En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Retour d’une mission humanitaire au Burundi

Publié le Samedi 17 septembre 2005

Environ 80 % de la population du Burundi est chrétienne et pratiquante ce qui explique ces foules bigarrées le long des route le dimanche en fin de matinée : on revient de la messe, on a mis ses beaux habits, on est heureux d’être ensemble et de faire la fête. La messe elle-même est gaie, scandée de chants rythmés de battements de tambours et de mains, et même de danses. On applaudit l’Evangile et le prêtre dans son homélie prodigue de bons conseils pour la vie quotidienne.

La vie de foi fait partie intégrante des activités quotidiennes. Sue le chantier nous avons reconnu des chants dominicaux parmi les refrains fredonnés par les ouvriers.

Celle qui nous a le plus montré cette mise en pratique de sa foi c’est Maggy (Marguerite Barankitse). Elle a consacré sa vie sortir de l’horreur les enfants victimes des massacres et dont les parents ont été tués. Elle est persuadée que la lutte politique, la lutte armée, l’appel à la raison sont vains. Contre la haine, la seule arme est l’éducation à la paix et au dialogue de ceux qui feront la nation de demain, les enfants burundais victimes des conflits. Avec eux, elle veut prouver qu’il est possible de vivre dans un monde pacifié qui refuse la division ethnique. Les enfants d’aujourd’hui, protagonistes de demain, prêcheront d’exemple et convaincront que le pardon est la seule issue.

C’est sa foi qui motive son action, elle le dit ouvertement à tous, aux ouvriers sur le chantier notamment le jour de l’inauguration, à ses nombreux visiteurs, aux « ONUSIENS » de Ruyigi, de la même manière que dans les grandes réunions internationales ou ses conférences. Il n’y a pas des Hutus ou des Tutsi, il n’y a que des enfants de Dieu. Elle se fait l’avocate du pardon des uns envers les autres. C’est normal : « C’est notre charisme de chrétien opposé aux païens ».

Elle a fondé la « Maison Shalom », lieu d’accueil pour les réfugiés de passage, les malades, les blessés, les affamés du Burundi, du Rwanda et de la Tanzanie. Près de dix mille enfants y sont aidés, soignés, choyés. Elle a aussi fondé d’autres maisons dans les autres lieux comme l’Oasis de la Paix, à Gizuru, dernière ville avant la Tanzanie, à proximité des camps de réfugiés, de l’autre côté de la frontière.
Elle fait de ces maisons des « pépinières d’espoir » consacrées à l’apprentissage du deuil, du dialogue, du pardon, de la réconciliation, de l’autonomie, où l’entraide prévaut, tous âges, générations et classes sociales confondus.

Notre rencontre avec l’évêque de Ruyigi a été fructueuse en enseignements. Il nous a raconté comment les missionnaires belges ont introduit la religion chrétienne chassant les musulmans qui en fait ne faisaient que traverser le Burundi à des fins commerciales. Il nous a raconté un témoignage de réconciliation dans un village : des familles qui s’étaient entretuées au moment des « évènements » ont décidé de vivre en voisins, accueil et partage, dans les joies comme dans les peines, comme cela existait auparavant. C’est ce que s’apprêtent à vivre les réfugiés qui rentrent actuellement au Burundi en très grand nombre, comme nous l’ont indiqué les accueillants du HCR (Haut Commissariat aux réfugiés). Ce thème de la réconciliation sera celui d’un synode organisé pour l’année 2005-2006 à partir des communautés de base de chaque paroisse.

Naturellement tout n’est pas toujours facile. Par exemple le monastère des sœurs thérésiennes que nous avons rencontré à Shanga venait d’être victime de vols et d’agression. La corruption guette. La sécurité n’est pas toujours assurée. Le Père Eugène nous a raconté comment il avait été agressé sur la route. Il est aumônier de prisons surpeuplées, mais là encore les prisonniers continuent à être ouverts à la vie religieuse, et les différents groupes d’aumônerie scolaires font des collectes pour les prisonniers.

Sans oublier que les problèmes sont loin d’être réglés, que les révoltes continuent à surgir, la volonté de ceux que nous avons rencontré de vouloir consolider la paix, leur simplicité, leur ouverture, leur disponibilité ont fait notre admiration.

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