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Face à faces, exposition au Musée National de Port Royal des Champs

Publié le Samedi 17 septembre 2005

Le département des peintures du musée du Louvre a déposé au musée national de Port Royal, un tableau de l’atelier de Philippe de Champaigne : « sainte face couronnée d’épines » daté d’avant 1630. A cette occasion Le musée présente une très intéressante exposition sur la représentation des visages du Christ au 17e s.

Aucun texte ne permet de deviner les traits physiques du Christ. Les représentations se sont élaborées à partir de plusieurs légendes inventées au Moyen Age, celle d’Abgar, roi d’Edesse et celle de Véronique. Il est aussi question ici des linceuls du Christ de Turin et de Besançon.

Les artistes du 17e ont développé ces représentations sous l’influence d’un regain d’intérêt pour les reliques de la Passion, d’une exploitation de la légende du portrait du Christ comme apologie des images, comme justification des miracles et comme objet de dévotion envers la divinité incarnée et son expérience voulue de la souffrance.

Ainsi l’iconographie du visage du Christ offre des approches variées. La représentation en icône, portrait couronné d’épines sur fond neutre, qu’on appelle communément la « Sainte Face ». On trouve également des représentations du visage imprimé sur le voile de Véronique quand, selon la légende, lors de la montée au Calvaire, la sainte a essuyé la sueur et le sang qui coulaient sur le visage ; cette représentation s’appelle « la Véronique ».

Le modèle le plus traditionnel est celui de Véronique présentant au spectateur le voile qu’elle tient délicatement. Le Concile de Trente a combattu ces représentations et a retiré la sainte Véronique du calendrier des saints. Par la suite la Réforme Catholique a accepté ces images et aussi les objets de culte avec cette représentation, car elles permettaient de développer la dévotion aux souffrances du Christ, tout en contestant le fondement historique de ces images.

Il s’agit de représentations « achéiropoietes » (non peintes de la main de l’homme) et deux sortes d’icônes sont connues : le mandylion, l’image du Christ sur le linge : il fut réalisé durant la vie publique de Jésus et par lui-même, quand il aurait apposé un linge sur son visage en y laissant son empreinte, et qui aurait été donné à Abgar qui avait demandé au Christ de venir soigner son fils en Syrie. L’image est donc une représentation d’un Christ au cours de sa vie publique, non souffrante.L’autre légende raconte l’histoire de sainte Véronique, le visage du Christ est donc marqué par la souffrance.

Mais aucun de ces deux cas n’est pas relaté dans les Evangiles et furent sans doute élaborés tout au long d’une succession de textes dès la fin de l’Antiquité jusqu’au Moyen Age.

Par contre les Evangiles évoquent les linges funéraires ayant enveloppé le corps du Christ au Sépulcre. Saint Jean parle de bandelettes et de voile de tête. Mais aucun évangéliste n’atteste que ces étoffes ont bien été conservées par les premiers témoins de la Résurrection. Dès le 6e siècle les pèlerins prétendaient pouvoir vénérer les linges funéraires dans quelques cités du monde chrétien. D’où le développement au Moyen Age a développé une intense dévotion pour différents suaires.

Le terme « suaire » en français est ambigu : en grec « soudarion » et en latin « sudarium » le terme désigne une serviette utilisée pour essuyer la sueur du visage et par extension une étoffe intégrée aux apprêts funèbres et déposée sur le visage du défunt. Plusieurs de ces reliques qui furent connues sous le nom de « Saint Suaire » à Compiègne, à Cadouin ou à Carcassonne par exemple, étaient des linceuls recouvrant tout le cadavre. Les reliques les plus prestigieuses étaient celles où la silhouette du Christ aurait imprégné miraculeusement l’étoffe.
Deux présentaient une telle particularité, celui conservé à Turin et celui de Besançon.

Le saint suaire de Turin est mentionné pour la première fois en 1389. la renommé de la relique fut immense dans toute l’Europe durant tout le 17e et de des reproductions en furent établies. Le suaire de Besançon est mentionné pour la première fois en 1523 et fut détruit par les révolutionnaires en 1794.

L’image du corps ou du visage du Christ était un objet de méditation. Ce qui importait « n’est pas la ressemblance d’une image, mais la conversion du spectateur à la présence invisible de Jésus dans la foi intérieure, soit l’impression d’une image « incirconsriptible » (impossible à circonscrire) dans le cœur où elle serait scellée d’un infrangible sceau » (Pierre Nicole,1625-1695, l’un des principaux écrivains de Port-Royal, théologien, controversiste, moraliste).



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