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Thème de l'année 2021-2022  RENAÎTRE

 

Pendant des mois, nous avons vécu au milieu des méfaits insaisissables d’un virus… Bien des personnes de notre temps étaient déjà, semble-t-il, marquées par les frustrations, les colères, les plaintes adressées à… adressées à qui d’ailleurs ? Il n’est pas si facile de le dire : nous sommes tous plus ou moins marqués par ces sentiments troublants qui bousculent notre société ; de plus, nous pouvons être aussi, virtuellement sinon réellement, destinataires de ces expressions, du fait de notre situation dans la société, dans notre famille, dans l’Église, ... Finalement, le repli sur soi menace tout un chacun, au moment même où, malgré cela, des gestes de solidarité se découvrent sans grand bruit.

Le virus a sans doute exacerbé tout cela.

Lorsque notre société se donne à voir (dans les médias, etc.), il semble que bien souvent elle légitime l’expression de nos frustrations, de nos colères, de nos plaintes, sans se soucier des ambiguïtés qui s’y cachent et qui enferment plus qu’elles ne libèrent. Identifier ces ambiguïtés et les affronter concrètement : tel est l’enjeu du combat spirituel, qui se présente à tous ; à chacun de nous là où il se trouve : chacun est concerné lui-même, par ce combat intérieur ; ce combat se présente d’une façon pressante aux disciples de Jésus, ce maître en la matière : « la vérité fera de vous des hommes libres » (Jn 8, 32), libres par rapport aux mensonges, par rapport à la mort.

Voici les six étapes de ce Cahier :
1 – Gagner : pour certains, l’argent leur réussit … et ensuite ?
2 – Consommer : pour nos désirs, nos rêves, y aurait-il des sacrifices acceptables ?

3 – Applaudir : certains sont distingués, récompensés, sont-ils alors « quelqu’un »?
4 – Protester : dans des situations choquantes, faut-il parler ou se taire ?

5 – Résister : face aux coups de force subis, qu’est-ce que l’épreuve de la fragilité ?
6 – Se lever : nous confronter aux situations d’exclusion, aux requêtes de dignité ?

C’est bien la question du sens de la vie qui est posée. Notre société est peu ou prou à la recherche de repères identifiables pour tout un chacun ; et, en principe, partageables. Sur ce terrain précisément, les débats peuvent être difficiles, ils exigent une ascèse que l’on n’est pas toujours disposé à assumer, préférant là aussi le repli sur soi. Et ce n’est pas le moralisme qui nous aidera, là où les ambiguïtés de l’existence conduisent parfois à être témoin de profondes détresses. De tels repères identifiables seront portés par des personnes qui risquent leur témoignage – leurs gestes et leurs paroles – pour la vérité et la liberté. Il s’agit alors de décisions courageuses : désigner le mal est onéreux… ; s’engager pour le bien, au service de ceux qui nous entourent, peut entraîner plus loin que prévu.

Le combat spirituel n’est pas réservé aux chrétiens ; avoir soin des autres, consoler, etc… : nous en connaissons de ces témoignages, parfois risqués en raison de mondes aveuglés par l’argent, la vanité et le pouvoir. S’il y a des enjeux à relever aujourd’hui, ce sont bien les requêtes de libertés spirituelles. Le pape François s’exprime en ce sens, dans toutes ses prises de parole ; et de façon exemplaire, dans son homélie de Noël 2020 : comment échapper aux replis sur soi quand il nous faut affronter les épreuves de la vie ? Comment ouvrir les voies de la tendresse, de la compassion ?

La voie chrétienne est une voie de simplicité – « que votre oui soit oui » (Mt 5, 37 ; cf. 2 Co 1, 17-20 ; Jc 5, 13) ; elle est ouverte à ces requêtes de liberté spirituelle. Ainsi, à la suite du Christ Jésus – « Je suis la voie, la vérité, la vie » (Jn 14, 6) – la voie chrétienne se présente voie de mort et résurrection, voie de salut. Cette voie est celle de notre combat spirituel, pour « renaître de l’intérieur » en « enfants de Dieu », selon les expressions du pape François.

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