En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

La croix glorieuse

Publié le Mardi 14 septembre 2010


Giovanni Fantoni , sculpture au sommet du Mont Nebo, « la croix serpentine », métal martelé, symbole du serpent de bronze de Moïse dans le désert, et la croix de Jésus : «Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut que le Fils de l'homme soit élevé." ( Jn 3,14)

 

Le mont Nebo se trouve en Jordanie, au Nord Est de la Mer Morte , 40 km au sud-ouest d'Amman C'est le point culminant au nord de la chaine Abarim qui domine la Mer Morte. Selon un récit apocryphe qui portait peut-être le nom de Jérémie, Moïse au temps de la déportation aurait emporté  du Temple l'Arche, la Tente, l'autel des parfums et les aurait enfouis dans une grotte de la montagne « où Moïse était monté pour contempler l'héritage de Dieu » (2Mac 2, 4-9).

 

Du sommet du mont Nebo Moïse contemple une dernière fois la terre promise, puis mourut là. (Dt 32,49; 34,1). Origène dans son homélie sur les Nombre 27,12, écrit « Moïse parfait et heureux ne meurt pas dans une vallée, ni en plaine ou sur une colline, mais sur une montagne, c'est à dire dans un endroit élevé et difficile d'accès. Car le but et la perfection de sa vie avaient pour décor les hauteurs ».La vie de Moîse tout comme sa mort, a été entre les mains du Seigneur, toujours suspendue à la parole de Dieu. "La vie entière du chrétien est un grand pèlerinage à la maison du Père, dont nous découvrons, jour après jour, l’amour inconditionnel, celui-là même qu’il éprouve pour toute créature humaine" (Jean Paul II).

Le mont Nébo est resté un lieu de pèlerinage pour les premiers chrétiens et sa première église a été construite au 4è siècle, pour marquer le site où Moïse mourut.

 

La sculpture moderne plantée au sommet, réalisée par le sculpteur italien Giovanni Fantoni représente la croix de Jésus autour de laquelle s'enroule le serpent d'airain de Moïse.

Alors que les Hébreux se désespéraient de leur longue errance dans un exode sans fin ils se révoltèrent contre Moïse; Dieu, pour les punir, leur envoya des serpents dont la morsure était mortelle. Moïse confectionna un serpent d'airain dont la vue guérissait ceux qui avaient été mordus.

Ainsi cette croix entourée d'un serpent symbolise le serpent d'airain que Moïse emmena dans le désert et la croix sur laquelle Jésus fut crucifié.



Le texte biblique

Car nul n'est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme.

De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé,

afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle.

Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle.

 Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.

Jn 3, 13-17



Commentaires

Ce passage est la suite de l'entretien avec Nicodème à propos de l’affirmation par Jésus d’une nouvelle naissance venue d'en haut, affirmation qui a rencontré l'incompréhension tant de Nicodème que des disciples. Alors Jésus conclut « si vous ne croyez pas quand je vous parle des choses de la terre, comment croirez-vous si je vous parle des choses du ciel. ? »

Jusque là, Jésus a parlé de ce qui était connu du judaïsme : l'opposition chair/esprit, la nouvelle naissance. Certains croyaient comprendre, il y avait eu des « révélateurs » : Moïse qui était monté dans les nuées du Sinaï, Hénoch dont les textes racontaient l'enlèvement au ciel pour percer les secrets cosmiques.. et autres textes des religions teintées de gnose. Mais Jean affirme ici que personne n'est monté au ciel sinon le Fils de l'Homme. Toutes les révélations qui prétendaient donner le salut s'effacent devant la seule que donne Jésus. Le Fils de l'Homme désigne l'Unique qui puisse relier le ciel et la terre

Seule la connaissance authentique de Dieu est celle qui vient de celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'Homme.

 

Quelle est cette révélation ? Pour donner crédit à sa parole, Jésus l'enracine dans l'histoire d'Israël. La nouveauté qu'il apporte doit être accomplissement des Écritures. C'est celle du serpent d'airain (voir Nb 21,8) dont le livre de la Sagesse rappelle que par lui c'était la Parole qui guérissait. L'image s'applique au Verbe qui vient « guérir » l'humanité. « De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé ». La mort qui menaçait le peuple tenait à son incroyance. Le rite sauvait les Hébreux non de façon magique, mais à cause de la signification symbolique qui lui était accordée, c'est à dire la foi en Dieu; la certitude que le salut vient de Dieu.

 

La référence à l'épisode du serpent d'airain rattache la venue de Jésus aux évènements de l'Exode. Jésus est le nouveau Moïse. En lui désormais est résumée toute la révélation. L'exaltation est la mort sur la croix, là où se dévoile tout l'amour de Dieu, elle est source de vie.

 

Tout le texte tourne autour de la question du croire, ce croire qui fait accéder l'homme à des réalités qui, de soi, lui échappent. L'objet du croire c'est le Fils de l'Homme élevé dans le mystère conjoint de sa crucifixion et de sa glorification .

 

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