, faisant œuvre de vérité au vu de tous. Ainsi, le Christ a communié à toutes les réalités de notre humanité ; il a accueilli toutes nos blessures, celles du corps, celles de l’intelligence comme celles du cœur ; il les a même partagées : la calomnie, le dénuement, les supplices, la mort. En tout cela, il nous a ouvert la voie du Salut.

A chacun de nous, baptisés, de vivre à notre tour ce mystère de communion selon la vocation particulière qui est la nôtre : il s’agit, là où nous sommes et dans les responsabilités qui sont les nôtres aujourd’hui, de ne pas nous dérober à cette clameur des hommes. Ensemble, en communion avec le Christ, nous pouvons y répondre en témoin de miséricorde et de vérité. Chacun est appelé à agir selon la mission reçue : le Pape, selon sa mission, les évêques et les prêtres selon leurs missions, et chaque baptisé selon sa mission. Et chacun doit pouvoir compter sur les autres. C’est une œuvre de conversion qui s’ouvre devant nous : conversion pour entendre la clameur de nos frères les hommes, conversion pour reconnaître la mission de chacun dans l’Eglise.

Alors, dans cette vaste rumeur qui nous agite au début de ce nouveau pontificat, il est bon d’identifier comment nos propres réactions, qui se mêlent à cette grande clameur, traduisent nos propres souffrances et nos propres aspirations. Nous sommes appelés aussi à discerner où nos « missions » actuelles – celles que représentent notre vie familiale, notre vie professionnelle, nos engagements politiques et associatifs, nos engagements dans l’Eglise, etc. – nous conduisent à être témoins de miséricorde et de vérité, à la suite du Christ et en communion avec nos frères dans la foi.

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