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L'IMMACULEE CONCEPTION

Publié le Mardi 8 décembre 2020

L'IMMACULEE CONCEPTION

« Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu. Car il m'a enveloppée du manteau de l'innocence, et m'a fait, revêtir les vêtements de salut, comme une épouse parée de ses bijoux » (Antienne d'ouverture de la messe du 8 décembre).

 

Anne Lécu, est à la fois religieuse, philosophe, médecin en milieu carcéral, souligne qu'en ce jour de l'Immaculée Conception nous ne célébrons pas une forme de prédestination de Marie, mais nous fêtons celle qui nous précède sur un chemin qui est pour nous tous. Si Marie est préservée de tout péché, par une grâce venant de la mort de son Fils. C'est cette mort de Jésus qui nous invite  à croire que notre avenir à nous aussi est d'être immaculés : «Il nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour. » (Eph 1,4). Marie est l'une de nous et elle nous précède dans la foi.

 

Le Greco, (1541-1614) l'immaculée conception,1608-1613, Musée de Sant Cruz, Tolède


Né en Crète, le Greco, ivivra successivement à Venise, puis Rome et passe les dernières années de sa vie à Tolède où on lui commande une œuvre considérée comme son testament artistique : l'immaculée Conception pour la chapelle Oballe dans l'église San Vincent de Tolède. Cette peinture devait surmonter le maître autel. Jamais Le Greco n'a été aussi audacieux. Il mourra un an après avoir terminé son retable.

 


Le Greco, est coutumier des formats verticaux monumentaux (3,47m*1,64m). Achevée en 1613, un an avant sa mort, l'oeuvre regroupe l'ensemble des recherches de l'artiste, fondée à la fois sur un idéal de beauté, sur les éléments fondamentaux que sont la lumière et la couleur ainsi que sur l'étirement des formes. Les corps et les étoffes s’élèvent, dans un tourbillon de couleurs et d’éclats de lumière, conférant toute la force et l’intensité qu’il convient à un tel moment de grâce. 

 

 

 

La Vierge, figurée par un brillant effet de contre-plongée, est vêtue d'une tunique rouge et d'un manteau bleu. Les couleurs chatoient, irisées par la lumière divine venant du ciel.

Elle lève les yeux vers elle, et reçoit ainsi sa lumière. Les mains croisées sur la poitrine en signe de soumission et de prière. Le Greco donne ainsi à voir l'élévation de la Vierge dans le mystère de l'Immaculée Conception, dogme annoncé par Pie IX en 1854, dûment célébré en ce début de 17e siècle.

Son élan ascensionnel est renforcé par la présence de l'ange vêtu de jaune, qui fait le lien entre la ciel et la terre. 

 

 

 

Du ciel lumineux, la colombe du Saint Esprit descend et propage ses rayons.

Elle s'échappe toutes ailes déployées, et se dirige vers Marie. 

Sa couleur d'un blanc pur est posé en matière épaisse et onctueuse, elle se détache sur un fond jaune et clair à la fois, et éclaire ainsi toute la scène céleste. Elle pose son regard a la fois déterminé et protecteur sur Marie. 

 


Une ronde de chérubins et d'anges musiciens danse dans le ciel.

 


Un ange, vêtu d'une soyeuse lumineuse robe jaune, semble faire irruption dans l'image, il fait le line entre le ciel et la terre. L'élan impulsé par sa robe et ses jambes particulièrement longues est brusquement interrompu par la cambrure anormalement accentuée de son dos. C'est qu'il soutient et porte la Vierge à la force de ses larges ailes. Celle de droite est largement déployée, semble être empruntée à un oiseau. De récentes étude scientifiques ont montré que Le Greco l'a rajoutée au dernier moment.

 


Sous les pieds de l'ange jaune, un bouquet de fleurs capte le regard du fidèle lorsqu'il rentre dans la chapelle exiguë. Il est peint avec bien plus de précision que tout le reste de la toile.

Il est composé de roses et de lys qui participent à l'iconographie mariale traditionnelle, rose symbole de Marie, lys symbole de la pureté, éléments que l'on retrouve dans les représentations de l'Annonciation notamment. Ce somptueux bouquet se situe là où sont habituellement posées les fleurs sur l'autel, jouant ainsi de la continuité entre espace réel et espace peint.

 


En bas à droite il y a un jardin clos éclairé de la lumière blême de la lune. Une fontaine d'eau vive, un petit miroir sans tache, une étoile guidant le navire, autant de symboles liés à la Vierge. Le serpent du péché originel passe, impuissant. 

 


A gauche, a grands coups de pinceaux est représentée une ville, sans doute Tolède du début du 16 e siècle pour évoquer que la Vierge était la Cité de Dieu. On reconnaît distinctement le pont d'Alcantara qui enjambe le Tage à Tolède. Le Greco a représenté plusieurs fois la ville de Tolède. 

 


La lumière, la couleur, la touche étirée et agitée caractéristique du Greco, donnent un caractère dramatique fort à l'ensemble. 

 

 

 

 

 

 

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