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L\'entrée des païens dans l\'Eglise

Publié le Vendredi 7 mai 2010


Rubens Pierre Paul (1577-1640), Figures d'apôtres, d'après Raphaël, Musée du Louvre
 
 
Rubens admirait l’oeuvre de Raphaël. Il a fait une série de copies conservées au musée du Louvre  et l'a étudié soit aux sources soit d'après des gravures ou des copies de l'entourage de Raphaël.
Ce dessin plein de force avec sa grande diagonale ascendante chère à Rubens, montre la diversité des apôtres, pourtant bien regroupés et centrés vers un seul but, faire connaître Jésus et attirer les hommes dans l'Eglise.
Les apôtres sont représentés avec fougue. Pierre assis, le Livre à la main, est comme à la base du groupe, il est la pierre fondement de l'Eglise.
Paul, grand, plein de force, lance son bras au loin comme pour atteindre les populations lointaines.
Est-ce saint Jacques, qui est plus en retrait , la main faisant signe de modération pour calmer les esprits ?
Jean, plus jeune est tout autant poussé vers l'avant, pour annoncer l'Évangile avec enthousiasme.



Le texte biblique

07 Comme cela provoquait des discussions assez graves, Pierre se leva et leur dit : « Frères, vous savez bien comment Dieu a manifesté son choix parmi vous dès les premiers temps : c'est par moi que les païens ont entendu la parole de l'Évangile et sont venus à la foi.

08 Dieu, qui connaît le coeur des hommes, leur a rendu témoignage en leur donnant l'Esprit Saint tout comme à nous ;

09 sans faire aucune distinction entre eux et nous, il a purifié leurs coeurs par la foi.

10 Alors, pourquoi mettez-vous Dieu à l'épreuve en plaçant sur les épaules des disciples un joug que nos pères et nous-mêmes n'avons pas été capables de porter ?

11 Oui, c'est par la grâce du Seigneur Jésus, nous le croyons, que nous avons été sauvés, de la même manière qu'eux. »

12 Toute l'assemblée garda le silence, puis on écouta Barnabé et Paul rapporter tous les signes et les prodiges que Dieu avait accomplis par eux chez les païens.

13 Quand ils eurent terminé, Jacques prit la parole : « Frères, écoutez-moi.

14 Simon-Pierre vous a rapporté comment, dès le début, Dieu a voulu prendre chez les nations païennes un peuple qui serait marqué de son nom.

15 C'est ce que confirment les paroles des prophètes, puisqu'il est écrit :

16 Après cela, je reviendraipour reconstruire la demeure de David,qui s'est écroulée ;je reconstruirai ce qui était en ruines,je le relèverai ;

17 alors, le reste des hommes cherchera le Seigneur,ainsi que les nations païennessur lesquelles mon nom a été prononcé.Voilà ce que dit le Seigneur.Il réalise ainsi ses projets,

18 qui sont connus depuis toujours.

19 Je suis donc d'avis de ne pas surcharger ceux des païens qui se convertissent à Dieu,

20 mais de leur écrire qu'ils doivent s'abstenir des souillures de l'idolâtrie, des unions illégitimes, de la viande non saignée et du sang.

21 En effet, depuis les temps les plus anciens Moïse a, dans chaque ville, des gens qui proclament sa Loi, puisqu'on en fait la lecture chaque sabbat dans les synagogues. »

 
Actes  15, 7-21



Commentaires

La question de l'admission des païens dans l'Église a, au départ, provoqué de vives discussions entre les apôtres et toute l'assemblée de Jérusalem.
 
C'est Pierre qui a fondé l'Église de Jérusalem, il a gardé toute son autorité spirituelle . Il peut témoigner que Dieu l'a aussi choisi pour être le premier à annoncer l'Évangile à des païens, et tire les conséquences de son expérience faite avec Corneille et sa maisonnée, une expérience qui a été pour lui une  véritable « conversion » opérée par l’Esprit Saint.
L'essentiel de ce qui est en jeu ici, est d'insister sur le fait que Dieu a donné l'Esprit Saint  à des non circoncis et a purifié leur cœur par la foi sans faire de discrimination.
L'auteur des Actes prête à Pierre un discours très paulinien, parlant lui aussi des exigences de la Loi comme d'un joug, et confessant que « nos pères et nous-mêmes n'avons pas été capables de le porter » Il affirme alors que tous, juifs ou païens d'origine, sont sauvés par la seule grâce du Seigneur Jésus. Contraindre alors des païens à suivre la loi juive serait donc tenter Dieu ou même le provoquer, lui manquer de confiance. Pierre est convainquant, l'assemblée garde le silence.
 De leur côté, Paul et Barnabé, venus d'Antioche, n'ont rien à ajouter et confirment en montrant combien Dieu a été à l'œuvre dans leur mission par les signes et prodiges qui accompagnaient leur évangélisation des païens.
Le dernier à prendre la parole est Jacques. On le sait représentant, avec les anciens de Jérusalem, d'un attitude très légaliste. Il n'est certainement pas prêt à suivre les conceptions radicales de Paul et à admettre qu'il n'y a aucune différence  entre juifs et païens d'origine. Mais il a le souci de ne pas rompre la communion entre les Églises judéo et pagano-chrétiennes. Il s'exprime en tant que président responsable de cette assemblée, et propose un compromis. Il estime que la conversion des païens n'aboutit pas à l'élargissement d'un unique peuple de Dieu, mais à la naissance d'un nouveau peuple marqué de son nom. Il rappelle un texte du prophète Amos (9,11ss), prévoyant la restauration d'Israël (relever la demeure de David) en y intégrant les nations païennes, et aussi l'appel aux nations païennes à chercher le Seigneur. Jacques désire que juifs et chrétiens vivent en bonne intelligence ! Cette théologie ne fera pas école !
Son compromis comprend quelques conditions :pour devenir disciples du Christ, les païens devrontrenoncer à l'idolâtrie, aux unions illégitimes, aux viandes non saignées et au sang.
Sa proposition paraît satisfaisante à l'assemblée puisque personne ne prolonge la discussion.  

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