En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

“ Choisis la vie, afin que tu vives… ”

Publié le Mardi 24 février 2009


Marc Chagall 1887-1985  Moïse recevant les Tables de la Loi 1960-1966 Musée national Message Biblique Marc Chagall

Cette illustration de la remise des Tables de la Loi clôt, dans le cycle du message Biblique de Chagall, le dialogue direct avec Dieu. Désormais les messagers ailés et les prophètes seront les intermédiaires privilégiés de ce dialogue.

Le tableau est construit sur deux diagonales qui se croisent : Moïse, au premier plan, s'élève vers les Tables, tendues par Dieu,. La diagonale secondaire met en valeur des épisodes de l'Exode.

La première diagonale marque le lien entre Moïse et Dieu. Les pieds du patriarche reposent sur le roc mais il est en même temps presque porté par le peuple. Conformément aux prescriptions juives, Chagall ne représente pas Dieu: il peint les mains de Dieu sortant de nuages gris. Dieu tend les Tables de la Loi à Moïse, dont le corps est tendu vers le ciel. Ainsi est représenté le don de la vie que Dieu fait aux hommes.  La luminosité des jaunes et des blancs marquent la présence divine dans tout le tableau.

Les rayons qui sont sur la tête de Moïse représentent le visage rayonnant de Moïse décrit dans le texte de l’Exode  (Ex 34,29). La tradition juive veut que le front de Moïse ait rayonné bien avant sa seconde descente du mont Sinaï. Moise se serait essuyé le front  avec l’encre divine après avoir écrit les Tables de la Loi sur la montagne et de cette encre auraient jailli les rayons. Dans les images de Chagall les rayons sont des attributs permanents de Moïse.

Dans cette lumière dorée un ange descend vers les hommes portant le rouleau de la Thora.

L’autre diagonale est celle de la montagne qui rejoint le ciel. Le peuple attend au pied du mont Sinaï. D’abord patient  le peuple désespéré construit le veau d’or (en haut à gauche). Le peuple veut un Dieu qu'il puisse représenter par une image, un dieu à sa mesure, qu'il puisse "manipuler".

Au pied de la montagne, en bas à droite, le personnage tenant une Menora (chandelier à 7 branches) est Aaron, le frère de Moïse. Il est revêtu de la robe de grands prêtres, il porte sur la poitrine le pectoral à 12 cases dorées de pierres précieuses qui figurent les 12 tribus d’Israël. La présence d'Aaron rappelle que, sur le Sinaï, Moïse ne reçoit pas seulement le Décalogue, mais aussi un ensemble de prescriptions religieuses, morales, sociales et culturelles.

Au dessus d’Aaron, on aperçoit Jérémie et David, les prophètes envoyés par Dieu : ils sont à l'opposé du peuple qui ne les a pas écoutés,

Les prophètes ont dénoncé les mauvais choix faits par le peuple, et annoncé les conséquences dramatiques de ces choix  : Jérémie annonce la chute de Jérusalem, le peuple élu n’ayant pas suivi les règles de Dieu. Le roi David a convoité la femme d’un autre qu’il a fait tuer ; le fils adultère qu’il a eu de Bethsabée est mort pour sa punition.



Le texte biblique

  Moïse disait au peuple d'Israël: "Je te propose aujourd'hui de choisir ou bien la vie et le bonheur, ou bien la mort et le malheur.
 Écoute les commandements que je te donne aujourd'hui : aimer le Seigneur ton Dieu, marcher dans ses chemins, garder ses ordres, ses commandements et ses décrets. Alors, tu vivras et te multiplieras ; le Seigneur ton Dieu te bénira dans le pays dont tu vas prendre possession.
Mais si tu détournes ton cœur, si tu n'obéis pas, si tu te laisses entraîner à te prosterner devant d'autres dieux et à les servir,
 je te le déclare aujourd'hui : certainement vous périrez, vous ne vivrez pas de longs jours sur la terre dont vous allez prendre possession quand vous aurez traversé le Jourdain.
Je prends aujourd'hui à témoin contre toi le ciel et la terre : je te propose de choisir entre la vie et la mort, entre la bénédiction et la malédiction. Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance,
 en aimant le Seigneur ton Dieu, en écoutant sa voix, en vous attachant à lui ; c'est là que se trouve la vie, une longue vie sur la terre que le Seigneur a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob.

Dt 30,15-20



Commentaires

Ce passage fait partie du dernier discours de Moïse,  dans le livre du Deutéronome, un discours qui reprend la proposition d'Alliance faite par Dieu à son peuple. Comme dans les textes des traités d'alliance entre suzerains et vassaux, Moïse expose les deux choix possibles (fidélité ou infidélité à l'alliance) et leurs conséquences, puis il prend le ciel et la terre comme à témoin, comme dans les textes des traités, où ce sont normalement des dieux  qui jouent ce rôle.

Par la voix de Moïse, Dieu propose à son peuple de faire un choix décisif en faveur de la vie et du bonheur.

Cette proposition est pour « aujourd’hui », cela est répété à plusieurs reprises. Ce mot est placé chaque fois après un verbe dont le Seigneur est sujet, ce qui souligne l’actualité de l’initiative divine. Chaque fois que le texte est relu dans un rassemblement liturgique, l'aujourd'hui de la proposition de Dieu résonne : "aujourd'hui, choisis la vie !"

Choisir la vie et le bonheur, c'est choisir la volonté même de Dieu créateur et sauveur. S'opposer à la volonté de Dieu, se séparer de lui, c'est choisir la mort et le malheur.

Choisir la vie, c'est choisir un attachement au Seigneur, avec les perspectives positives qu'il ouvre : il suffit d’aimer le Seigneur, de marcher et de garder les ordres, les commandements et les décrets du Seigneur. Et l’infidélité se caractérise par le fait de se détourner de lui, de ne pas l'écouter, de se laisser entraîner à se  prosterner devant d'autres dieux et à les servir ; des dieux qui ne sont que des projections du désir des hommes et de leur quête de pouvoir ; les conséquences sont la division, les conflits et la mort.

Le Seigneur « propose », cela implique que l'homme est libre, ce qui s’oppose à au fatalisme de toutes les cultures et les religions environnantes. Dieu respecte à ce point l'homme qu'il le veut libre de choisir et de l'aimer.

Le texte se termine sur une note positive, celle du bon choix. Il s’agit de choisir la vie pour vivre, il s’agit d’aimer, d’écouter et de s’attacher au Seigneur. Ce choix est la réponse souhaitée par le Seigneur afin que la promesse du don de la terre, faite aux patriarches, puisse s’accomplir.

Dans cette proposition d'alliance caractéristique du livre du Deutéronome,  la promesse est toujours conditionnelle :  si le peuple reste fidèle à Dieu , alors tous les bienfaits promis arriveront. Nous sommes libres de choisir Dieu, libres de choisir la vie.

 

POUR PROLONGER, PRIONS

En ce début de carême, à l’heure de faire les choix, prions l’Esprit Saint, l'Esprit d'amour,  pour qu'il nous éclaire et nous aide à faire les choix que Dieu attend de nous.

 

 

Conscients des timidités de l'âme humaine

pour accueillir la Parole de Dieu,

adressons à l'Esprit cette ardente prière liturgique :

 

Veni, Creator Spirtrus ; mentes tuorum visita,

imple superna gratia quae tu creasti pectora.

(Viens en nous, Esprit Créateur ; visite les âmes des tiens ;

remplis de la grâce d'en haut les cœurs de tes créatures !)

Par cette prière, nous ouvrons nos cœurs,

en suppliant l'Esprit de les remplir de lumière et de vie.

 

Esprit de Dieu, rends-nous disponibles à ta visite,

fais grandir en nous la foi en la Parole qui sauve.

Sois la source vive de l'espérance qui germe en nos vies.

Sois en nous le souffle d'amour qui nous transforme

et le feu de charité qui nous pousse à nous donner

nous-mêmes à travers le service de nos frères.

 

Toi que le Père nous a envoyé, enseigne-nous toute chose

et fais-nous saisir la richesse de la parole du Christ.

Affermis en nous l’homme intérieur,

fais-nous passer de la crainte à la confiance,

afin que jaillisse en nous la louange de ta gloire.

 

Sois la lumière qui vient remplir le cœur des hommes

et leur donner le courage de te chercher sans relâche.

Toi, l'Esprit de vérité, introduis-nous dans la vérité

tout entière pour que nous proclamions avec fermeté

le mystère du Dieu vivant qui agit dans notre histoire.

Éclaire-nous sur le sens ultime de cette histoire...

 

 

Jean-Paul II, au cours de la messe célébrée le 23 août 1997 à Saint-Étienne du Mont aux Journées mondiales  de la Jeunesse.

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