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BONNE ANNEE

Publié le Vendredi 1er janvier 2021

BONNE ANNEE

Ce vitrail que Chagall a nommé « La paix », se trouve à la chapelle des Cordeliers à Sarrebourg.

Il est impressionnant par son ampleur (12 m de haut) et ses couleurs flamboyantes traduisant dynamisme et fécondité. On y chante une véritable hymne à la Vie avec l'image du couple presque au centre, car c'est bien la puissance de l'amour humain qui donne à la vie son ampleur et sa couleur.

 


Les couleurs du vitrail communiquent aussi une forte impression (elles ne sont pas figées, puisqu’elles dépendent de la lumière extérieure). La dominante du bleu symbolise l’infini, le ciel, la sérénité, la paix. Le rouge jaillit, couleur du feu, de la passion, de l'énergie, le vert rappelle le verdoiement de la nature symbole de l'espérance. Enfin les touches blanches et jaunes rappellent l'énergie solaire et la transparence de la lumière... Pâques.

 


Le thème du vitrail est très riche. Chagall lui a donné le titre de « vitrail de la paix » , on le nomme aussi « l'arbre de vie ». Y sont évoqués de nombreux thèmes bibliques, que Chagall interprète à sa manière bien personnelle et que chacun est invité à lire avec sa propre interprétation.

 


L'arbre de vie, c'est l'arbre de la Genèse, avec Adam et Eve, avant la faute, avant l'entrée dans l'histoire avec ses violences, ses déchirures, ses peines, ses malédictions. Arbre de vie aujourd'hui inaccessible, mais comme le dit l'Apocalypse le symbole de la présence de Dieu au milieu de son peuple, de la fin des malédictions et des tristesses. Le paradis est de nouveau ouvert, toutes les larmes de nos yeux sont essuyées par le Dieu miséricordieux qui « guérit les nations » en leur donnant la Paix.

 


Cet arbre de vie est entouré de nombreuses figures bibliques et symboles religieux qui semblent flotter dans l'espace, manière caractéristique de Chagall : des anges, les tables de la Loi, le chandelier à 7 branches, la crucifixion. L'ensemble montre la pédagogie divine qui a permis à Dieu de rouvrir le Paradis à l'humanité qui s'en était éloigné, ce qui permet le flamboiement de l'arbre annonçant le Salut.

 


Les couleurs sont plus sombres dans le bas du vitrail : vert et bleu foncés, avec les forêts de Lorraine habitées par des cerfs. Chagall inscrit le vitrail dans la région pour laquelle il le créée. Cette Lorraine, qui a été particulièrement touchée par les violences des deux guerres mondiales, aspire à une paix durable.

 


Au centre, le couple, souvent interprété comme Adam et Eve, le couple primordial, dans l'état paradisiaque, tout coloré de blanc, transparence au divin. Il représente la plénitude de la Vie dans cette tendresse amoureuse où chacun n'est pas un individu isolé, mais en relation à l'autre. Chagall fait référence ici au Cantique des Cantiques, exprimant comment la quête amoureuse humaine peut être unie à Dieu, divinisant la quête amoureuse humaine. Ici au sommet de l'arbre le fond est vert comme au pied de l'arbre, où l'on distingue une mère tenant son enfant sur la hanche, espérance d'un jaillissement perpétuel au quotidien.

 


A droite est représentée la vision d’Isaïe de l'arbre de Jessé avec le message de paix annoncé : « Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira ». (Is 11,6), harmonie non seulement dans le couple, entre nations, dans la nature. Chagall renvoie à une dimension cosmique de la promesse !

 


En bas à gauche, le peintre représente l' entrée de Jésus à Jérusalem, le Messie de la Paix vient, monté sur son âne tout doré, à la rencontre de son peuple qui l’accueille dans la joie... et la musique jouée par David sur sa harpe !

 


En haut à gauche, on aperçoit la crucifixion que Chagall insère si souvent dans ses compositions, symbole des souffrances de Jésus, du peuple juif, et de toute l'humanité. La Vie ne peut se déployer qu'en assumant et en transfigurant toutes les souffrances. Au pied de la croix, à nouveau une mère et son enfant, amour maternel souffrant de la perte d'un enfant.

 


Et tout en haut du vitrail, une Menorah (le chandelier à 7 branches) et les tables de la Loi et le Christ prêchant à ses disciples. La Menorah est le symbole de la lumière divine qui éclaire le visage de tout homme d'une lumière qui vient de l’au-delà. Les tables sont le rappel de cette Lumière qu'est la Torah nous accompagnant sur notre route. Et juste au-dessus du couple, Jésus, tout de jaune lumineux vêtu, prêche les Béatitudes qui permettront aux hommes d'entrer déjà, ici-bas, dans le Royaume en acceptant la pauvreté, en étant des faiseurs de paix.

 


Contempler ce vitrail en ce temps où nous nous souhaitons tous la paix pour l'année à venir, c'est contempler la plénitude de Vie, qu' elle soit une réalité de notre quotidien, à la suite du Messie qui accomplit ses promesses et nous ouvre à sa Paix.

 


 

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