En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Jésus porte pour les brebis

Publié le Lundi 4 mai 2009


 Bartolomé Esteban Murillo (1618-1682). Le bon berger. vers 1660.   Musée du Prado, Madrid.

 

 

 

Longtemps Murillo fut méconnu. Ce tableau fut une des premières peintures qui a rendu Murillo célèbre. Il date des années 1660, époque où  il fonde et préside   l'académie des beaux-arts de Séville ; c’est pour cette ville que Murillo réalise la plupart de ses œuvres religieuses.  

Sa peinture est adaptée au goût de la clientèle des couvents et du chapitre de la cathédrale, des aristocrates et des commerçants de ce 17e siècle espagnol.

On retrouve ici les caractéristique du peintre ; sa palette, dure et opaque au début, avec des restes de « ténébrisme », est désormais plus claire et plus lumineuse, d’un coloris riche qui ressort sur le fond vaporeux d’une atmosphère fluide.

 

L’enfant au centre du tableau apparaît tendre, gracieux et aimable. Il est assis auprès d’un mouton qui apparaît énorme, toute l’humanité est protégée par l’enfant berger ; sa main touche le mouton d’un geste amical. Le berger aime ses brebis. Le reste du troupeau est important et  disparaît dans le fond du tableau.

 

Il est assis sur des ruines et derrière lui, la ville antique est esquissée. Elle est détruite et envahie par les arbres. Mais lui est devant, bien présent, il apparaît comme celui par lequel il faut passer pour vivre pleinement une vie nouvelle. Pour connaître la liberté il faut passer par Jésus.

 

La composition du tableau est simple, Murillo est doué   d’un sens du rythme et de l’ordre, qui s’harmonisent avec la tendresse et l’idéalisme du modèle, exécuté cependant avec réalisme.



Le texte biblique

 Jésus parlait ainsi aux pharisiens: "Amen, amen, je vous le dis: celui qui entre dans la bergerie sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit.

Celui qui entre par la porte, c'est lui le pasteur, le berger des brebis.
Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir.
Quand il a conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent, car elles connaissent sa voix.

Jamais elles ne suivront un inconnu, elles s'enfuiront loin de lui, car elles ne reconnaissent pas la voix des inconnus. »
Jésus employa cette parabole en s'adressant aux pharisiens, mais ils ne comprirent pas ce qu'il voulait leur dire.
C'est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : je suis la porte des brebis.
Ceux qui sont intervenus avant moi sont tous des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés.
Moi, je suis la porte. Si quelqu'un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage.
Le voleur ne vient que pour voler, égorger et détruire. Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu'ils l'aient en abondance.


Jn 10,1-10



Commentaires

 Jésus utilise la forme de discours d’une parabole. Son enseignement est alors secret et énigmatique, et ainsi il  peut expliquer quelque chose d’important et de profond qui  bouleverse l’auditoire.

On peut lire la parabole comme un récit ordinaire, épisode de la vie quotidienne. Jésus oppose le vrai berger, celui qui entre par la porte, voie normale  au voleur qui entre par effraction. Dans la bergerie chaque berger devait se faire reconnaître par sa voix en appelant chaque brebis par son nom.

Le sens caché peut s’entrevoir, dans le contexte textuel, géographique et les mots à double sens.

L’image du troupeau est familière à l’homme biblique. Dieu est le berger qui conduit son peuple dans le désert (Ps 89,13 ; 95,7 ; 100,3)

 

Dans le chapitre précédent l’aveugle guéri pouvait apparaître comme une brebis expulsée troupeau d’Israël. La parabole d’aujourd’hui peut faire comprendre que les brebis qui ont reconnu la voix du berger sont toutes appelées et peuvent toujours être accueillies.

 

L’identité du pasteur n’est jamais explicite, cependant Jésus se place au premier plan.

Jésus affirme être le seul  passage par lequel on peut accéder aux brebis. Pour entrer dans  le troupeau, image du peuple de Dieu, Jésus est le passage obligé.

Hors de lui, il n’est pas d’accès à la vie.

La suite du texte pose la difficulté : « tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs  et des brigands », par son côté absolu et exclusif. Certains y ont vu le rejet de tout l’Ancien Testament, ou même les juifs ou les pharisiens qui rejettent la médiation de Jésus  et excluent ceux qui refusent  la médiation de Jésus.

Jésus vise ici tous ceux qui voulaient proposer une révélation en dehors de la personne de Jésus.

 

Jésus affirme que toutes les brebis doivent passer par lui. Elles obtiendront un double avantage, la liberté et la vie en plénitude.  Jésus se présente comme une source en surabondance de vie pour tous les hommes.

Jésus est la porte : en dehors de lui personne ne peut prétendre apporter le salut aux hommes. Jésus est la porte parce que par sa médiation les hommes accèdent au salut et à la vie.

 

Le symbole de la porte est explicitée par la temple où se passe la scène. Jésus se présente comme le nouveau temple en qui les hommes trouveront liberté et vie.

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