En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Semaine de prière pour l'unité des chrétiens, jour 5

Publié il y a 14 jours


Chanter un chant du Seigneur en terre étrangère 

 

 

 Evelyn de Morgan (1855-1919) Les eaux de Babylone, 1882-83, Collection de Morgan, Londres

 

Evelyn de Morgan


Evelyn de Morgan est une peintre anglaise que l'on peut rattacher au mouvement préraphaélite créé en 1848. Ce mouvement regroupe de jeunes peintres qui veulent revenir à une peinture plus proche de la nature non formatée et en quête de perfection tant au niveau de la forme que de l’expression. Le peintre Raphaël fait figure de référence.

Evelyn de Morgan réalise ainsi des peintures figuratives, aux couleurs variées, au dessin pur et raffiné.

 

« Les pleurs au bord des fleuves de Babylone. »


Cette peinture illustre directement le psaume que nous lisons aujourd’hui, « les pleurs au bord des fleuves de Babylone. »

Sous les saules et au bord de la rivière, hommes et femmes, jeunes ou vieillards, se lamentent. Ils se consolent les uns les autres, une femme est prostrée sur le sol, une jeune femme supplie son Seigneur, un jeune homme est en pleur.

Un jeune homme au fond implore Dieu levant son instrument vers le ciel, une femme est penchée sur sa lyre, d'autres ont abandonné leurs instruments au sol. Malgré les demandes de leurs vainqueurs, aucun ne veut jouer de la musique.



Le texte biblique

Lecture du psaume 136


  Au bord des fleuves de Babylone nous étions assis et nous pleurions, + nous souvenant de Sion ; *

  aux saules des alentours nous avions pendu nos harpes.

  C'est là que nos vainqueurs nous demandèrent des chansons, + et nos bourreaux, des airs joyeux : * « Chantez-nous, disaient-ils, quelque chant de Sion. »

  Comment chanterions-nous un chant du Seigneur + sur une terre étrangère ? *

 Si je t'oublie, Jérusalem, que ma main droite m'oublie !

  Je veux que ma langue s'attache à mon palais + si je perds ton souvenir, * si je n'élève Jérusalem, au sommet de ma joie.

  [Souviens-toi, Seigneur, des fils du pays d'Édom, + et de ce jour à Jérusalem * où ils criaient : « Détruisez-la, détruisez-la de fond en comble ! »

  O Babylone misérable, + heureux qui te revaudra les maux que tu nous valus ; *

  heureux qui saisira tes enfants, pour les briser contre le roc !]

Ps 136,1-4 



Commentaires

Réflexion 

La lamentation du psalmiste remonte à l’exil de Juda à Babylone, mais la douleur de l’exil résonne à travers tous les temps et les cultures. Peut-être le psalmiste a-t-il crié sa complainte en se tournant vers les cieux. Peut-être chaque verset a-t-il été clamé au milieu d’amers sanglots et d’un profond chagrin. Peut-être ce poème a-t-il été composé dans un haussement d’épaules de résignation que seuls une existence vécue dans l’injustice et un sentiment d’impuissance à changer les choses de manière significative peuvent susciter.

Quelle que soit la manière dont ces mots ont été prononcés, la douleur de ce passage trouve un écho dans le cœur de ceux qui sont traités en étrangers dans d’autres pays ou dans leur propre pays.

Dans ce psaume, l’oppresseur demande de sourire et de se réjouir, de chanter les chansons d’un passé « heureux ». Il s’adresse à des personnes qui tout au long des siècles ont été marginalisées.

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Unité des chrétiens

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Grâce au Mouvement œcuménique, les chrétiens partagent aujourd’hui des hymnes, des prières, des réflexions et des idées par-delà leurs propres traditions. Nous les recevons de chrétiens issus de communautés différentes de la nôtre comme des dons issus de la foi et d’une vie de disciple vécue dans l’amour, souvent au milieu de difficultés. Ces dons partagés sont des richesses à conserver précieusement et témoignent de la foi chrétienne que nous partageons.

 

Défi 

Comment évoquons-nous les histoires d’ancêtres et de saints qui ont vécu parmi nous et ont élevé vers Dieu des chants remplis de foi et d’espérance, rendant grâce pour la libération de la captivité ?

 

Prière 

Dieu des opprimés, Ouvre nos yeux sur le mal qui continue d’être infligé à nos sœurs et frères en Christ. Que ton Esprit nous donne le courage de chanter à l’unisson et d’élever nos voix avec ceux dont la souffrance n’est pas entendue. Nous te prions au nom de ton Fils Jésus. Amen.

 

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