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3e DIMANCHE DE CAREME : LE BUISSON ARDENT

Publié le Dimanche 11 mars 2007

Enluminure de Constantinople : 8/9e siècle : Moïse au buisson ardent. Moïse est dans le désert, pasteur de son troupeau. Le buisson brûle et ne se consume pas, il s’étonne et s’approche. Il entend la voix de Dieu qui l’appelle du milieu du buisson. Il prend l’attitude de respect demandée par Dieu et retire ses chaussures posées à côté de lui. Et Dieu lui explique qui il est, celui qui est proche de son peuple dans ses difficultés et veut les sauver. Moïse reçoit de Dieu une mission : la main sort de la nuée et passe le « témoin » à Moïse pour l’envoyer en mission.



Le texte biblique

Moïse était contraint de s’exiler dans le désert pour échapper aux représailles de Pharaon. Sa marche le conduit à l’Horeb, « montagne de Dieu » et c’est là que se produit le signe du Buisson ardent, riche de tout le symbolisme du feu : lumineux, nécessaire à la vie, insaisissable, destructeur, mais ici il ne détruit pas. Là se produit l’extraordinaire rencontre avec Dieu. Elle se présente comme une succession de dialogues et de monologues de YHWH. Moïse y apparaît comme interlocuteur actif tout en laissant à YHWH la priorité absolue.
Dieu appelle Moïse, deux gestes de respect s’ensuivent, l’un demandé, celui de retirer ses sandales, l’autre spontané, celui de se voiler la face, ainsi Moïse se met en présence de Dieu. Puis commence la première déclaration du Seigneur : « j’ai vu, j’ai entendu, je connais, je suis descendu.. Moïse découvre la présence intense de Dieu au cœur de la détresse des hommes. Le regard de YHWH aboutit à l’action, et cette action suppose un intermédiaire humain, et donc un envoi en mission : « et maintenant va !». Au lieu de la dure servitude chez Pharaon, une terre riche et merveilleuse est promise au peuple.
Moïse élève deux objections : il n’est pas capable ; de plus il ne sait pas le nom de celui dont il doit être le messager. YHWH répond d’abord à la question du nom puis il annonce ce qui va se produire, malgré les obstacles, la mission réussira, Dieu fera tout, mais Moïse devra d’abord aller parler aux « anciens d’Israël », puis avec eux au Pharaon.
Cette question du nom essentielle. Dans le cadre de la tradition élohiste, à ceux qui employait jusqu’ici le nom commun de la divinité « Elohim », le Dieu d’Israël fait connaître son nom propre : YHWH (nom qui est ailleurs utilisé dans une autre tradition, ainsi Gn 4,26). Dieu affirme que ce nom n’est pas celui d’un nouveau Dieu, mais qu’il est bien le Dieu des « Pères », Abraham, Isaac et Jacob (Ex 2,24). De plus Dieu identifie ce nom avec « Je Suis », traduction difficile de l’hébreu « ehyeh asher ehyeh » : je suis celui qui suis, je suis celui qui est là avec vous, je serai qui je serai, je suis qui je serai. Chaque interprétation contient une part de vérité. Les dernières orientent vers une présence à l’histoire du peuple, présence à la fois active, libre, imprévisible. Cette formule a un sens positif, dans le contexte, ce nom doit accréditer auprès du peuple une mission de Moïse : « Je Suis » m’envoie vers vous, et le peuple viendra adorer « Il Est » (ou il fait être) sur la montagne sainte. De toute manière ce nom signifie que Dieu est présent parmi son peuple.
La tradition juive la plus ancienne a refusé par respect de prononcer le nom divin YHWH ; on doit le lire : « le Seigneur ». Ceci accentue encore la double manifestation de Dieu, à la fois comme le Tout Autre, le Saint, semblable à un feu purificateur inaccessible à l’homme, et comme le Très Proche, celui qui accompagne les hommes dans l’histoire.



Commentaires

Moïse gardait le troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiane. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à l'Horeb, la montagne de Dieu. L'ange du Seigneur lui apparut au milieu d'un feu qui sortait d'un buisson. Moïse regarda : le buisson brûlait sans se consumer » Moïse se dit alors : « Je vais faire un détour pour voir cette chose extraordinaire : pourquoi le buisson ne brûle-t-il pas ? » Le Seigneur vit qu'il avait fait un détour pour venir regarder, et Dieu l'appela du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse ! » Il dit : « Me voici ! » Dieu dit alors : « N'approche pas d'ici ! Retire tes sandales, car le lieu que foulent tes pieds est une terre sainte ! Je suis le Dieu de ton père, Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob. » Moïse se voila le visage car il craignait de porter son regard sur Dieu. Le Seigneur dit à Moïse : « J'ai vu, oui, j'ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j'ai entendu ses cris sous les coups des chefs de corvée. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter de cette terre vers une terre spacieuse et fertile, vers une terre ruisselant de lait et de miel, vers le pays de Canaan. La clameur des fils d'Israël est parvenue jusqu'à moi, et j'ai vu l'oppression que leur font subir les Égyptiens. Et maintenant, va ! Je t'envoie chez Pharaon : tu feras sortir d'Égypte mon peuple, les fils d'Israël. » Moïse dit à Dieu : « Qui suis-je pour aller trouver Pharaon, et pour faire sortir d'Égypte les fils d'Israël ? » Dieu lui répondit : « Je suis avec toi. Et voici à quel signe on reconnaîtra que c'est moi qui t'ai envoyé : quand tu auras fait sortir d'Égypte mon peuple, vous rendrez un culte à Dieu sur cette montagne. » Moïse répondit : « J'irai donc trouver les fils d'Israël, et je leur dirai : 'Le Dieu de vos pères m'a envoyé vers vous.' Ils vont me demander quel est son nom ; que leur répondrai-je ? » Dieu dit à Moïse : « Je suis celui qui suis. Tu parleras ainsi aux fils d'Israël :'Celui qui m'a envoyé vers vous, c'est : JE-SUIS.' » Dieu dit encore à Moïse : « Tu parleras ainsi aux fils d'Israël : 'Celui qui m'a envoyé vers vous, c'est YHWH, c'est LE SEIGNEUR, le Dieu de vos pères, Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob.' C'est là mon nom pour toujours, c'est le mémorial par lequel vous me célébrerez, d'âge en âge ».
Ex 3,1-15

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