En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

22 juillet, Sainte Marie-Madeleine

Publié le Mercredi 22 juillet 2009


 

Sacramentaire, les trois Marie, Monastère de Seeon, Bavière, 1020-1050
Le monastère bénédictin de Seeon est situé en Bavière. Il a été fondé en 994. Il se situe sur l’île de Klostersee. Les bénédictins ont développé un important scriptorium pour la de production de manuscrits : ils réalisaient non seulement les manuscrits pour leurs propres besoins, mais aussi pour les besoins d’autres monastères et églises. Le monastère a reçu la commande importante de l’empereur Henri II d’une partie des livres pour le diocèse de Bamberg qu’il avait fondé.
 
 Ici sont représentées les trois Marie venues retrouver et parfumer le corps de Jésus mis au tombeau à la hâte. Elles ont apporté des parfums qu’elles portent chacune dans leur main. La première a même deux vases de parfum qu’elle veut déposer dans le tombeau. Toutes les trois, en groupe bien serré, humbles, sont fascinées par le vide du tombeau, leurs yeux ne regardent que cela. Seul un linge posé à l’extérieur est visible. L’ange, grand, imposant avec ses grandes ailes a repris la croix de Jésus qu’il tient d’une main et montre le tombeau vide aux femmes. Il est comme assis, ou plutôt posé de manière bien peu réaliste sur le couvercle ouvert du tombeau.
La scène se passe sous un édicule aux arcs ceintrés. Sur le toit les soldats se reposent et leur vigilance ne semble pas très assidue, ils se protègent de leur bouclier, ne sourient-ils pas appuyant leur tête sur leurs mains ?
 
Marie Madeleine, même après la mise au tombeau de celui qu’elle aime, ne pouvait s’arracher : « avec Marie femme de Cloephas, elle restait près du tombeau » (Mt 27,61) , d’un amour sans défaillance. Puis elle vient à la recherche de son Seigneur et c’est à elle que le Seigneur apparaîtra, les retrouvailles se sont réalisées, elle le contemplera dans sa gloire et ce pour toujours.
 



Le texte biblique

 

 
Toute la nuit j'ai cherché celui que mon coeur aime.
Étendue sur mon lit,
je l'ai cherché, je ne l'ai pas trouvé !
Il faut que je me lève, que je parcoure la ville,
ses rues et ses carrefours.
Je veux chercher celui que mon coeur aime...
Je l'ai cherché, je ne l'ai pas trouvé !
J'ai rencontré les gardes
qui parcourent la ville :
« Avez-vous vu celui que mon coeur aime ? »
A peine les avais-je dépassés,
j'ai trouvé celui que mon coeur aime.
Je l'ai saisi, je ne le lâcherai pas.
 
(Cantique des Cantiques 3, 1-4)



Commentaires

 

Le livre du Cantiques des cantiques est inséré dans les bibles juives dans les Livres de Sagesse. Ce livre est apparemment l’un des textes de la bible les plus immédiatement accessibles. C’est d’abord un chant merveilleux d’amour humain. Nous sommes prêts à le faire nôtre, à appliquer un sens universel à cette parole d’amour échangée entre le Bien- Aimé et la Bien-Aimée. Cependant il ne s’agit pas d’enregistrer l’expérience humaine mais d’éclairer ce que Dieu en dit, de découvrir la révélation qui est apportée sur cette réalité centrale de l’expérience humaine qui constitue le vis-à-vis de l’homme et de la femme. N’avons-nous pas à nous élever vers des perspectives plus vastes, à l’échelle de l’histoire du salut.
 
Notre texte relate la recherche anxieuse du Bien-Aimé. Il a disparu et la Bien Aimée se retrouve seule, d’une solitude inquiète qui succède à la rencontre.
Ce chant est tout entier dominé par le motif du « chercher – trouver ».
 
La Bien Aimée part à la quête de celui qui s’est mystérieusement dérobé. Ce passage décrit sa recherche non plus dans les campagnes comme auparavant, mais dans la ville, les places, les rues. Elle rencontre les gardes, mais ils appartiennent à une société bien éloignée des soucis de la Bien –Aimée ; pourtant ce sont eux ses seuls interlocuteurs. « Avez-vous vu celui que mon coeur aime ? » ils ne peuvent donner de réponse, elle continue sa quête sans relâche.
 
Puis de manière inattendue, comme cela s’était passé pour sa disparition, le Bien-Aimé est retrouvé : la joie jaillit, et la passion de la Bien-Aimée s’exprime, de façon très exclusive : « je l’ai saisi, je ne le lâcherai pas » ; les retrouvailles s’opèrent et se veulent définitifs.
Marie-Madeleine, elle, devra apprendre à laisser aller Celui qu’elle cherche et qu’elle aime, et qui lui sera rendu autrement, dans la multitude des frères à aimer : « Ne me retiens pas... Va dire à mes frères »....
 
 
 

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