En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Va ta foi t’a sauvé

Publié le Lundi 16 novembre 2009


  Lukas van Leyden ( 1494-1533) , Christ guérissant l’aveugle, Musée de l’Hermitage, Saint Petersbourg.

La peinture fut sans doute réalisée pour l’hôpital de Leiden (Pays Bas). C’était à l’origine un triptyque qui a été assemblé au début du 17e.

Lucas van Leyden, aussi appelé Lucas Hugensz ou Lucas Jacobsz, fut parmi les premiers peintres de genre hollandais et il est considéré comme un des meilleurs graveurs de l'histoire de l'art (Vasari l’estime au-dessus de Durer !).

À 12 ans, il peignit à la détrempe  l'Histoire de Saint Hubert. À 18 ans, il était considéré comme le premier peintre de l'école flamande et comme le plus habile graveur de son temps. Il est considéré comme le pionnier de la peinture de genre hollandaise (notamment avec son œuvre les joueurs d’échecs). Son triptyque sur le Jugement dernier (1526) montre combien il excelle en peinture religieuse.

 La scène de la guérison de l’aveugle est située aux abords d’une grande ville esquissée dans le fond, au milieu des arbres. Une grande foule vient à la rencontre de Jésus et de ses disciples. Cette foule des disciples est bigarrée, les vêtements sont simples. La foule des gens qui viennent à la rencontre de Jésus est plus typée, des chapeaux divers indiquent  des gens de la ville.  Beaucoup de discussions entre les personnages, la scène doit être bruyante.

Un groupe se détache au centre, l’enfant de dos, Jésus à gauche, l’aveugle à droite, Jésus lui-même semble se pencher vers l’aveugle qui concentre tous les regards. L’aveugle a dû traverser la foule, guidé par  l’enfant qui l’a mené à Jésus. Ce dernier est au centre du tableau, bien détaché de la foule, il est le maître, c’est lui qui a demandé à l’aveugle de s’approcher. L’aveugle montre ses yeux qui ne voient plus. Jésus se penche vers lui, avec bienveillance, lève la main, en signe de bénédiction. Le petit enfant couché au premier plan nous prend à témoin de la scène, lui aussi désigne l’aveugle.

Lukas van Leyden montre ici sa capacité à montrer une scène vivante, ses coloris sont appropriés à chaque sujet et son pinceau est fluide.



Le texte biblique

  Comme Jésus approchait de Jéricho, un aveugle qui mendiait était assis au bord de la route.

  Entendant une foule arriver, il demanda ce qu'il y avait.

 On lui apprit que c'était Jésus le Nazaréen qui passait.

 Il s'écria : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! »

 Ceux qui marchaient en tête l'interpellaient pour le faire taire. Mais lui criait de plus belle : « Fils de David, aie pitié de moi ! »

 Jésus s'arrêta et ordonna qu'on le lui amène. Quand il se fut approché, Jésus lui demanda :

 « Que veux-tu que je fasse pour toi ? - Seigneur, que je voie ! »

  Et Jésus lui dit : « Vois. Ta foi t'a sauvé. »

 A l'instant même, l'homme se mit à voir, et il suivait Jésus en rendant gloire à Dieu. Et tout le peuple, voyant cela, adressa ses louanges à Dieu.

 

Lc 18,35-43



Commentaires

 Sur sa route vers Jérusalem, où il vivra sa passion, Jésus s’approche de Jericho, c’est l’ultime étape de son voyage. Luc rapporte deux récits, la guérison de l’aveugle et la conversion de Zachée, qui ont des points communs : l’obstacle que constitue la foule et qu’il faut surmonter pour que se produise une rencontre.

Jésus accomplit ce dernier miracle au profit d’un aveugle qui fatalement est aussi un mendiant.

Cet aveugle a du mal à s’approcher de Jésus. En fait il ne fait qu’entendre la foule marcher ; mais sa foi  lui fait percevoir l'identité messianique de Jésus.

La foule joue d’abord un rôle positif d’intermédiaire en l’informant du passage de Jésus le Nazaréen. Mais ensuite ceux qui sont en tête de la foule le menacent pour lui imposer le silence. (de la même manière que les disciples « menaçaient » ceux qui apportaient des nourrisson (18,15).

L’aveugle continue quand même, il crie et encore crie de plus belle ; il y a en lui une force intérieure qui lui fait dépasser les obstacles. Et il s’adresse au « fils de David » ; l’expression est messianique, elle exprime avec quelle confiance il attend  que Jésus renouvelle pour lui la guérison qu’il a déjà offerte à d’autres ( 7,21, 4,18).

Il crie , certes, mais il ne peut approcher Jésus que si celui-ci en donne l’ordre.

La seconde partie du récit commence par un dialogue : c’est encore Jésus qui prend l’initiative : « que veux-tu ? ». La confiance de l'aveugle est spectaculaire. Il utilise la manière respectueuse de s'adresser aux docteurs de la Loi : deux personnes, infiniment distantes en dignité, s'accueillent en vérité.

L’aveugle parle directement à Jésus qu’il nomme Seigneur : sa requête est de recouvrer la vue. Et Jésus répond tout aussi directement : « vois », puis il explique : « ta foi t’a sauvé ». Jésus a perçu la confiance que lui fait l’aveugle. Cette formule avait déjà été utilisée à plusieurs reprises (pécheresse, femme perdant son sang, lépreux samaritain). Ainsi est bien exprimé qu’il s’agit non seulement de guérison physique, mais aussi de salut offert.

Et belle conclusion : tout le monde voit que l’aveugle a , par sa foi, recouvré la vue.

Et c’est tout le peuple qui chante les louanges à Dieu.

Ainsi autant qu’à la guérison et au salut d’un infirme, le récit souligne la transformation de l’ensemble du peuple, n’est-ce pas là le véritable « miracle »?

 

Cette rencontre de l’aveugle avec Jésus ne peut-elle pas être aussi la nôtre ?

La foi n'est pas une conquête de l'intelligence, ni le résultat d'une démonstration. « Croire, dit le Père Yves Congar, ce n'est pas ajouter une ou plusieurs idées à celles qu'on a déjà ; mais c'est devenir un homme nouveau et c'est bien ce qu'indique le terme de conversion. »

Jésus veut que tous les hommes soient sauvés ; mais chacun doit accueillir son salut par un acte libre de foi. Que nous puissions entendre Jésus dire à chacun de nous, comme à l'aveugle de Jéricho : « Ta foi t'a sauvé ! »

 

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