En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

LES DIVORCES REMARIES AU SYNODE

Publié le Lundi 21 novembre 2005

Le XIe synode d’évêques qui s’est tenu à Rome en octobre avait pour titre celui de l’Eucharistie. A partir de ce thème, quelques interventions ont été remarquées venant d’évêques affrontés à la faim et à la guerre ; Comment parler alors du sens de l’Eucharistie pain de vie et promesse de paix. ? Mais est revenue aussi la manière insistante la question de l’accueil à l’Eucharistie des divorcés-remariés. Les propositions votées par les Pères synodaux paraîtra à beaucoup décevante. Tout en soulignant « l’importance d’une attitude et d’une action pastorale d’attention et d’accueil à l’encontre des divorcés-remariés », la réponse au nom de la tradition de l’Eglise catholique reste totalement fermée. « les divorcés et remariés ,ne peuvent pas être admis à la Sainte Communion ».

Quelles voies proposer alors en attendant que ne saute le verrou de l’affirmation doctrinale. Le Cardinal Ratzinger, il y a dix ans, avait repris à son compte une invitation pour les coupes de divorcés et remariés à s’abstenir de tout partage conjugal pour pouvoir partager la communion eucharistique. Il y avait donc une issue possible à l’impasse. Que choisir : le « jeune conjugal » ou le « jeûne eucharistique » ? Est-il besoin de dire que cette proposition manifestait une profonde ignorance de ce qui fait l’équilibre d’un couple, mais aussi une curieuse insistance sur le lien entre sexualité et sacrement.

Au Synode de Rome certains évêques ont insisté sur la possibilité de recourir à la demande de reconnaissance de la nullité d’un mariage en soulignant que reconnaissance de nullité n’est pas annulation. Il semble que certains diocèses proposent facilement cette démarche, par exemple au Canada. Elle existe également en France et elle aboutit le plus souvent. Mais ce ne peut être qu’au terme d’un procès accepté par les divorcés et qui réveille et parfois exacerbe les drames d’un divorce. Que dire également de ce que peut entraîner de révolte pour des enfants de se croire enfants de personne, enfants de nuls. Le synode de Rome a cependant , en signe d’ouverture pour une issue pastorale, préconisé un effort des tribunaux ecclésiastiques pour les causes de nullité matrimoniale afin « d’approfondir les éléments pris en compte pour la validité du mariage, en tenant compte des nouveaux problèmes nés du contexte de transformation anthropologique de notre époque ».

Il y a en effet une piste intéressante offerte par la prise en considération du contexte de « transformations anthropologique de notre époque. Cela pose une question pour la conclusion d’un mariage. Celui-ci n’est plus aujourd’hui le seul mode de vie du vivre ensemble pour un couple même avec un enfant, du concubinage au PACS. Mais ne faut-il pas poser également la question du mariage sacramentel qui n’est pas vécu assez souvent (certains pasteurs sont parfois plus sévères encore) comme sacrement de la foi, consentement humain reco,nnu comme signe de l’Alliance devant Dieu et la communauté ecclésiale. Faut-il sacramentaliser tout mariage demandé à l’Eglise ? La question avait été posée lors d’une rencontre de Benoît XVI avec les prêtres du val d’Aoste (25 juillet 2005) (cf Documentation Catholique 2342, 04/09/2005, p ; 807-808). « J’ai invité, alors Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, plusieurs conférences épiscopales et plusieurs experts à étudier ce problème : un sacrement célébré sans la foi. Peut-on réellement trouver là un motif d’invalidité parce qu’il manquait au sacrement une dimension fondamentale ? Je n’ose pas dire oui. Personnellement je le pensais… » Nous sommes là au cœur du problème théologique. Si l’Eglise pense devoir respecter l’indissolubilité du sacrement, c’est la question du mariage comme sacrement, comme « autre » sacrement que celui du baptême, qui doit être approfondie.

En atttendant la pastorale doit se montrer non seulement accueillante pour les divorcés-remariés, mais aussi inventive pour célébrer – sans qu’ilo soit sacrement «évidemment, l’amour d’un couple de divorcés-remariés. Malgré les réticences épiscopales, c’est ce que propose Guy de Lachaux, en lien avec Michel Legrain : « Se remarier après un divorce. Préparons notre temps de prière. Réflexion sur un temps de prière » (Ed de l’Atelier 2004. n’est-ce pas ainsi que peut se prolonger le travail d’Armand Le Bourgeois, ancien évêque d’Autun, qui vient de mourir.

PJ

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