En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

saint Jean de la Croix

Publié le Lundi 14 décembre 2009


 Paul Véronèse (1528-1588), Jésus parmi les docteurs dans le Temple, 1558, musée du prado, Madrid.

 

Véronèse est  originaire de Vérone où il s’initie à la peinture puis  part chercher fortune à Venise en 1553, qu'il ne quittera quasiment jamais jusqu'à sa mort, en 1588. 

Les caractéristiques de son œuvre se retrouvent ici : personnages nombreux insérés dans un cadre architectural grandiose, couleurs étincelantes à la vénitienne, dessin précis. Ainsi Véronèse donne un aspect décoratif et ornemental à son eouvre.

Jésus est dans le Temple, dont l’architecture palladienne et solennelle est rendue par une série de colonnes dans le fond, en hémicycle et  par la colonne centrale (on a dit qu’elle pourrait faire penser à celle du supplice de sa passion) ; la composition se déploie sur plusieurs étages, si bien que le tableau est très aéré malgré l’abondance des personnages.

Au-dessus et dominant, Jésus, montre son autorité.

Il discute avec de nombreuses personnalités vêtues somptueusement  et à la mode exotique. Ils ont agités, la discussion est animée. Chacun a une  attitude particulière ; le dessin est extrêmement réaliste et précis, il semble que Véronèse ait fait de véritables portraits.

 



Le texte biblique

  Jésus était entré dans le Temple, et, pendant qu'il enseignait, les chefs des prêtres et les anciens du peuple l'abordèrent pour lui demander : « Par quelle autorité fais-tu cela, et qui t'a donné cette autorité ? »

 Jésus leur répliqua : « A mon tour, je vais vous poser une seule question ; et si vous me répondez, je vous dirai, moi aussi, par quelle autorité je fais cela :

 Le baptême de Jean, d'où venait-il ? du ciel ou des hommes ? » Ils faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : « Si nous disons : 'Du ciel', il va nous dire : 'Pourquoi donc n'avez-vous pas cru à sa parole ?'

 Si nous disons : 'Des hommes', nous devons redouter la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. »

  Ils répondirent donc à Jésus : « Nous ne savons pas ! » Il leur dit à son tour : « Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais cela.

 

Mt 21,23-27



Commentaires

 Après son ministère en Galilée, Jésus monte à Jérusalem, où il annonce la Royaume de Dieu et ses exigences.

Il purifie le temple (21,10-17) comme l’avait annoncé  le prophète Zacharie ( Zacharie 14,21) ; il guérit les aveugles  et les boiteux qui l’ont suivi dans cette partie du Temple qui leur était interdite ; les foules sont enthousiastes, puis intervient le miracle du figuier desséché (21,18-22) qui est un enseignement sur la foi, et enfin ici Jésus qui refuse de répondre aux chefs sur l’origine de son autorité.

Jésus revient dans le Temple où il va débattre avec les personnalités en vue. Ceux-là voient Jésus enseigner et se rappellent son coup d’éclat opéré la veille dans l’enceinte du sanctuaire.

Les autorités religieuses et civiles, le haut clergé et les « anciens » abordent Jésus par une double question : quel type de pouvoir, quelles forces l’animent lorsqu’il enseigne et guérit, jusque dans le Temple ? De plus qui l’autorise à agir  de la sorte ?

Mais une seule alternative : cela vient du ciel ou bien des hommes ? Jésus est-il mandaté par Dieu ou simplement dévoré par un ambition humaine des plus folles ?

Mais Jésus ne répond pas, mais demande à ses interlocuteurs de transposer la question la question au cas de Jean Baptiste, il fait cela non pour esquiver la question mais pour situer concrètement le problème.

La mission de Jean préparait celle de Jésus et participait déjà à l’annonce du règne de Dieu : se prononcer au sujet de Jean, c’est réellement se prononcer au sujet de Jésus.

Les interlocuteurs saisissent le dilemme : s’ils avaient vu en Jean un prophète, ils auraient dû croire en lui, obéir à son appel à la conversion. Mais ils n’osent pas non plus s’opposer  à ceux  qui ont accueilli le message du Baptiste.

En fait ils ne savent pas, ils ne peuvent pas savoir car ce n’est qu’en se convertissant que l’on connaît la puissance du Royaume de Dieu et par là l’autorité de Jean et de Jésus qui annoncent ce Royaume.

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