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saint André

Publié le Lundi 30 novembre 2009


 Domenico Ghirlandajo (1449-1494) l’appel des premiers apôtres, (1481), fresque  de la vie du Christ, chapelle Sixtine, Vatican   

 Le pape Sixte IV nomme le Pérugin à la tête chantier de la chapelle Sixtine qui sera inauguré le 15 août 1483. Ce vaste chantier réunit Botticelli (les Épreuves de Moïse), Ghirlandaio (l'Appel de saint Pierre et de saint André), Cosimo Rosselli (l'Adoration du Veau d'or, le Sermon sur la montagne, la Cène ), Luca Signorelli (le Testament, Mort de Moïse), le Pérugin (la Remise des clefs à Saint Pierre) et le Pinturicchio (Moïse et Sephora en Égypte, le Baptême du Christ, fresques auxquelles collaborera le Pérugin). 

L'appel des apôtres est une entreprise considérable et Ghirlandaio use ici d'une solennité inégalée dans son oeuvre antérieure ou postérieure. Certaines expressions telles que l’attitude sobre du Christ ou le regard des deux appelés  sont remarquables.

Sur la gauche un groupe de femmes bavardent, elles ont des regards curieux  comme si elles  voulaient indirectement voir ou peut-être être vues.  Le groupe de personnages sur la droite sont tous, ou presque tous, des portraits de personnages réels. Sont représentés ici la plus grande partie de la colonie florentine établie à Rome, familles illustres de la cité qui ont ouvert des banches de leur commerce florentin à Rome, et au-dessus de toutes, les représentants de la banque de commerce et de crédit de la maison des Médicis. La foule des spectateurs est concernée par l’appel des apôtres.

Dans cette fresque, le Christ apparaît trois fois. A l'arrière plan à gauche et à droite, il se tient sur la berge et appelle les deux pêcheurs avec ces mots: "Suivez-moi, et je ferai de vous des pêcheurs d'homme". Enfin  la troisième fois, au premier plan et au centre du tableau il bénit Simon Pierre et André agenouillés. Les apôtres répondent à l’appel de Jésus, qui les bénit et les soutiendra dans leur mission. Derrière le Christ s’ouvre la mer et l’horizon lointain de la mission.



Le texte biblique

  Comme il marchait au bord du lac de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans le lac : c'étaient des pêcheurs.

 Jésus leur dit : « Venez derrière moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes. »

 Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.

 Plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans leur barque avec leur père, en train de préparer leurs filets. Il les appela.

 Aussitôt, laissant leur barque et leur père, ils le suivirent.

 

Matthieu 4,18-22



Commentaires

 Après qu’il a été baptisé par Jean Baptiste, et qu’il s’est retiré au désert,  Jésus se rend en Galilée. Toutes les conditions sont désormais remplies pour entreprendre sa mission.

Pour cela des hommes vont le suivre, non seulement des foules, mais aussi des disciples plus proches. Il lui faut des associés pour « être avec lui »

Jésus part à la recherche de ses disciples et va les appeler. Le Seigneur ne cesse jamais de marcher le long du rivage de notre vie, nous jetant un regard, nous lançant parfois une ligne. Dans un cas comme dans l’autre, c’est à nous de répondre à l’invitation. On ne marche à la suite du Seigneur que dans la mesure où l'on a perçu l'appel qu'il nous adresse. 

Toute rencontre du Seigneur implique la convergence de deux libertés.  On ne reconnaît Dieu que dans la mesure où on le cherche. Et on n'est abordé par lui que dans la mesure où il vient vers nous : « ce n'est pas vous qui m'avez choisi mais c'est moi qui vous ai choisis et institués » (Jn 15,15). 

 

« Je vous ferai « pécheurs d’hommes ». Jésus respecte leurs qualités de pêcheurs, Jésus se sert de leurs qualités de pêcheurs.

D’emblée il arrache ses premiers collaborateurs à leur milieu familial et professionnel, indiquant la portée symbolique de leur ministère dans le prolongement du sien.

Ce départ des quatre premiers disciples apparaît comme une réponse à la proclamation du Règne des cieux. Il y a d’abord l’appel de Simon et d’André puis de Jacques et Jean.  Ce second appel est plus simple  et on y reconnaît l’appel d’Elisée par Elie :  « Il partit de là et trouva Elisée, fils de Shafath, qui labourait ; il avait à labourer douze arpents, et il en était au douzième. Elie passa près de lui et jeta son manteau sur lui. Elisée abandonna les boeufs, courut après Elie et dit : «  Permets que j'embrasse mon père et ma mère et je te suivrai ».  Elie lui dit : «  Va ! retourne ! Que t'ai-je donc fait ? ». Elisée s'en retourna sans le suivre, prit la paire de boeufs qu'il offrit en sacrifice ; avec l'attelage des boeufs, il fit cuire leur viande qu'il donna à manger aux siens. Puis il se leva, suivit Elie et fut à son service. » (1 Rois 19-21).

Puis, étant donné l’importance de Pierre dans l’Eglise, la première partie du texte est plus développée. L’épisode correspondant chez Luc devient une pêche miraculeuse (cf Lc 5,10). Quant à Jean, il raconte la vocation de Pierre dans un autre cadre ; André amène son frère à Jésus, qui fixe son regard sur Pierre et lui dit : « tu es Simon, le fils de Jean ; tu seras appelé Cephas, ce qui veut dire Pierre »  (Jn 1,35-42).

 

Les disciples appelés  obéissent '' aussitôt '' à l'ordre de Jésus. Aucune parole de leur part, aucune autre réaction ne sont rapportées. La scène est quasi irréelle. Le narrateur met en lumière le caractère radical de leur réponse

 

L’expression pécheurs d’hommes annonce la mission chrétienne.

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