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Le corps et l'âme

Publié le Mercredi 3 février 2021

Le corps et l'âme

 

Le musée du Louvre, le musée Bargello de Florence et le musée du castello Sforzesco de Milan se sont unis pour offrir un large panorama de la sculpture italienne de la Renaissance. Cette exposition fait suite à l'exposition de 2013 consacrée à la naissance à Florence à partir de 1400 de la révolution humaniste. Il s'agit ici d'explorer les conquêtes de l'expression dans la figuration entre le milieu du 15e et le début du 16e siècle, soit entre la fin de la carrière de Donato Donatello (1386-1466) et la glorieuse carrière de Michel Ange (1475-1564). La sculpture italienne fut alors à l'avant-garde de l'exploration du corps humain et de ses états d'âme.

 

Florence était en plein bouillonnement intellectuel favorisé par la domination éclairée des Médicis. Les artistes étaient revenus à l'étude de la sculpture antique qui leur offrait un inépuisable répertoire de motifs décoratifs ainsi que de multiples modèles humains, nus et vêtus, en mouvement ou en position statique.

Donatello, dans ses dernières œuvres, unit de façon révolutionnaire, les vérités physiques et psychiques de la figuration de l'homme dans un expressionnisme ouvert au pathétisme.

Il fut suivi par de nombreux sculpteurs par exemple Antonio Pollaiolo (1431-1498) avec son fameux Hercule et Antée où il exprime une lutte féroce et les tourments de l'âme.

 


Ce réalisme expressif fut poussé avec une impressionnante virtuosité par Andrea del Verrochio.

 

A l'orée du 16e siècle, Michel Ange vint tout bousculer, en s'attachant à rendre les actions et les idées opposées dans un même personnage, pour retrouver au-delà de la beauté formelle, la vérité intérieure. Le contraposto (hanchement) d'origine antique fit place à un impérieux mouvement hélicoïdal.

 

A Venise aussi, érigée en centre artistique majeur, les frères Lombardo, Tullio (1455-1532) et Antonio (v1458-1516) renouvellent l'inspiration antique.

 



 


Le relief Bacchus et Ariane réalisé par Tullio représente l'une des œuvres les plus emblématiques. Placés devant un fond plat simplement incisé par une ligne formant un cadre, un jeune homme et une jeune femme, d'une beauté idéale, penchent tendrement leur tête l'un vers l'autre , leurs bustes projetés vers l'avant, selon un dispositif utilisé par les camés antiques. Le poli et la douceur des formes , mis en avant par le traitement profond des chevelures, accentuent le caractère lumineux des visages , donnant au relief un aspect à la fois précis et éthéré.

 


Agostino Rustici (1496-1548) réalise une terre cuite « combat » où il entremêle les figures à poses clairement définies avec des étourdissantes arabesques des plis des vêtements.

 


Un artiste de Modène , Guido Mazzoni (1450-1518) spécialiste de grandes scènes religieuses de déploration, donne une expression intense à ses personnages déclinée jusqu'au pathétisme.

 

 

 

L'exposition montre que la sculpture italienne de la Renaissance fut d'une stupéfiante diversité. En confrontant l'héritage antique avec l'observation naturaliste dans un va et vient constant entre un idéal de type intellectuel et le «théâtre des sentiments », selon les mots des commissaires , elle fut l'incomparable école de réconciliation des mondes antique et chrétien.

 

(Donato Donatello (v1386-1466), lamentation sur le Christ mort, (v1455-1460)Victoria and Albert Museum, Londres)

 

 

 

 

 

 

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