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Bonne fête de la Nativité à tous

Publié le Mercredi 21 décembre 2005

Dans de nombreuses familles, la tradition se perpétue, on construit la crèche, un moment où il est facile de parler aux enfants et de leur dire quelque chose de notre foi ; une crèche aussi qui attire l’attention des personnes qui passent dans la maison, et permet d’échanger en profondeur. La crèche aide à contempler le mystère de l’amour de Dieu, qui s'est révélé dans la pauvreté et la simplicité de la grotte de Bethléem. Saint François d’Assise fut à ce point frappé par le mystère de l'incarnation qu'il voulut le représenter à Greccio (non loin d’Assise) dans une crèche vivante. « La crèche peut en effet nous aider à comprendre le secret du véritable Noël, parce qu'elle parle de l'humilité et de la bonté miséricordieuse du Christ qui, "s'est fait pauvre, de riche qu'il était" (2 Co 8, 9) pour nous. Sa pauvreté enrichit ceux qui le contemplent et Noël apporte la joie et la paix à ceux qui, comme bergers de Bethléem, accueillent les paroles de l'Ange: "Et ceci vous servira de signe: vous trouverez un nouveau-né, enveloppé de langes, et couché dans une crèche" (Lc 2, 12). » (message de Benoît XVI du 11 décembre 2005). Ce signe s’adresse toujours, à nous aussi, hommes et femmes du troisième millénaire. Il n'y a pas d'autre Noël.

Il nous faut alors reconnaître dans l’Enfant de Bethléem le Fils de Dieu venu sur terre pour partager notre condition et nous sauver. C’est Marie qui peut mieux que quiconque nous guider pour connaître, aimer, adorer le Fils de Dieu fait homme. L’incarnation est l’expression la plus forte d’un Dieu qui veut tout partager avec les hommes, d’un « Dieu qui est amour ». Qu’est-ce que l’amour sinon la manifestation que l’on se rend présent, que l’on partage l’existence, que la rencontre nous change et qu’elle nous lie aux autres d’une manière ou d’une autre mais définitivement. Qu’est-ce que l’amour sinon la manifestation que l’autre est notre préoccupation ?.
Ainsi Dieu prend naissance parmi nous, au cœur de l’humanité, Dieu n’est plus à chercher, comme on cherche un absent, mais à accueillir, comme un nouveau né dans sa fragilité, puisqu’il est déjà là.
L’accueillir dans l’autre que nous rencontrons, chaque être même le plus faible est pour un chrétien « figure du Christ » et le christianisme s’engage dans la voie de l’intérêt pour chaque personne, intérêt souvent bafoué, mais toujours à redire comme une nécessité absolue. Et c’est à partir de là que se sont développées des idées fondamentales dans l’histoire de l’Occident : l’affirmation progressive des Droits de l’homme, la dignité infinie de chaque individu, l’émergence de la modernité.. sont autant de conséquences de cet intérêt pour la personne en tant que personne individuelle.
Comme tout bébé, le « petit enfant » de la crèche appelle pour qu’on s’occupe de lui, il requiert qu’on fasse attention à lui. La vie spirituelle chrétienne consiste alors à prendre soin de notre foi en Dieu, comme Joseph a pris soin de Jésus pour le sauver (fuite en Egypte, Mt 2,13)

Il est intéressant de souligner que deux évangiles sur quatre et que (à une exception près) aucune lettre des apôtres ne font pas mention de la nativité. Ce silence est étonnant si on pense à l’importance que va prendre dans la réflexion des chrétiens le mystère de l’Incarnation : la première prédication chrétienne n’est pas tournée vers Noël mais vers Pâques. Ce qui est au centre c’est le Christ mort et ressuscité. Paul ne cesse de répéter que la foi chrétienne commence au pied de la croix. Pour comprendre la nativité, l’enfant de la crèche, il faut entendre Paul citant sans doute une hymne des tout premiers chrétiens : « Lui qui est de condition divine n’a pas considéré comme une proie à saisir d’être l’égal de Dieu… il s’est abaissé (« vidé », dit le mot grec) devenant obéissant jusqu’à la mort, à la mort sur une croix » (Ph 2,4-8) . Ainsi la crèche c’est aussi l’image même de la croix qui montre cet abaissement de Dieu.

Le Christ est annoncé comme l’Emmanuel, « Dieu avec nous ». c’est une ancienne expression qui vient de l’Ancien Testament (Is 7,14 ; Mt 1,23). De tout temps Dieu habite l’histoire des hommes, il est dans la création. Mais avec Jésus Dieu se lie à l’histoire des hommes, il accepte d’en partager les vicissitudes et de ne pas dominer d’en haut. Il est vraiment Dieu « pour nous ». Dieu se fait homme, il se laisse faire par l’homme, il accepte de souffrir, jusqu’à mourir sur une croix. Dieu se met dans nos limites humaines, dans sa grandeur il fait éclater ces limites.

Dieu en donnant son fils permet à l’homme de devenir ses enfants, c’est à dire de participer à sa vie éternelle. Le mystère de Noël nous rappelle que nous ne devenons fils de Dieu que parce que nous le recevons dans une naissance. Nous avons ici tout reçu, c’est un don (nous ne pouvons devenir fils de Dieu par nos propres efforts) ; il s’agit d’une vie nouvelle, qui ne supprime ni notre liberté, ni notre responsabilité.

Bonne fête de la Nativité à tous


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