En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

La pêche miraculeuse

Publié le Vendredi 9 avril 2010



Konrad Witz, (1400?-1445?) La Pêche miraculeuse, (14443/1444), Genève, Musée d'Art et d'Histoire.

Ce tableau est connu surtout par le fait que Konrad Witz introduit un vaste paysage pour illustrer une scène biblique. On y a même reconnu les montagnes autour du lac de Genève.
Cependant il semble que le tableau soit une construction artificielle et il ne faudrait pas imaginer que Konrad Witz, à la manière d’un impressionniste, soit venu sur les bords du lac pour réaliser son œuvre.

L’espace du premier plan qui est volontairement laissé très incertain fait pénétrer le spectateur dans les eaux troubles tandis que le détail des ces rochers est parfaitement travaillé avec des teintes subtiles oscillant entre le brun, le gris, et des tons bleutés. Les îlots aux silhouettes découpées offrent une atmosphère étrange et mystérieuse au paysage.. Il s'y passe quelque chose d'extraordinaire.

Le Christ, le bateau et le paysage ne semblent pas être compris dans une même unité spatiale mais plaqués les uns sur les autres. 

Le Christ est sur le bord du lac, imposant dans sa large tunique rouge, il porte un nimbe précieux, un peu irréel dans ce paysage.
La barque des pécheurs occupe la place centrale, les disciples s'affairent, les mouvements sont rendus par les efforts qu'ils font pour tirer le filet plein de poissons, par la cape soufflée par le vent.
Pierre se détache du groupe, avant la fin de la pêche, se jette à l'eau pour accourir vers celui que le disciple que Jésus aimait, a désigné comme le Seigneur. 



Le texte biblique


Après cela, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord du lac de Tibériade, et voici comment.
Il y avait là Simon-Pierre, avec Thomas (dont le nom signifie : Jumeau), Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres disciples.
Simon-Pierre leur dit : « Je m'en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, ils passèrent la nuit sans rien prendre.
Au lever du jour, Jésus était là, sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c'était lui.
Jésus les appelle : « Les enfants, auriez-vous un peu de poisson ? » Ils lui répondent : « Non. »
 Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n'arrivaient pas à le ramener, tellement il y avait de poisson.
Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C'est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre l'entendit déclarer que c'était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n'avait rien sur lui, et il se jeta à l'eau.
Les autres disciples arrivent en barque, tirant le filet plein de poissons ; la terre n'était qu'à une centaine de mètres.
 En débarquant sur le rivage, ils voient un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain.
Jésus leur dit : « Apportez donc de ce poisson que vous venez de prendre. »
Simon-Pierre monta dans la barque et amena jusqu'à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s'était pas déchiré.
Jésus dit alors : « Venez déjeuner. » Aucun des disciples n'osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c'était le Seigneur.
Jésus s'approche, prend le pain et le leur donne, ainsi que le poisson.
 C'était la troisième fois que Jésus ressuscité d'entre les morts se manifestait à ses disciples.

Jn 21,41-14



Commentaires

Ce passage tiré de la fin de l'évangile de saint Jean, montre une apparition de Jésus après la Résurrection, ou plutôt une « manifestation » de Jésus, de Jésus glorifié.
Luc, lui a placé un épisode de pêche miraculeuse au début du ministère galiléen de Jésus (5,1-11). Luc veut signifier l'appel des disciples à suivre Jésus.
Jean centre son récit su le rapport de Simon-Pierre à Jésus et sur sa réhabilitation après son reniement.

Les disciples après la mort de Jésus sont revenus à leurs activités de pécheurs. L'insuccès de la pêche peut faire penser à leur désillusion.
Ils ne reconnaissent pas l'homme sur la berge, ni sa présence physique, ni sa parole ne permettent de l'identifier. L'abondance de la pêche sera le signe qui ouvrira les yeux du disciple que Jésus aimait qui sert d'intermédiaire entre Pierre et Jésus, et qui dit « c'est le Seigneur ».

Pierre, toujours fougueux, se détache du groupe. La scène prépare sa mise à part pour paître le troupeau.
Sur la parole de Jésus, Pierre retourne au filet, en tirant ce lourd filet de 153 poissons. Beaucoup, de commentaires ont été faits sur ce chiffre symbolisant une grande abondance, appuyant la puissance de Jésus et certifiant l'exactitude du témoignage. Et le filet résiste ! Ainsi le motif de la mission se donne à lire dans cette plénitude de la pêche, un vaste programme missionnaire.

Quand la pêche est achevée, Jésus prépare le repas composé de pain et de poissons. Mystérieusement tout est prêt avant que les fruits de la pêche soient accessibles à Jésus. Il prononce la même formule « prend du pain et leur donne », que lors du repas eucharistique qui comprenait du pain et du vin.
A travers ce récit Jean indique que les célébrations eucharistiques prolongent et actualisent ce qu'ont connu les premiers témoins de la Résurrection. Dans leur ministère et aussi dans leurs tâches humaines, les croyants doivent savoir que Jésus glorifié les attend et leur prépare ce repas qui les nourrit et leur permet de se rencontrer. 

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