En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Prédication de Jésus à ses propres disciples

Publié le Mardi 27 janvier 2009


Rembrandt 1606-1669, Jésus prêchant, ou la petite tombe, environ 1652, eau-forte, Musée du Louvre

Rembrandt montre ici Jésus dans l'exercice d'annonce de la Bonne Nouvelle à ses disciples, comme une figure sacerdotale. Il n'indique pas de référence biblique pour cette eau forte. Il y inclut ses recherches sur les réalisations de la Renaissance, notamment sur Raphaël, les fresques de la Chambre des Signatures du Vatican. La composition est simple et harmonique. Un unique mouvement circulaire et une savante distribution de la lumière font que le Christ attire l'attention sur lui. Sa stature est re haussée par la colonne qui semble la prolonger, il se tient sur une sorte d'estrade comme sur un socle stable. Il semble que la position de Jésus, la tête inclinée et les bras ouverts devant cette structure verticale, anticipe d'une manière symbolique la Crucifixion. L'ensemble de la composition est claire et rythmée par un jeu de lignes verticales et horizontales, si bien que les différentes figures sont stabilisées et bien articulées les unes les autres de manière fluide et continue ; tous sont unis dans leur écoute du Seigneur.

Le Christ n'apparaît pas ici comme un prédicateur savant, mais il apparaît loin de toute polémique, il est tout entier concentré sur la révélation de son message, plein de douceur et d'amour. Jésus apparaît humain, humble, et plein de compassion.

Ceux qui sont venus l'écouter sont attentifs, silencieux, contemplatifs. Chacun semble en une profonde méditation qui lui est personnelle, et paraît écouter avec son cœur. Ils sont représentés avec soin, chacun de manière distincte. Si l'on observe le détail de certains personnages, on distingue de belles expressions. Celle du vieillard assis à droite du Christ, le menton au creux de la main et le regard perdu au loin, ou bien celle du jeune homme aux pieds du Christ qui adopte une attitude très sérieuse (on a dit qu'il pouvait s'agir de saint Jean). Il semble que ces hommes et ces femmes d'ages et de conditions variées, sont rassemblées de manière profonde dans l'écoute de Jésus.

En effet la scène est intime, renfermée, spirituelle. Jésus est tout dévoué à ses disciples présents autour de lui. Ils sont sa nouvelle famille.



Le texte biblique

Comme Jésus était dans une maison, sa mère et ses frères arrivent. Restant au-dehors, ils le font demander.
Beaucoup de gens étaient assis autour de lui ; et on lui dit : « Ta mère et tes frères sont là dehors, qui te cherchent. »
Mais il leur répond : « Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? »
Et parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle autour de lui, il dit : « Voici ma mère et mes frères.
Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère. »

Mc 3,31-35



Commentaires

Les parents de Jésus le suivent. Ils pensent que leur fils se laisse déborder par la foule et ils estiment même qu'il a perdu la tête.

Jésus est dans une maison, sans doute en train d'enseigner et on lui annonce la visite surprise de sa mère et de ses frères ; la famille reste « dehors », et voudrait arracher Jésus à sa mission, ce qui pourrait expliquer la rudesse de la réponse de Jésus.

Rappelons brièvement que en milieu sémitique le terme de « frère » désigne aussi bien un proche parent, mais ce qui importe ici c'est la prise de distance vigoureuse de Jésus par rapport aux liens du sang.

Jésus jette un « regard » sur ceux qui étaient dans la pièce, chez Marc le regard signale toujours un moment important. En effet Jésus déclare quelque chose de très important : sa vraie famille, il la situe non dans la parenté charnelle, mais dans ces hommes et ces femmes qui écoutent sa parole, ceux qui font la volonté de Dieu. Ce sont eux qui sont ses frères.

Du temps de Marc l'Eglise vit des moments difficiles : la persécution romaine a poussé les familles à des séparations douloureuses. L'évangéliste rappelle aux chrétiens que Jésus lui-même était prêt à rompre avec les siens.

Jésus vient inaugurer un monde profondément nouveau. Pour Jésus, il y a désormais d'autres solidarités, qui dépassent celles de nos parentés terrestres. « Quiconque fait la volonté de Dieu, c'est lui mon frère, ma sœur, ma mère... »

Jésus ouvre la porte à d'autres horizons, il entraîne à expérimenter la vie qui vient de mille différentes manières. Si l'on prend au sérieux cet appel à dépasser le petit cercle des solidarités familiales, ce que le Seigneur dit de sa vraie famille peut libérer en tout homme une force qu'on n'a jamais fini de mesurer

Mais, cette force qui nous est offerte est une force coûteuse. Elle suppose un arrachement, qui sera douloureux, souvent mal compris. Elle fait penser à la souffrance de Marie ( la mère de Jésus, justement...) lorsqu'il a fugué, à 12 ans, au Temple de Jérusalem : " Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ?...




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