En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

DEUS EST CARITAS

Publié le Mardi 14 mars 2006

La première encyclique de Benoît XVI traite de l’amour, Deus est caritas (Dieu est amour). Elle est introduite par les paroles même de saint Jean: "Dieu est amour : celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu en lui » (1 Jn 4,16).

En choisissant l’amour comme sujet, Benoît XVI va au centre de la foi. La religion n’est ni affaire de loi ou de morale mais d’amour. L’enjeu est celui de choix fondamental de la vie chrétienne. Car « à l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée mais la rencontre avec un événement avec une Personne. Benoît XVI déroule son propos selon les deux temps de l’amour : celui « dont Dieu nous comble et celui que nous devons communiquer aux autres ».

L’encyclique comporte deux parties. L’une autour du mot « amour », de son usage, de sa signification, mot galvaudé auquel on donne tant de significations différentes dans les diverses circonstances de la vie. Amour du prochain, amour pour Dieu. Benoît XVI montre à la fois ce qui différence et ce qui unit l’amour humain, l’éros et l’amour divin l’agapè.

Benoît XVI affirme qu’en fait l’amour est une réalité unique, mais avec des dimensions différentes. L’éros, l’amour humain, trop souvent ramené à notre époque, à une affaire de sexe, de marchandises, est d’une grande richesse, indispensable à l’homme, menant à la « véritable découverte de l’autre ». S’appuyant sur le texte biblique, les prophètes de l’Ancien Testament, le Cantique des Cantiques, puis le Christ et l’institution de l’Eucharistie, Benoît XVI soutient que « l’amour de Dieu et l’amour du prochain se fondent l’un dans l’autre, et établit de nouveau le lien entre l’éros et l’agape. L’amour du prochain est une « route pour rencontrer Dieu ». « Seul le service du prochain ouvre mes yeux sur ce que Dieu a fait pour moi et sur sa manière à lui de m’aimer ».

Dans la 2e partie Benoît XVI soutient que la charité fait partie des trois tâches essentielles et inséparables de l’Eglise, avec l’annonce de la parole et la célébration des sacrements, et définit quelques règles pour les actions caritatives de l’Eglise, tout en rappelant aux Etats leurs responsabilités en la matière. Estimant que le rêve marxiste de la révolution marxiste de la révolution mondiale s’est « évanoui », le pape propose la doctrine sociale de l’Eglise, indépendante et fondée sur la foi comme repère fondamental dans le contexte actuel de mondialisation de l’économie.

La misère tant matérielle que spirituelle exprimée notamment par la drogue et la violence, amène Benoît XVI à présenter le profil spécifique de l’action caritative de l’Eglise, une action « indépendante de partis et d’idéologies, « gratuite » et sans « prosélytisme ». Il rappelle avec insistance l’importance de la prière face à l’activisme caritatif et au « sécularisme » dominant de nombreux chrétiens engagés dans le travail caritatif.

Ce texte paraît fondamental, loin du style d’un discours programme, renvoie tous les baptisés au centre de leur vie spirituelle tout en fondant leurs engagements dans le monde et dans la société. La dimension du témoignage et de la tache du chrétien dans la société sont pleinement prises en compte, avec une source, la puissance de l’amour, au-delà des notions d’altruisme, de philanthropie ou d’assistance condescendante. Un amour capable de transformer l’organisation des structures sociales, en donnant sens à l’évolution du monde, dans toute sa complexité, en commençant par la transformation des vies personnelles de chacun.

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