En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Le rituel du mariage catholique en France.

Publié le Mercredi 19 octobre 2005

Selon les derniers chiffres disponibles , l’Eglise Catholique a célébré 110 409 mariages tandis que l’INSEE comptait cette année-là 288 000 mariages civils, dont 25 % de remariages, ce qui représente une proportion d’environ 50 % des premiers mariages civils célébrés à l’Eglise.

La pratique de ce sacrement reste donc significative, mais bien souvent elle relève plus de la tradition que de la foi et d’une ignorance profonde de sa signification spirituelle. Il fallait donc rénover le dernier texte en latin de 1969 et en français de 1970, publié au lendemain du concile Vatican II. Un deuxième rituel latin avait été publié en 1990 et il a fallu 12 années de discussions notamment avec la Vatican pour aboutir à la version française qui est disponible depuis la mi-septembre.

Le livret du Centre national de pastorale liturgique (CNPL) (108 pages) servira désormais à la célébration des mariages dans toutes les églises catholiques de France. Aucun changement radical n’est prévu, quelques évolutions significatives pour que les mariés vivent encore plus pleinement leur sacrement.

On peut dénombrer sept nouveautés principales qui proviennent soit du rituel latin soit d’adaptations propres du rituel francophone. Soulignons en quelques unes.

La plus significative concerne la bénédiction nuptiale elle-même. Cinq propositions sont faites, toutes comportent une invocation de l’Esprit Saint, prenant ainsi en compte la réévaluation de la place du Saint Esprit dans l’Eglise depuis Vatican II. La gestuelle est mise en valeur : le ministre qui prononcera la bénédiction nuptiale tiendra désormais les mains étendues au dessus des nouveaux époux à la manière de l’évêque au moment d’une confirmation et d’une ordination ou du prêtre pour la consécration eucharistique. Dans Gaudium et spes (Vatican II) rappelait que les époux chrétiens « sont fortifiés et comme consacrés par un sacrement spécial ». Cette bénédiction pourra être placée immédiatement après l’échange des alliances, plutôt qu’après le Notre Père en fin de liturgie eucharistique. Mgr Le Gall, évêque de Mende, président de la Commission épiscopale pour la liturgie et la pastorale sacramentelle, souligne qu’on a « ainsi rassemblé le cœur du sacrement qui fait le mariage » et « que le rôle des époux est rééquilibré ». Le Père Faure, jésuite, coordinateur du groupe de travail sur le rituel du mariage, estime que « si les époux sont bien ministres de l’échange des consentements, la totalité du sacrement du mariage est faite de cet échange et de la bénédiction ».

Pour ce qui est de l’échange des consentements, le dialogue est plus développé qu’aujourd’hui. Il n’emploie plus le mot « fidélité » mais il en développe le thème, précisant que « les époux se promettent amour et respect pour toute leur vie », « dans le bonheur et dans les épreuves », deux formules ajoutent « dans la santé et dans la maladie ». Et prenant en compte l’exhortation apostolique de Jean Paul II, Familiaris Consortio (n°17) il est dit que « les époux s’engagent à éduquer leurs enfants selon l’Evangile du Christ et la foi de l’Eglise », et ils peuvent ajouter qu’ils s’engagent « à assumer ensemble leur mission de chrétiens dans le monde et dans l’Eglise ».

La possibilité est offerte de dire la profession de foi pour manifester que le mariage est bien célébré dans la foi de l’Eglise. Rien n’est précisé concernant les mariages mixtes, le Père Faure explique que cela est fait dans une volonté d’apporter de la souplesse, « on laisse au célébrant la possibilité de remplacer la bénédiction nuptiale par une oraison, car nous avons le souci que soit célébré un mariage comme l’Eglise le veut, mais tout en respectant l’autre ». Il rappelle que de toutes façons un non baptisé ne peut recevoir le sacrement. Et Mgr Le Gall précise qu « même s’il n’y a pas sacrement, il peut y avoir un lien de mariage ».

Le rituel latin comporte un chapitre qui décrit la célébration du mariage sans prêtre ni diacre, mais en présence d’un « assistant laïc ». Les évêques français ont choisi de ne pas mettre ce chapitre dans le rituel français. Pour déléguer un laïc pour la célébration du mariage, l’évêque doit obtenir l’autorisation de plusieurs instances supérieures (Conférence épiscopale, Congrégation du Culte divin, et de la discipline des sacrements), cette autorisation n’est donnée que pour quelques diocèses très vastes et ayant très peu de prêtres. L’intention était de souligner l’importance du mariage pour l’Eglise, par la présence d’un ministre ordonné prêtre ou diacre.

Le nouveau rituel présente trois chapitres : le mariage au cours de la messe, le mariage en dehors de la messe, et le mariage entre une partie catholique et une partie catéchumène ou non chrétienne. Le choix des prières est plus important que précédemment.

Enfin le rituel propose aussi une célébration pour quatre cas particuliers :
- rituel de bénédiction des fiancés
- rituel de bénédiction des époux au cours de la messe pour l’anniversaire de leur mariage
- prière pour deux catéchumènes ou une partie catéchumène et une partie non chrétienne après leur mariage civil
- prière pour deux néophytes mariés ou pour un néophyte et son conjoint chrétien, au jour du baptême, ou l’un des dimanches qui suit.

Notons que le rituel ne prévoit rien pour les divorcés-remariés. La question devrait être examinée à Rome et abordée durant le synode des évêques en octobre.

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