En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Guérison de l’aveugle

Publié le Mercredi 18 février 2009


Le Greco, 1541-1614, le Christ guérit l’aveugle, 1570, Musée de Dresde (il existe trois versions du même sujet avec des variantes,  aux musées de Parme et  de New York)

Il s’agit ici d’une œuvre de jeunesse de El Greco, sans doute peinte  à Venise vers 1570. Le sujet de la guérison de l’aveugle était populaire en cette période de la Réforme Catholique, la guérison de la cécité était emblématique de la révélation de la vraie foi. On a aussi rapproché cet épisode à la conversion de Greco de la foi orthodoxe à la foi catholique.

On retrouve ici la conception de l’espace et la richesse chatoyante des couleurs des artistes de l’école vénitienne, Tintoret et de Titien. Greco  fait preuve d'une science très poussée de la perspective et de plus d'habileté dans le traitement des arrière-plans architecturaux que dans la représentation des mouvements de foule.

Jésus est sur la place de la ville de Bethsaide sise sur la rive nord du lac de Tibériade, non loin de Capharnaüm et de Chorozaïn. La foule est là, Jésus, sur le côté gauche, guérit l'aveugle. Derrière lui et sur le côté droit, des groupes d'hommes discutent vivement, sûrement ils ne comprennent pas tout. Les gestes sont éloquents, c’est un de moyens d’expression fondamentaux de Greco.  Ne sont-ils pas eux-mêmes aveugles aux merveilles qu’annonce Jésus ?

Le groupe de gauche est plus statique. Greco montre sa maîtrise de l’anatomie et du mouvement , de la couleur, des jeux complexes entre la lumière naturelle et artificielle, de l’espace enchevêtré, de l’architecture classique et de la perspective mono-focale

Jésus prend à part un aveugle, il touche les yeux de cet homme. Il est penché vers lui, plein de complaisance. L’homme est agenouillé, la main tendue vers Jésus, il semble faire confiance. Le drame se joue entre Jésus et l’aveugle. Le chien doit lui appartenir, c’est motif très apprécié à Venise.  La vie à l’extérieur de leur petite communauté continue, le chien joue, les hommes des deux groupes ne semblent pas être conscients de ce qui se passe.  Jésus ne demande-t-il pas à l’aveugle de garder le secret de sa guérison ?



Le texte biblique

  Jésus et ses disciples arrivent à Bethsaïde. On lui amène un aveugle et on le supplie de le toucher.J
 Jésus prit l'aveugle par la main et le conduisit hors du village. Il lui mit de la salive sur les yeux et lui imposa les mains. Il lui demandait : « Est-ce que tu vois quelque chose ? »
Ayant ouvert les yeux, l'homme disait : « Je vois les gens, ils ressemblent à des arbres, et ils marchent. »
Puis Jésus, de nouveau, imposa les mains sur les yeux de l'homme ; celui-ci se mit à voir normalement, il se trouva guéri, et il distinguait tout avec netteté.
Jésus le renvoya chez lui en disant : « Ne rentre même pas dans le village. »

Mc 8, 22-26



Commentaires

Jésus continue à pérégriner, il ne se laisse accaparer par aucun groupe, sa mission itinérante prime sur tout. Il arrive à Bethsaïde à l’est du Jourdain, c’est sa troisième mission en terre païenne.

On amène à Jésus un aveugle pour qu'il le touche. Les circonstances sont les mêmes que pour la guérison du sourd-bègue (7, 31-37). Jésus commence par prendre le malade à l’écart, hors de toute publicité tapageuse. Comme précédemment Jésus procède comme les guérisseurs de son temps, il utilise la vertu curative de la salive, et en plus il impose les mains. Mais Jésus opère cette guérison en deux temps. C’est la seule fois dans tous les évangiles où Jésus s’y prend à deux fois ; pourquoi ? D’abord l’aveugle ouvre bien les yeux, mais sa vue reste floue. L'expression : "je vois des hommes comme des arbres, ils marchent" est très étrange. L'aveugle a accès d'abord à l'univers créé par Dieu, à la nature dont les hommes, comme les arbres, font partie. Jésus recommence, et l’aveugle voit distinctement.  Le texte ne dit pas ce qu'il voit maintenant, mais le lecteur est contraint de s'interroger : de quelle cécité doit-il être guéri ?

 Au cours  de son dernier voyage avec ses disciples, Jésus les a traités d’aveugles (8, 17-18). Leur aveuglement porte sur la personne de Jésus et sur sa mission. L’évangéliste souligne la lenteur des hommes à parvenir à une foi sans équivoque, et sur le cheminement nécessaire. Juste après est décrite la scène de la profession de foi de Pierre (8,27-30). Ce n’est que très progressivement que les hommes se sont laissés dessiller les yeux.

Ici est délivré un message d’espérance, malgré les difficultés et les réticences, la persévérance l'emporte, il est donné à l'aveugle de voir ; et pourtant l’épisode se termine par l’imposition du secret messianique.

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