En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Ecoutez et mettez en pratique

Publié le Mercredi 18 mars 2009


 Bible de Vivien, dite Première Bible de Charles le Chauve. Christ en majesté

Saint-Martin de Tours, 845 , BnF, Manuscrits, Latin 1 fol. 329v

 Les manuscrits bibliques et liturgiques destinés aux empereurs et aux évêques sont des objets précieux et ne sortent qu’exceptionnellement des trésors  ecclésiastiques  lors des processions les jours de grandes fêtes. Confectionnés avec le plus grand soin, ils reçoivent un décor particulièrement luxueux, élaboré à partir de matériaux recherchés et hautement symboliques tels que l'or, l'argent ou la pourpre qui ont pour fonction de glorifier le texte sacré.

Cette bible vient de Tours, de l’abbaye saint Martin de Tours dont Alcuin avait été abbé de 796 à 804. C’est dans son scriptorium que naît ce modèle du Christ en majesté (« Majestas Domini »).  Les artistes illustrent   le texte sacré, de façon moderne et originale.

Le Christ siège, hiératique,  sur la sphère étoilée de l’univers, à l’intérieur d’une mandorle en forme de huit,  inscrite dans un losange, qui évoque la nouvelle création et peut-être aussi la double nature du Christ. Aux quatre pointes  sont représentés des médaillons avec les quatre grands prophètes, Isaïe en haut, Jérémie en bas, Ezéchiel à gauche et Daniel à droite.

La mandorle se dédouble en deux cercles  qui s’ouvrent l’un sur l’autre et forment avec ceux du nimbe et du trône un quatuor de sphères idéales, pour évoquer le non temps de l’éternité qui préside souverainement au temps du monde. 

Ces prophètes font le lien avec le tétramorphe (les quatre animaux  apparus à Ezéchiel (Ez 1,26, )décrits dans l’Apocalypse de saint Jean (Ap 4,4) et adoptés comme symboles des évangélistes. Ces symboles  figurent dans les plages entre la mandorle et le losange. Les évangélistes sont  représentés dans les quatre écoinçons, en train d’écrire.

Cette représentation répond à la volonté  d’insister sur la continuité entre l’ancienne et la nouvelle alliance et sur la cohérence entre le témoignage des prophètes et l’avènement du Christ et la révélation évangélique. 



Le texte biblique

  Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Ne pensez pas que je suis venu abolir la Loi ou les Prophètes :je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.

Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas une lettre, pas un seul petit trait ne disparaîtra de la Loi jusqu'à ce que tout se réalise.
Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le Royaume des cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera sera déclaré grand dans le Royaume des cieux.

Mt 5,17-19



Commentaires

 Ce passage extrait du « sermon sur la montagne » insiste sur  la continuité de la Loi de Moïse et son accomplissement en la personne de Jésus. Jésus indique comment se situer  face aux exigences issues de l’Ancien Testament.

Jésus n’abroge pas la Loi qui est  commentée dans les synagogues, ni la lecture des prophètes., il vient l’accomplir, lui conférer sa perfection. Certains auditeurs de Matthieu avaient tendance à  tenir pour négligeable certains commandements, selon un casuistique ancienne distinguant entre  préceptes « lourds » et  préceptes « légers ». Or, la justice des disciples, leur pratique des commandements, doit dépasser celle des scribes, interprètes de la loi, et celle des pharisiens, modèles d’observance.

Au contraire la mission de Jésus « accomplit » ce régime religieux, le porte à sa perfection, lui donne un sens plein.

Jésus certes approuve le courant de pensée ancré sur l’observance littérale de la Loi, « jusqu’à ce que tout se réalise, jusqu’à la fin du monde". C’est une insistance sur l’obéissance intégrale. Jésus insiste, Dieu condamnera le mépris des plus petits préceptes.

Mais Jésus propose une attitude nouvelle : la « justice » des disciples, leur fidélité à la volonté de Dieu exprimée dans la Loi, doivent surpasser l’interprétation des scribes,  et l’observance des  pharisiens.

Jésus affirme donc son autorité en des termes qui pourraient  sembler légalistes. Mais la suite du discours incitera au contraire à une relecture de la Loi dans sa profondeur.

L’enjeu du dépassement proposé est l’accès au « Royaume des cieux », une réalité déjà actuelle dans l’expérience de la communauté des disciples et qui s’épanouira pleinement lors du jugement final.


POUR PROLONGER, PRIONS

 

Seigneur, pour notre chemin vers Pâques, ne voudrais-tu pas alléger le poids de notre sac de pèlerin ?

Seigneur, aide moi à faire le tri dans les commandements de la Loi, trop nombreux, trop lourds, pour abolir ce qui serait ancien.

Seigneur, ne nous as-tu promis que ton joug serait léger, tu ne voudrais en rajouter maintenant !

Seigneur aurais-tu un secret pour amaigrir ce qui est devenu trop pesant, si l’on veut te suivre d’un coût léger.

Seigneur, ta réponse peut nous étonner. Tu ne veux pas abolir les commandements mais les accomplir, les mener jusqu’à l’extrême, sans excès, ni excroissance, la perfection, légèreté sans lourdeur.

 

 

Seigneur, tu as donné à nos ancêtres la Loi, tu nous donnes aujourd’hui un commandement nouveau qui la prolonge, l’accomplit, un commandement d’amour. Fais résonner en nous cette parole de perfection.

Seigneur, tu es la sagesse éternelle, tu nous     as révélé ta volonté. Ta parole est pour nous la source de vie éternelle. Aide nous à la comprendre, que nous trouvions par elle, le chemin, que nous marchions suivant ta vérité.

Seigneur, en ce temps de carême, donne nous un cœur nouveau, accorde nous de nous former à la vie avec le Christ, de nous alimenter de ta parole, d’y trouver le pourquoi et le comment de nos actions pour la justice et la vérité. .

Prière de saint Augustin sur le Psaume 147

 

Glorifie le Seigneur, Jérusalem! ..

Voyons quelle est la cité que chante notre psaume. Ecoutons et chantons. La joie que nous éprouvons à l'écouter est déjà un cantique en l'honneur de notre Dieu. Chanter n’est pas uniquement redire un psaume de la voix et des lèvres, mais il est un chant intérieur qu'un autre perçoit en nous. La voix chante pour nous stimuler, le cœur, afin de lui plaire. 

Ecoutons ce que nous avons chanté de la ville de Jérusalem, élevons-nous vers elle. L'Esprit saint nous la fait estimer, en répandant en nos cœurs l'amour de cette cité pour la désirer, pousser vers elle nos gémissements d'exilés, et nous hâter d'y parvenir. Aimons-là; l'aimer, c'est la rejoindre.

Aimons-la avec les mots sacrés, la parole du prophète et de l'Esprit de Dieu: «Jérusalem, loue le Seigneur!» En exil, les prophètes voient les troupeaux, ou plus exactement le troupeau unique de tous les citoyens rassemblés, venant de toutes parts pour former la cité sainte. Ils contemplent la joie de cette foule, vannée, engrangée, qui ne connaît plus ni crainte, ni épreuve, ni affliction.

Quelle sera ton occupation, ô Jérusalem ? Les peines et les gémissements auront passé. Labourer, semer, planter, naviguer, faire négoce ? Quelle sera ton occupation? Les œuvres de miséricorde ? Que feras-tu donc ?» Jérusalem, loue le Seigneur !» Voilà désormais ton occupation. Comme dit l’inscription : Fais-en ton profit ! je te répète : « Jérusalem, 1oue le Seigneur !»

 

PRIÈRE

Dans la Jérusalem de la paix, Seigneur, nous te louerons, nous tous rassemblés, nous ne serons plus qu'un seul, dans un seul Esprit, dans les éternités d'éternités.

 

Amen.

 

 

 

 

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