En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

saint matthieu

Publié le Lundi 21 septembre 2009


 TERBRUGGHEN, Hendrick (1588-1629), L’appel de saint Matthieu, vers 1616, Musée de Budapest, 

 

 Venu des Pays Bas à Rome,  Terbrugghen entre en contact avec l’œuvre du  Caravage qui exerce une forte influence sur les artistes de sa génération notamment par la hardiesse avec la quelle il traite ses tableaux, son maniement du clair obscur, le réalisme social de ses sujets, parfois même provocants et vulgaires. Terbrugghen utilise peut-être une palette plus fraîche (empruntée à Orazio Gentileschi), ce qui rend ses tableaux moins dramatiques.

 Au centre, Matthieu tout occupé à ses affaires, apparaît comme un homme important, son corps est amplement représenté, couvert de riches vêtements à la mode, et la cape au coloris orangé subtil ajoute au caractère du personnage. Il se retourne surpris de l’appel qu’il entend de Jésus derrière lui. Jésus est représenté debout, en action, sur un fond clair qui met en valeur son geste extraordinaire. Sa tête subtilement auréolée, lance son bras vers Matthieu, ce qui rend son appel irrésistible. Son regard est bon, esquisse-t-il un sourire ? Jésus appelle, il s’adresse à chacun sans a priori, selon son propre charisme.

A l’arrière plan un grand rideau rouge rappelle les mises en scène du Caravage. 



Le texte biblique

   Frères, moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous encourage à suivre fidèlement l’appel que vous avez reçu de Dieu :

 ayez beaucoup d'humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ;
 ayez à coeur de garder l'unité dans l'Esprit par le lien de la paix.
  Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il n'y a qu'un seul Corps et un seul Esprit.
  Il n'y a qu'un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême,
  un seul Dieu et Père de tous, qui règne au-dessus de tous, par tous, et en tous.
 Chacun d'entre nous a reçu le don de la grâce comme le Christ nous l'a partagée.
 C'est pourquoi l'Écriture dit :
Il est monté sur la hauteur, emmenant des prisonniers,
il a fait des dons aux hommes.
 Que veut dire : Il est monté ? — Cela veut dire qu'il était d'abord descendu jusqu'en bas sur la terre.
 Et celui qui était descendu est le même qui est monté au plus haut des cieux pour combler tout l'univers.
 Et les dons qu'il a faits aux hommes, ce sont d'abord les apôtres, puis les prophètes et les missionnaires de l'Évangile, et aussi les pasteurs et ceux qui enseignent.
 De cette manière, le peuple saint est organisé pour que les tâches du ministère soient accomplies, et que se construise le corps du Christ.
  Au terme, nous parviendrons tous ensemble à l'unité dans la foi et la vraie connaissance du Fils de Dieu, à l'état de l'Homme parfait, à la plénitude de la stature du Christ.

(Ep 4, 1-13)



Commentaires

 Dans la lettre aux Ephésiens Paul lance une fois de plus ses exhortations  à ses disciples d’Ephèse, il les encourage « à  suivre fidèlement l’appel qu’ils ont reçu de Dieu » :

cet appel est immédiatement relié à sa finalité : la construction de l’Eglise une, corps vivifié par le Christ Tête, la construction de l’Homme nouveau, corps de la création nouvelle.

Paul appelle à l’unité, unité de corps et d’esprit, unité du Corps du Christ appelé à remplir tout l’univers si bien que  le corps ecclésial est aussi un corps cosmique ; unité reçue de Dieu, « un seul Dieu et Père de tous, qui règne au-dessus de tous, par tous, et en tous ».

En effet l’unité vient de l’Esprit, « pneuma » divin, souffle créateur et puissance salvatrice de Dieu, qui pénètre tout le cosmos pour en assurer la cohésion ; il est l’unique source d’espérance.

 

La foi confesse l’action souveraine de Dieu qui a ressuscité le Seigneur Jésus d’entre les morts (Rm 10,9) et elle s’exprime dans le baptême qui incorpore le croyant dans le Corps de l’unique Seigneur. Cet unique baptême est la condition de l’unité entre tous les fidèles du Christ. Paul insiste sur l’importance de l’unité qui doit régner entre les baptisés. Cette unité ce n’est pas l’œuvre de l’homme, mais celle de l’Esprit. C’est lui qui, en nous communiquant son souffle de vie et d’amour, nous rassemble et nous unit. En en effet, notre communion à la vie divine, nous ne la vivons pas séparément, chacun pour soi, mais tous ensemble et les uns pour les autres, et ceci sans uniformité ni rigidité.

 

 Chacun de nous a reçu sa part de la faveur divine (les dons) , ainsi malgré cette affirmation de l’unité, Paul reconnaît la diversité des charismes, (comme en 1 Co 12), il y a multiplicité des services dans l’Eglise.

Les divers responsables, ce sont des hommes que le Christ donne pour l’édification de l’Eglise. Paul écrit ici un des textes les plus expressifs du Nouveau Testament sur le caractère personnel et varié du ministère. Paul énumère les apôtres, les prophètes et les docteurs de la loi, auxquels il ajoute les évangélistes, les pasteurs. Apôtres et prophètes appartiennent à la première génération de l’Eglise, alors que maintenant sont à l’œuvre les évangélistes, les missionnaires, les pasteurs dont la mission est d’assurer la direction des communautés locales.

Ils sont au service du corps et de sa croissance, à laquelle tous contribuent.

Pour Paul l’Eglise n’est pas une réalité abstraite et impersonnelle, il la voit vivante dans tous ses membres.

 

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