En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Carême 2006

Publié le Jeudi 2 mars 2006

« Le carême est le temps privilégié du pèlerinage intérieur vers celui qui est la source de la miséricorde. C’est un pèlerinage au cours duquel lui-même nous accompagne à travers le désert de notre pauvreté, nous soutenant sur le chemin vers la joie profonde de Pâques. » Ainsi commence l’exhortation du Pape Benoît XVI pour l’entrée en carême cette année. Il propose aux chrétiens une route de carême dépassant largement l’idée ancienne d’un carême comme temps austère de privation, d’austérité et de jeûne. Il place le Carême dans le contexte actuel de la société aux prises de la désolation, de la misère, de la solitude, de la violence et de la faim et notamment sur la question du développement. Tout en insistant sur les nécessités et les problèmes liés aux questions économiques, il rappelle que pour promouvoir un développement plénier, il est indispensable que « notre regard sur l’homme soit à la mesure de celui du Christ », il faut répondre aux besoins matériels et sociaux de l’homme tout en prenant en considération ses désirs profonds du cœur. Notre responsabilité est grande envers les pauvres du monde, pauvres en misère, pauvres en manque de liberté, pauvres en spiritualité. Il nous remémore les propos du pape Paul VI qui identifiait les dommages du sous-développement à un amoindrissement de l’humanité, « les carences matérielles de ceux qui sont privés du minimum vital. […]. C’est la considération de l’autre, la compréhension réelle de l’esprit de pauvreté, la coopération de chacun au bien commun, la recherche volontaire de la paix qui seront les chemins pour avancer, mais aussi «la reconnaissance par l’homme des valeurs suprêmes et de Dieu, qui en est la source et le terme» (Populorum progressio, n. 21).

Dans le monde entier, la misère frappe, il est impossible de rester indifférent, de se replier sur son égoïsme, bien opposé au regard du Christ. L’interdépendance est aujourd’hui globale. Les projets économiques, sociaux, politiques sont indispensables, ils doivent être accompagnés du don de chacun d’entre nous à autrui, ici ou ailleurs ; nombreuses sont les organisations de tous les Etats ou de l’Eglise dans le monde, elles ont à montrer une préoccupation sincère pour l’homme, une mondialisation dont le centre est le bien véritable de l’homme, et une paix authentique. « Une importante authentification de cet effort consistera dans la liberté religieuse effective », dans la considération du rôle central que les valeurs religieuses authentiques jouent dans la vie de l’homme. Le respect de l’autre est au centre des préoccupations.

Ces critères de base sont essentiels pour les chrétiens engagés dans les programmes des « actions humanitaires », en prenant bien garde de ne pas réduire le christianisme à une « sagesse purement humaine, une science pour bien vivre. En un monde fortement sécularisé, est apparue une ‘sécularisation progressive du salut’, ce pourquoi on se bat pour l'homme, certes, mais pour un homme mutilé, ramené à sa seule dimension horizontale. Nous savons au contraire que Jésus est venu apporter le salut intégral» (Jean Paul II Encyclique Redemptoris missio, n. 11).

Ce temps de Carême veut conduire le chrétien sur la route menant à la victoire du Christ sur tout mal qui opprime l’homme.

Le 31 janvier dernier Benoît XVI rappelait : , «Voyant les foules, Jésus eut pitié d’elles» (Mt 9, 36). "En nous tournant vers le divin Maître, en nous convertissant à Lui, en faisant l’expérience de sa miséricorde grâce au sacrement de la Réconciliation, nous découvrirons un «regard» qui nous scrute dans les profondeurs et qui peut animer de nouveau les foules et chacun d’entre nous."
En France beaucoup de propositions de réflexion sont faites en ce temps de carême dans les différents diocèses. Les conférences de Carême à Notre-Dame de Paris constituent depuis 1835 un grand rendez- vous de réflexion sur l’actualité de la foi chrétienne. Des personnalités représentatives du monde de la médecine, des sciences humaines, de la littérature, de la philosophie et de la théologie s’exprimeront, dans le respect mutuel, sur la condition humaine à partir de leurs convictions, chrétiennes ou non, et de leur recherche de la vérité. Le thème général choisi est « Voici l’homme » (Jn 19,5) :
Dimanche 5 mars 2006
« Être différent » avec Jean Vanier, fondateur des communautés de l'Arche, et Axel Kahn, généticien
Dimanche 12 mars 2006
« Devenir » avec Marguerite Léna et Michel Serres, philosophes
Dimanche 19 mars 2006
« Souffrir » avec Anne-Marie Pelletier, exégète, et Julia Kristeva, psychanalyste
Dimanche 26 mars 2006
« Mourir » avec le Père Brice de Malherbe, théologien, et Marie de Hennezel, psychologue
Dimanche 2 avril 2006
« Espérer » avec le Père Henry de Villefranche, bibliste, et Claude Vigée, poète
Dimanche 9 avril 2006
« Vivre » avec Mgr Pierre d’Ornellas, évêque auxiliaire de Paris.

Ces conférences sont retransmises en direct sur France Culture à 16h30, sur radio Notre Dame 20h de 20h45 et sur RCF en différé, avec débat et parole aux auditeurs jusqu’à 22h) et les textes sont repris dans les journaux. De plus le texte des conférences sera publié chez Parole et Silence, en vente en librairie à partir du 9 avril 2006.

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