En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Joie pour tous

Publié le Vendredi 22 mai 2009


 Luca della Robbia 1400 – 1481, l’ascension du Christ, 1442-1445, terre cuite émaillée, Dome de Florence

Sculpteur et céramiste Luca della Robia réalisa ce panneau sculpté inséré dans une  lunette de la sacristie sud du Dome de Florence, en face duquel se trouve un panneau de la Résurrection. Ce sont les deux premières œuvres en terre émaillée connues de l’artiste.

Sculpteur, Luca della Robbia   avait cherché le moyen de conserver ses œuvres en terre cuite. Selon Vasari : « car considérant que la terre se travaille facilement et sans grande fatigue et qu'il ne manque que le moyen de conserver les œuvres une fois qu'elles étaient faites, il rêva tellement qu'il trouva le moyen de les défendre des injures du temps ; après avoir expérimenté beaucoup de choses, il trouva, en effet, qu'en les recouvrant d'un mélange fait d'étain, de terre d'antimoine et d'autres minéraux et mixtures cuits au feu dans un four spécial, on obtenait très bien cet effet et on rendait l'œuvre en terre presque éternelle ».

Représenter des  sujets tels que l’Ascension en bas relief présentait le danger d’obtenir une œuvre confuse ; voulant éviter cette difficulté Luca della Robbia est peut-être tombé dans le défaut contraire et les poses symétriques des personnages, bien qu’empreintes d’une grande noblesse, rendent la composition un peu froide.

On retrouve ici les grandes qualités de Luca Della Robbia : la sobriété claire des plans et des rythmes, la sérénité classique des visages, les draperies simples et la sensibilité à la lumière.

L’image est ainsi très équilibrée, des plantes, posées symétriquement, encadrent Jésus ; d’autres plantes sont déposées de part et d’autres des disciples sur le rocher d’où Jésus s’élève dans le ciel.

Jésus au centre majestueux bénissant les disciples qu’il laisse sur terre, son corps est fluide, déjà immatériel, il est de l’au delà.

Ses disciples sont à genoux en prière, tous dans la même pose, le regardant avec intensité, avec des expressions variées, notamment celle de la Vierge. Y a-t-il un sentiment de tristesse ?  N’ont-ils pas compris ? Ils ont déjà connu tant d’épreuves ayant suivi Jésus dans sa passion, et aussi l’évènement extraordinaire de la Résurrection. Jésus leur explique que tout cela va se transformer en eux en joie profonde, en bonheur, celui qu’il n’a cessé d’annoncer, le salut pour tous les hommes.



Le texte biblique

  A l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples: "Amen, amen, je vous le dis: vous allez pleurer et vous lamenter, tandis que le monde se réjouira. Vous serez dans la peine, mais votre peine se changera en joie.

 La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l'enfant est né, elle ne se souvient plus de son angoisse, dans la joie qu'elle éprouve du fait qu'un être humain est né dans le monde.
Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre coeur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l'enlèvera.
En ce jour-là, vous n'aurez plus à m'interroger.»

 

Jn 16,20-23a



Commentaires

 Dans les versets précédents notre texte,  l’annonce énigmatique de la disparition et de la réapparition de Jésus est appliquée sa Passion et à sa mort. Il s’agit de la joie éphémère pour le monde et de la peine pour les disciples, deux sentiments qui s’inverseront après la Résurrection. La parole de Jésus provoque un tel malentendu que les disciples discutent  entre eux pour se dire comment ils comprennent tout cela.

Et Jésus prend un ton très solennel pour donner sa propre explication.

 

Le texte contient l’image des douleurs de l’enfantement, dont les racines sont bibliques (Isaïe 26,17-18 ; 66,7-9 ; Michée 4,9-10 ; 5,2). L’image est aussi appliquée  aux derniers temps (Os 13,13 ; Is 26,17 ; Jr 6,24). Elle est bien connue dans le monde juif du temps de Jésus et elle est très présente dans la littérature apocalyptique. Les douleurs de l’enfantement  représentaient la période de difficultés, d’angoisse, de luttes où se débattrait le peuple de Dieu avant l’arrivée du Règne. L’Apocalypse de Jean utilise la même image de la femme parturiente donnant naissance à l’enfant messianique (Ap12,2). Après les douleurs, vient la joie quand naît l’enfant.

Les chrétiens ont appliqué cette image à la croix de Jésus, souffrances qui précèdent la joie de la résurrection, qui est un enfantement à la vie nouvelle, puis ils l’ont appliquée aux persécutions qu’ils ont eux-mêmes subies (Mt 24,8 ; Mc 13,8).

Dans l’évangile de Jean la communauté est comparée à la femme qui enfante, mais l’accent est mis sur la joie actuelle. Car dans la croix de Jésus l’enfantement a déjà eu lieu, même s’il se poursuit tous les jours. C’est le paradoxe du « temps chrétien ».

 

Jean souligne que cette douleur devient joie, joie qui naît du sens que prend l’épreuve dans laquelle le monde est vaincu, joie que nul ne peut ravir au croyant car elle n’est pas du monde : c’est la joie même de Jésus (cf Jn 15,11). Des mots ne peuvent la décrire, celui qui vit sait ce qu ‘elle est. 

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