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17 février Mercredi des Cendres

Publié le Mercredi 17 février 2010


Fra Angelico. (1395- 455) Gethsemani. c.1450. Fresco, 177 x 147. San Marco, Cellule 34
 
 Guido di Pietro, en religion Fra Giovanni, est connu sous le nom de Fra Angelico, le « Frère des anges ».
 
Religieux dominicain, il a cherché à associer les principes de la peinture de son époque, la Renaissance, qui insistait sur la représentation de la perspective et de la figure humaine, avec l'art médiéval, et la valeur mystique de la lumière.
L'ordre créé par saint Dominique était composé de clercs réguliers qui menaient une vie monastique et s'acquittaient du ministère particulier de la prédication. Le couvent saint Marc répondaient aux exigences demandées par les religieux (couvent, maison d'accueil, proche d'une ville où prêcher).
Le jeune Guido di Petri vint de son village natal du Mugello, à Florence pour y apprendre la peinture auprès de Lorenzo, moine de l'abbaye de saint Marie des Anges. Puis il découvrit sa vocation et entra comme novice dans l'ordre des Dominicains. En même temps que ses devoirs de dominicain il poursuivit son activité de peintre, puis entreprit la décoration du couvent, il était alors rompu aux règles et aux procédés de la construction perspective comme aux techniques de la fresque. Il adopta ici une gamme de couleurs limitée à quelques pigments ferreux pour la plupart posées sur un fond de chaux qui exalte la patine vitreuse.
Dominique avait accordé à chaque frère prêcheur le privilège d'une cellule individuelle, à la fois pour dormir et pour étudier, pour prier et méditer en solitude. Les décors réalisés par Fra Angelico permettaient à chaque moine de disposer d'une image à vénérer et à méditer. Il ne semble pas y avoir de lien commun et systématique entre les différents sujets, mais il a été suggéré qu'il pourrait suivre une méditation du Rosaire, mystères joyeux, douloureux et glorieux de la vie du Christ et de Marie.
La cellule 34 fait partie des cellules destinées à des convers, moines demeurés à l'état laïc. Dans le couvent ils étaient chargés des tâches matérielles. Venus en général de milieux défavorisés, leur culture n'allait guère au-delà des notions sommaires et générales. Fra Angelico décida de s'inspirer de l'Évangile de saint Matthieu, évangile le plus cohérent, systématique et pédagogique.
Il commence la série par Jésus au désert, puis les prédications aux apôtres, l'entrée à Jérusalem, la Cène,et la cellule 34 montre le jardin de Gethsemani où Jésus, en compagnie de trois apôtres, prie pour se préparer à la Passion. Puis ce sera l'arrestation de Jésus et enfin la descente aux enfers et la libération des justes.
Les scènes sont représentées simplement. La montagne plantée d'oliviers élève le Christ en prière et le sépare du groupe des disciples qui l'ont laissé seul, cédant au sommeil. À droite, les sœurs de Lazare, Marthe et Marie, représentées à l'intérieur de la maison où elles avaient accueilli Jésus, sont présentes, elles veillent; elles sont les servantes humbles du Seigneur : le sacrifice du Christ pour les hommes appelle en retour autant d'amour et d'abnégation.
Ce tableau servira d’introduction à notre carême, pendant lequel il sera proposé de suivre la passion de Jésus au long de son « chemin de croix », en méditant devant des peintures de Fra Angelico et à l’aide de méditations des Pères de l'Eglise.
 



Le texte biblique

 
 Parole du Seigneur :
« Revenez à moi de tout votre coeur, ans le jeûne, les larmes et le deuil ! »
 Déchirez vos coeurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu,
car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d'amour, renonçant au châtiment.
Qui sait ? Il pourrait revenir, il pourrait renoncer au châtiment, et vous combler de ses bienfaits : ainsi vous pourrez offrir un sacrifice au Seigneur votre Dieu.
Sonnez de la trompette dans Jérusalem : prescrivez un jeûne sacré, annoncez une solennité,
Réunissez le peuple, tenez une assemblée sainte, rassemblez les anciens, réunissez petits enfants et nourrissons ! Que le jeune époux sorte de sa maison, que la jeune mariée quitte sa chambre !
Entre le portail et l'autel, les prêtres, ministres du Seigneur, iront pleurer et diront :
« Pitié, Seigneur, pour ton peuple, n'expose pas ceux qui t'appartiennent à l'insulte et aux moqueries des païens ! Faudra-t-il qu'on dise : 'Où donc est leur Dieu ? ' »
 Et le Seigneur s'est ému en faveur de son pays, il a eu pitié de son peuple.Fils de Sion, dansez, réjouissez-vous dans le Seigneur votre Dieu !
Car il vous a donné la pluie avec générosité, il a fait tomber pour vous les averses, celles de l'automne et celles du printemps, dès qu'il le fallait.
Les granges seront pleines de blé, les cuves déborderont de vin nouveau et d'huile fraîche.
Et vous saurez que moi, je suis au milieu d'Israël, que je suis le Seigneur votre Dieu, et il n'y en a pas d'autre.
Mon peuple ne connaîtra plus jamais de déception.
 
Joël 2,12-18 . 23-25 . 27      



Commentaires

Le prophète Joël commence par citer une parole du Seigneur, « revenez à moi ».
En effet, la catastrophe n'est pas inévitable, le Seigneur ne cesse d’appeler à revenir à lui, car lui toujours, dans sa tendresse infinie, est prêt à revenir vers son peuple.
 
Cet appel du Seigneur à revenir est un thème classique de la prédication prophétique (Osée, Jérémie). La conversion demandée est intérieure, mais s'incarne dans des pratiques extérieures, comme le jeûne, les larmes. L'exhortation de Joël se situe au niveau le plus profond, celui du cœur. Là où le Seigneur, tendre et miséricordieux, ne cesse de rejoindre les hommes.
Toute la population est appelée à venir au temple pour une cérémonie de supplication, les prêtres doivent prier. Deux requêtes sont formulées, l'appel à la miséricorde de Dieu et la demande d'éviter la honte pour le peuple.
Le Seigneur et Israël ont partie liée : la détresse du peuple serait la preuve de l'impuissance de son Dieu, l'argument est contraignant : « Faudra-t-il qu'on dise : 'Où donc est leur Dieu ? ' ».
La réponse du Seigneur montre un étonnant renversement de situation.
Aussitôt explose un cantique de bénédiction où alternent les prises de parole du Seigneur et du prophète
Il ne faut pas craindre, il faut se réjouir, danser. L'oracle du salut s’accompagne d'un appel à la joie et à la jubilation.
Le passage se termine par l'affirmation de la présence du Seigneur au milieu de son peuple :
tel est le véritable bonheur que le Seigneur promet à son peuple pour toujours.


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