En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Fête de la Toussaint

Publié le Dimanche 1er novembre 2009


Van Eyck. ( 1390  1441) , retable de l'Agneau mystique 1432, cathédrale saint Bavon, Gand
 
 
Ce polyptyque a été commencé par Hubert Van Eyck et terminé par Jan Van Eyck après la mort de son frère en 1426. Cette œuvre marque la naissance de la révolution artistique flamande
 Ce tableau est constitué de dix panneaux de bois de chêne et possède un programme iconographique complexe, s’appuyant pour une grande part sur le texte de l’Apocalypse, mais aussi la légende des saints, et le Bréviaire Romain, ou même la littérature religieuse de l’époque.
 Ici le triptyque est représenté ouvert, il représente la communion des saints, qui sont "le nouveau ciel et la nouvelle terre". Ainsi le panneau central de la rangée inférieure représente les saints symbolisant les huit Béatitudes réunies autour de l'autel où le sacrifice de l'Agneau a lieu, au centre du jardin céleste qu'il imprègne de Son sang.
 
Au premier plan deux cortèges se sont face. L’un est composé des patriarches de l’Ancien Testament et des prophètes, de l’autre coté des personnages du Nouveau Testament. Derrière eux sont représentés les hauts personnages de la hiérarchie de l’Eglise, portant des bijoux somptueux et des vêtements évoquant le rouge vif des martyrs. A l’arrière plan d’autres groupes de personnages : des Confesseurs de la Foi, des Martyrs offrant des palmes et couronnées de fleurs.
Au milieu du panneau, autour de l'autel, des anges à genoux recueillent le sang de l'Agneau en tenant les emblèmes de sa Passion.
La grâce est symbolisée par une colombe de lumière planant dans le ciel et la vie éternelle est représentée par la fontaine au premier plan.
 
Un paysage paradisiaque court à travers tous les cinq panneaux inférieurs, il est couvert de plantes de pays différents et de fleurs de saisons différentes. Le panneau central est vibrant de couleur verte, tandis que ceux des côtés sont plus arides et rocheux. La ligne d'horizon, assez haute est fermée par des bosquets d'arbres, derrière lesquels apparaissent des bâtiments merveilleux pouvant représenter la Jérusalem céleste.
 La communauté de saints s'étend aussi sur les panneaux de côté. Les cavaliers superbement alignés représentent les soldats de Christ. Ils sont suivis par les Juges. De l’autre côté, ce sont les saints ermites qui ont renoncé au monde et les saints pèlerins, qui étaient les figures favorites pendant le Moyen âge. Ils sont menés par un homme géant, saint Christophe.
 
A la partie supérieure, le Christ Dieu tout puissant est entouré de la déisis, Marie et St Jean-Baptiste. Ces figures centrales sont entourées par les anges qui chantent ou jouent des instruments. Aux extrémités droite et gauche de la composition sont Adam et Eve représentés dans des niches en trompe-l’œil. La lumière et l'ombre jouent délicatement sur leurs formes qui se détachent comme s'ils avaient été sculptés dans la niche. Le réalisme de ces figures d'Adam et Eve est frappante.
 Toute l’humanité est ainsi évoquée, appelée à faire partie de la communion des saints.



Le texte biblique

01 Quand Jésus vit la foule, il gravit la montagne. Il s'assit, et ses disciples s'approchèrent.
02 Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait :
03 « Heureux les pauvres de coeur :le Royaume des cieux est à eux !
04 Heureux les doux : ils obtiendront la terre promise !
05 Heureux ceux qui pleurent :ils seront consolés !
06 Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice :ils seront rassasiés !
07 Heureux les miséricordieux :ils obtiendront miséricorde !
08 Heureux les coeurs purs : ils verront Dieu
09 Heureux les artisans de paix :ils seront appelés fils de Dieu !
10 Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice :le Royaume des cieux est à eux !
11 Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
12 Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux !
 
Matthieu 5,1-12a
 



Commentaires

Par sa place dans l’évangile de Matthieu et par sa longueur (trois chapitres Mr 5,2- 7,27), le discours sur la montagne est le premier des cinq discours que Matthieu attribue à Jésus. Dans les chapitres précédents, Jésus avait inauguré le règne de Dieu par des guérisons et l’enseignement dans les synagogues, et déjà des disciples l’avaient suivi.
Le sermon sur la montagne s’adresse à ceux qui suivent déjà Jésus et adhèrent au Royaume qu’il proclame.
Il s’agit d’une charte du vivre ensemble des disciples du Royaume. Ce n’est pas un code exhaustif, il n’offre pas un tableau complet de la vie chrétienne mais des orientations fondamentales pour une communauté qui fait du Christ le seul interprète de la Loi et le seul modèle du comportement humain.
 
Les béatitudes que nous lisons aujourd’hui, constituent l’introduction de ce sermon.
Dans la Bible le mot « heureux » implique à la fois une félicité pour celui qui marche déjà sur la bonne voie et un programme qui, au terme, se verra récompensé par la vie même et la joie de Dieu.
 
Le premier groupe de béatitudes souligne une attitude de confiance totale en Dieu et le deuxième groupe oriente un comportement. Enfin celle qui concerne la persécution est commentée par une neuvième béatitude qui passe de la 3e personne (ceux qui) à la deuxième personne (vous), en un rebondissement significatif : se conformer aux béatitudes apporte un réel bonheur malgré les rudes oppositions que l’on peut rencontrer, car le message implique une attitude prophétique, une remise en cause des valeurs ordinaires de ce monde.
 Pour le judaïsme ancien les « pauvres par l’esprit » sont les doux, ils refusent l’agressivité orgueilleuse tant vis à vis de Dieu que vis à vis de leurs frères. A eux est offert le royaume appelé symboliquement la terre promise. La pauvreté en esprit, la douceur, l’affliction sont des attitudes de vie fondamentales, qui accueillent la vie comme un don de Dieu, dans un renoncement à la maîtrise et une ouverture aux autres qui parlent déjà de la paix et de la joie du Royaume. Là commence aussi la consolation des affligés, comme l’annonçait les prophètes et comme Jésus l’a mis en oeuvre (Is 61,2). Les trois premières béatitudes constatent le bonheur paradoxal de petits, des simples et des pauvres, parce qu’ils mettent leur confiance non en eux-mêmes mais en Dieu.
De même, selon l’idée juive de « justice », sont heureux ceux qui ont faim de voir triompher les droits de Dieu en eux et autour de Dieu.
 
Les béatitudes suivantes répondent à un choix de comportement conforme à la volonté de Dieu : ce sont les choix que Jésus lui-même a faits.
Dieu pardonnera à qui fait miséricorde, celle qui implique des gestes que le judaïsme appelle « œuvres de miséricorde » et sur lesquels le Christ jugera l’humanité (Mt 25,3-46).
L’Ecriture loue « l’innocent de mains et le pur de cœur » (Ps 24,3-6) ; les cœurs purs des Béatitudes visent la droiture, la cohérence entre l’agir et les intentions, donc heureux celui qui refuse toute duplicité : il aura avec Dieu une intimité merveilleuse.
Les faiseurs de paix auront le titre de fils de Dieu, auteur de toute paix. (Ps 85, 9-14).
 
Ainsi est indiquée la mission des disciples et de tous chrétiens, ils sont prophètes, vivant une identité avec Jésus, celui qui, seul, a vécu parfaitement toutes les béatitudes.
 

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