En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Nativité de la Vierge

Publié le Mardi 8 septembre 2009


 Arbre de Jessé, psautier d’Ingeburge, 1200 env, Musée Condé, Chantilly 

Ce psautier  en parchemin, contient 197 feuillets, dont 51 miniatures.

Ingeburge de Danemark (1175-1236) était la deuxième femme de Philippe Auguste, mal traitée par le roi, et recluse dans  différents monastères ou même  prisons, y menant une pieuse et  sainte vie. Philippe Auguste finit par la reprendre auprès de lui. Elle survécut au roi et se retira au prieuré de saint Jean en l’Ile près de Corbeil. Devenue une reine douairière fort discrète, elle traversa le règne de Louis VIII et de Blanche de Castille, s'éteignant le 27 juillet 1236, dix ans après l'arrivée au trône de Saint-Louis.

Le Psautier d'Ingeburge est probablement l'un des plus beaux exemples de la transition du style roman vers le style gothique : assouplissement des formes, insistance sur l’expressivité de la figure humaine, dominance du "bleu-rouge-or".

La page ici reproduite représente l’arbre de Jessé, dont l’origine iconographique remonte au livre d’Isaïe (Is 11,1) : « Puis un rameau sortira du tronc d’Isaïe, et un rejeton naîtra de ses racines ». Cela signifie que le patriarche Jessé donnera naissance à une tige et à une fleur, prophétie interprétée comme l'annonce de la venue du Christ par la Vierge.

Les artistes combinent cette phrase avec la généalogie de Jésus Christ telle qu'elle apparaît dans l'évangile selon Matthieu (I, 1), lu aujourd’hu ,: Généalogie de Jésus Christ, fils de David, fils d'Abraham ou selon Luc (3, 23-38), généalogies dont il existait d'innombrables gloses.

Alors que  la généalogie évangélique  désigne Joseph comme descendant de David,   les évangiles apocryphes ont rajouté l’idée que Marie descendait elle aussi de David et donc de Jessé.

Jessé est d'abord représenté couché ou à demi couché, dans  l'art gothique  il apparaît plus souvent dans un lit. De son flanc sort un arbre dont les branches portent les ancêtres supposés de Jésus, notamment David reconnaissable à sa harpe (puisqu’il est considéré comme l’auteur des psaumes), jusqu'à Marie et enfin Jésus.

 

 S'y ajoutent les textes et des personnages de  l'Ancien Testament , notamment les prophètes dont les exégètes du Moyen Âge pensent qu'ils ont annoncé la venue du Christ .

Au sommet se trouvent Marie puis  Jésus. Autour de Jésus 7 colombes représentent les 7 dons du Saint Esprit

Ce manuscrit qui occupe une page entière du psautier est particulier puisqu’il ajoute un personnage non habituel, la prothétesse grecque, la Sybille de Cumes. 

 

Le dessein de l’humanité selon Dieu était prévu depuis toujours en Marie qui occupe une place privilégiée dans la gloire de Dieu promise à tous.



Le texte biblique

   Frères, nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu’ils sont appelés selon le dessein de son amour.

Ceux qu'il connaissait par avance, il les a aussi destinés à être l'image de son Fils, pour faire de ce Fils l'aîné d'une multitude de frères.

Ceux qu'il destinait à cette ressemblance, il les a aussi appelés ; ceux qu'il a appelés, il en a fait des justes ; et ceux qu'il a justifiés, il leur a donné sa gloire.

 

Rm 8, 28-30



Commentaires

 L’ensemble de ce passage du chapitre 8 de l’épître aux Romains célèbre la glorification du chrétien à laquelle la création est associée. Il est placé sous le signe de la gloire, conçue d’abord comme un bien espéré, puis considérée comme un don déjà accordée aux chrétiens : « ceux qu’il a justifiés,  il leur a donné la gloire ».

 

Ici les chrétiens sont présentés comme les détenteurs d’un savoir sur le dessein de Dieu, d’où la confiance qui en résulte : « nous le savons ». Mais ce dessein concerne tous les hommes, pas seulement des fils de Dieu ou les enfants de Dieu comme Paul le disait quelques versets plus haut ; il s’agit de tous ceux qui aiment Dieu : une ouverture est opérée en direction de toute l’humanité.

 

Le dessein de Dieu se déploie par étapes successives qui se tuilent : d’abord Dieu connaît à l’avance et choisit dans une souveraine décision d’élection, puis vient la réalisation de ce projet dans l’appel, la justification et la glorification. Dieu agit ainsi.

 

Il n’est pas question seulement d’espérance eschatologique ou de vie dans l’esprit, Il s’agit de réalité présente, car Paul ici parle du point de vue de Dieu, si bien que la glorification lui apparaît comme déjà donnée..

Le temps chrétien est une vie dans l’esprit, si pleine d’espérance impatiente pour la création entière, qu’elle peut se dérouler dans la certitude du don définitif de Dieu, comme un salut déjà entièrement réalisé. Les derniers jours sont déjà là. 

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