En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Fête du Sacré Cœur, les mauvais bergers et le bon berger

Publié le Vendredi 11 juin 2010


Hans Bol, (1534, -1593) Le mauvais berger, dessin Courtauld, Institute of Art Gallery, London 

Hans Bol est un peintre et dessinateur flamand, essentiellement connu pour ces dessins et gravures reprenant des paysages réalistes typiquement flamands où il insère des scènes mythologiques ou bibliques. Son œuvre la plus connue est Paysage et la chute d'Icare.
Ici, dans ce dessin du mauvais berger, est évoqué le texte d'Ezéchiel , sur les mauvais bergers que le Seigneur va remplacer pour être le bon berger.
Le paysage est vaste, avec à l’arrière plan de grandes étendues où est représentée une multitude de personnages vaquant à diverses occupations et leurs maisons : baignades, luttes, troupeaux etc..

Au centre une bergerie délabrée, des arbres ont traversé le toit, ce qui permet à l'artiste de donner un équilibre vertical à son dessin. Certains s'affairent pour essayer de réparer.
Quelques brebis rentrent dans la bergerie, poussés par des bergers. Mais à l'alentour une brebis est morte et personne ne s'en occupe.
L'ensemble montre agitation, désordre, désintérêt pour les brebis elle-mêmes.

Bol montre là ses qualités de dessin, de peintre de genre, a la manière maniéristeans qui a suivi la Haute Renaissance.
 



Le texte biblique

Maintenant, j'irai moi-même à la recherche de mes brebis, et je veillerai sur elles.
Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, ainsi je veillerai sur mes brebis, et j'irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de brouillard et d'obscurité.
Je les ferai sortir des pays étrangers, je les rassemblerai, et je les ramènerai chez elles ; je les mènerai paître sur les montagnes d'Israël, dans les vallées, dans les endroits les meilleurs.
Je les ferai paître dans un bon pâturage, et leurs prairies seront sur les hauteurs d'Israël. Là, elles se reposeront dans de belles prairies, elles brouteront dans de gras pâturages, sur les monts d'Israël.
C'est moi qui ferai paître mon troupeau, et c'est moi qui le ferai reposer, déclare le Seigneur Dieu.
La brebis perdue, je la chercherai ; l'égarée, je la ramènerai. Celle qui est blessée, je la soignerai. Celle qui est faible, je lui rendrai des forces. Celle qui est grasse et vigoureuse, je la garderai, je la ferai paître avec justice.

Ezéchiel 34,11-16




Commentaires

Ce passage sur les pasteurs d'Israel est célèbre, c'est le développement le plus long qu'on ait de cette image dans l'Ancien Testament ; elle sera reprise dans le Nouveau Testament, en particulier dans l'évangile de Jean au chapitre 10 où le bon berger représente le Christ, mais aussi dans les paraboles de la brebis perdue chez Matthieu (ch.18), et Luc (ch.15).

Le texte d'Ezéchiel est bien structuré. Le chapitre commence par l'annonce d'une prophétie, le Seigneur parle ainsi.
Le verset qui précède notre passage est une annonce de châtiment contre les mauvais bergers.
Puis vient la promesse de rétablir la situation idéale, détériorée par la mauvaise gestion des bergers d'Israël. Le prophète finit en rapportant la déclaration, l'oracle du Seigneur, et prend le contre-pied des accusations proférées plus haut :  Vous n'avez pas rendu des forces à la brebis chétive, soigné celle qui était faible, pansé celle qui était blessée. Vous n'avez pas ramené la brebis égarée, cherché celle qui était perdue. Mais vous les avez gouvernées avec violence et dureté ». Le Seigneur va faire l'inverse de ce qu'ont fait les mauvais bergers, et finalement fera paître avec justice le troupeau.

Ainsi l'action du Seigneur se situe là où la faute s'enracine. A la dispersion il oppose le rassemblement. Il promet qu'il va s'occuper du peuple pour son bien et se présente comme le juge qui fera régner la justice entre le fort et le faible.
L'engagement divin est annoncé par l'engagement personnel du Seigneur, il vient lui-même, il est prêt à s'exposer pour faire face à la situation de son peuple dispersé. Il va agir comme le fait un vrai berger qui surveille attentivement et constamment ce qui se passe, compte ses bêtes et s'inquiète des absentes, prêt à partir à leur recherche.
La tâche urgente est de faire sortir le peuple des pays étrangers, pour permettre le rassemblement, le retour du pays, véritable terre promise. Le Seigneur apportera attention à chaque membre souffrant. En agissant ainsi, le Seigneur vise la vie, au-delà d'une prospérité matérielle, la vie de communion avec Lui.

Le texte est ainsi plus tourné vers la promesse d'une vie nouvelle que vers le châtiment. Le Seigneur va rétablir des conditions de vie correctes pour le peuple actuellement en exil. On retrouve les termes de l'Exode : Ézéchiel et ses disciples ont compris l'action de Dieu en faveur de son peuple exilé. Ainsi les Israélites sauront que « je suis le Seigneur ». l'espérance n'est donc pas détruite.
 

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