En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Bonne nouvelle pour les nations

Publié le Vendredi 19 juin 2009


 Raymond Spira, symbole de la Trinité, peinture murale, 1965, Cameroun, Yaounde, Nlongkak, chapelle saint Vicent Palloti

 

La Bonne Nouvelle s’adresse au monde entier.

Bien qu’elle s’amorce très tôt, dès la fin du 15e au Congo, la christianisation de l’Afrique ne commence vraiment que dans la seconde moitié du 19e, si ce n’est au 20e. Une inculturation  très particulière y a été réalisée dans l’art, sous la forme d’une interprétation chrétienne des motifs, des rythmes, des structures profondes, des « dialectiques » (vie, mort, bien/mal, lumières/ténèbres, etc.) de l’art africain..

Cette représentation symbolique de la Trinité en est un exemple.

 

Le Père est symbolisé par une figure anthropomorphe coiffée d’un chapeau de chef traditionnel. Son vêtement luxueux et bien décoré lui donne majesté et prestige. Il tient dans sa main gauche un globe symbolisant le monde, il est « Dieu créateur de toutes choses ». Ses yeux  ouverts suggèrent ce regard de Père serein, simple et bienveillant à l’égard de ses créatures.

A coté de lui se trouve le Fils, portant sa croix. La main droite ouverte du Christ fait signe à l’humanité de venir puiser aux sources de la vie, son amour vient nous habiter.

L’Esprit est symbolisé sous les traits d’une colombe.

Les trois couleurs dominantes, le rouge, le blanc et le noir sont aussi symboliques. Le blanc est la couleur des morts, il dit l’éloignement. Le noir est la couleur de la nuit, de l’épreuve, du mystère. Et le rouge est la couleur du sang et de la vie, de la fête et de la joie.

La vie l’emporte sur la morte, l’amour sur la haine.

La Bonne Nouvelle est donnée à tous.



Le texte biblique

  

  Frères, moi qui suis le dernier de tous les fidèles, j’ai reçu la grâce d’annoncer aux nations païennes la richesse insondable du Christ, 
 et de mettre en lumière le contenu du mystère tenu caché depuis toujours en Dieu, 1e créateur de toutes choses ;
  ainsi, désormais, les forces invisibles elles-mêmes connaîtront, grâce à l'Église, les multiples aspects de la Sagesse de Dieu.
  C'est le projet éternel que Dieu a réalisé dans le Christ Jésus notre Seigneur.

  Et c'est notre foi au Christ qui nous donne l'audace d'accéder auprès de Dieu en toute confiance.


  C'est pourquoi je tombe à genoux devant le Père,
  qui est la source de toute paternité au ciel et sur la terre.


Que le Christ habite en vos coeurs par la foi ; restez enracinés dans l'amour, établis dans l'amour.

  Ainsi vous serez capables de comprendre avec tous les fidèles quelle est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur...
  Vous connaîtrez l'amour du Christ qui surpasse tout ce qu'on peut connaître. Alors vous serez comblés jusqu'à entrer dans la plénitude de Dieu.

 

Ep 3,8-12.14-19



Commentaires

 La lettre aux Ephésiens débute par une solennelle bénédiction, qui donne le ton à toute l’épître où abondent méditations et formules de prières.

Le chapitre 3 dont fait partie notre texte, se caractérise par son ton personnel, le message de la lettre se réclame du témoignage de l’Apôtres des Païens : Paul, le prisonnier du Christ, est l’Apôtre chargé de mettre en lumière toute l’étendue du plan du salut qui regroupe en un seul corps juifs et païens convertis. Il veut  révéler l’amour sans limites du Christ.

Le texte est centré sur la révélation du mystère « tenu caché en Dieu » ; le terme « mystère » évoque un processus de révélation à l’oeuvre dans les religions de salut ; Paul l’a appliqué à la révélation ultime du projet de salut de Dieu en Jésus-Christ. Le contenu du mystère est exprimé deux versets avant notre texte : désormais, les nations (les païens) sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse qu’Israël. Les païens (Ep 2,14-17) sont admis à l’héritage d’Israël et donc bénéficient  de la même promesse faite par Dieu au peuple élu. Car le projet de Dieu est de réunir tous les hommes dans l’unique corps dont le Christ est la tête : l’Eglise (Ep, 2, 11-22). Dieu ne convoque pas un nouvel Israël. Dans le Christ il rassemble toute l’humanité en un seul corps, « un seul homme nouveau ». L’Eglise, corps du Christ composé de chrétiens issus du judaïsme et des nations, sans que cette union provoque une fusion ou un amalgame, forme déjà les prémices et le modèle de cette humanité réconciliée que le Christ entraîne vers Dieu.

 

Cette nouvelle doit être diffusée de la manière la plus universelle possible grâce à Paul, aux apôtres et à tous ceux qui sont chargés d’être des témoins afin d’introduire la totalité de  l’humanité dans la foi.. Et même les puissances invisibles, dont on sait qu’elles sont soumises au Christ (Ep 1,21), ne sont pas laissées dans l’ignorance. Toute la création découvre dans le déploiement de ce mystère ce qu’est l’Eglise parce que celle-ci est l’épiphanie du Christ dans le monde, sans que jamais pourtant elle prenne sa place.

 

Ainsi Paul tombe à genoux devant le Père et exprime sa prière et sa louange, ayant constaté la croissance de l’Eglise et l’ampleur insondable du mystère.. Sa prière concerne tout homme appelé à devenir « fils » de Dieu ; elle vise surtout les croyants, pour qu’ils progressent toujours plus dans la connaissance et la reconnaissance du mystère d’amour qu’est la paternité divine. Les chrétiens doivent laisser le Christ  établir  sa demeure en leurs cœurs, et grandir en eux, pour rececoir la force de comprendre et de connaître l’amour  du Père.

L’homme intérieur c’est le cœur de l’homme régénéré par le baptême,  saisi par la puissance de la Résurrection, habité par le Christ, façonné par l’Esprit pour être introduit auprès du Père, et le connaître.

 

Cette connaissance n’est pas de l’ordre de l’initiation, mais puisqu’elle a sa source en Dieu, origine de tout, elle est destinée à tous.  Elle n’est pas d’ordre théorique mais elle concerne la vie. Elle permet de connaître l’immensité  d’un amour qui déborde ce que l’intelligence humaine peut mesurer. Paul fait comprendre aux chrétiens que l’amour du Christ ne peut être mesuré ou quantifier. Par le Christ l’humanité est introduite dans le mystère de Dieu qui est hors de toute mesure, puisque c’est lui qui est seul capable de mesurer toutes choses.

 

La prière de Paul  est une confession de foi qui révèle jusqu’à quelle profondeur de vie et à quelle qualité d’être, l’humanité est invitée à se laisser conduire.

 

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