En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Le sel de la terre

Publié le Mardi 9 juin 2009


 Missel franciscain, 1400-1445, Bibliothèque municipale de Lyon

 

Cette miniature d’un missel franciscain du XVe montre  Jésus debout au premier plan. Il enseigne ses disciples qui, assis près de lui l’écoutent avidement. Tout en dominant par sa stature le paysage et les autres personnages, Jésus adopte une attitude humble, il s’impose par son calme, la sagesse qui émane de lui. Une légère auréole faite de rayons dorées autour de sa tête, complète l’élégance et la délicatesse de la silhouette de Jésus.

Jésus  enseigne ses disciples assis près de lui, le regardant avidement. Il prononce le fameux « sermon sur la montagne » auquel l’Evangile de Matthieu donne tant d’importance.

 

La scène est située dans un paysage rocailleux, la « montagne » au-dessus du lac de Tibériade, est présentée dans le fond de la miniature.

Les couleurs sont douces, l’atmosphère est paisible.

Jésus est de face, il s’adresse à la foule présente, mais aussi à tous ceux qui dans le temps et l’espace l’écoutent. Il a le doigt levé, il prononce des paroles qui seront les consignes de vie pour les chrétiens de la communauté, et pour l’annonce du Royaume.

 

Le sermon sur la montagne appelle les hommes à être lumière, une lumière bien visible, située sur le haut de la montagne. La maison lumineuse là, bien visible, la lumière à l’intérieur brille, il se passe quelque chose là haut : elle accueille et on peut y partager la merveille de la Bonne Nouvelle.



Le texte biblique

   Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Vous êtes le sel de la terre. Si le sel se dénature, comment redeviendra-t-il du sel ? Il n’est plus bon à rien : on le jette dehors et les gens le piétinent.

  Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée.
  Et l'on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
 De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux.


Mt 5  13 16



Commentaires

 Ce passage  fait partie du sermon sur la montagne que Matthieu développe sur trois chapitres de son évangile.(Mt 5,2-7,27). La force de son contenu et l’art de sa composition en font un chef d’œuvre où Matthieu veut nous montrer Jésus proclamant avec puissance, en paroles et en actes, que le Règne de Dieu arrive. Matthieu a une véritable visée pastorale.

 

Notre texte se situe après le fameux passage des Béatitudes où Jésus proclame l’heureuse condition des disciples. Vivre selon les valeurs du Royaume entraîne une responsabilité présentée à travers deux images : le sel de la terre (la communauté court le risque  de s’affadir et de ne plus servir à rien), et la lumière tant sur la montagne que dans la maison.

 

Le sel de la terre : A l’époque le sel est de première importance dans la vie quotidienne : il donne la saveur et il conserve, il empêche la décomposition.. Ainsi « l’alliance de sel » (Lv 2,13) signifie la pérennité d’un pacte. Les disciples donnent la saveur au monde et en assurent la survie devant Dieu. mais s’ils n’assument plus cette fonction et perdent l’esprit des Béatitudes, ils ne valent plus rien et le rejet par Dieu les menace.

 

Vous êtes la lumière du monde. Ceci constitue un devoir, la lampe est faite pour être vue. Le boisseau n’est pas un éteignoir, mais dans les maisons de l’époque , le boisseau  est le lieu de rangement de la lampe lorsqu’elle ne sert pas.

 

Cette lumière est définie : ce que vous faites de bien, littéralement  « les bonnes œuvres ». Les juifs y comprenaient  non seulement une conduite conforme à la Loi mais aussi la pratique des « œuvres de miséricorde, signe d’une piété profonde. Il ne s’agit pas de montrer sa vertu mais de faire comprendre la conversion au Royaume annoncé qui anime les disciples. Matthieu s’adresse sans doute à des chrétiens qui par peur ou tiédeur, ne rendent pas à l’Evangile un témoignage suffisant. Cette lumière dans la ville rappelle la vocation de Jérusalem (Is 60), ville qui devait attirer le rassemblement des nations. Mais cela devait se faire grâce à la fidélité exemplaire d’Israël à la Loi, puisque le peuple élu était consacré comme « lumière des nations ».

Ainsi les hommes, c’est à dire les non croyants, rendront gloire au père, ils découvriront les valeurs du Royaume et y adhéreront.

 

Ces deux images, sel et lumière, montrent que la communauté doit exercer sa mission de l’intérieur, une mission rayonnante là où elle est, plutôt qu’une conquête géographique dont Matthieu se méfie (Mt 23,15).

 

Matthieu donne ici une belle définition de l ’Eglise. Non pas un bocal où tournent en rond ceux qui seront sauvés, mais une lumière sur la montagne, révélant un sens, balisant la route pour ceux qui sont dans les ténèbres (Is 60), une lumière qui renvoie à la source dont elle est irradiée, le Père céleste.

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