En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

un commandement d’amour

Publié le Dimanche 6 mai 2007


Léonard de Vinci, 1452-1519 La Cène, Milan, 1495 à 1497. Une reproduction est actuellement visible au Couvent des Cordeliers à Paris.
Cette fresque majeure fut commandée par Ludovic Sforza (dit il Moro, le More) à Léonard de Vinci qui était devenu l'ingénieur-artiste de la cour de Milan. Beaucoup a été écrit sur cette fresque, restons-en à son interprétation biblique. Le génie de Léonard est d’avoir été également très attentif aux récits bibliques Il a en fait opéré une synthèse entre les différents récits du dernier repas de Jésus avec ses disciples disciples: il a représenté à la fois les trois textes évangéliques parlant de l’institution de la Cène (Matthieu, Marc, Luc), et les quatre textes évangéliques annonçant la trahison de Juda (Matthieu, Marc, Luc, Jean). Ainsi en une seule image, il n’évoque pas moins de 7 textes bibliques.
Certains détails se réfèrent plutôt à tel texte ou à tel autre. Nous avons là une œuvre de synthèse biblique. Le Christ, au centre du tableau, dans une pose hiératique, et séparé des disciples par un vide, fait allusion à l’institution de la Cène, tandis que les disciples, agités et regroupés par trois, expriment leurs réactions à l’annonce de la trahison. La tête de Jésus, se détachant sur un fond de ciel, souligne sa divinité, tandis que les pieds posés au sol (que l’on ne voit plus à cause d’une destruction postérieure) soulignent son humanité.



Le texte biblique

La sortie du traître laisse Jésus avec ses disciples : «ses petits enfants ». Le maintenant est lié à « l’heure » de Jésus, expression qui désigne à la fois la crucifixion et la glorification de Jésus (Jn 12,23) ; ce terme de gloire est utilisé quatre fois en deux versets ! La gloire s’applique au Fils de l’homme et elle est étroitement associée à la Passion.
Jésus annonce son départ et donne alors un commandement nouveau : son testament.
Départ difficile pour ses apôtres, Jésus a pour eux de la compassion et de la tendresse, de l’affection même, il les appelle ses petits enfants. Il leur dit au revoir et leur donne un programme à accomplir, comme dans les repas testamentaires chez les Anciens.
Il s’agit de s’aimer les uns les autres, comme Jésus les a aimés. Il s’agit d’un amour intense, comme Jésus a aimé jusqu’au bout. Cet amour s’adresse aux frères croyants, Jésus ne dit pas, aimez-moi. Mais l’amour entre eux révélera celui de Jésus, il montrera à tous les hommes qu’ils sont les disciples de Jésus ; il révèlera la gloire de Dieu désormais offerte aux hommes.
C’est un commandement nouveau, non au sens temporel, mais au sens qu’il accomplit la nouvelle alliance, celle dont parle Luc « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang versé pour vous. » (Lc 22 20). Alliance par laquelle Dieu rejoint définitivement les hommes en se donnant totalement à eux, pour qu’ils vivent de sa vie, c’est-à-dire de son amour.



Commentaires

Quand Judas eut pris la bouchée, il sortit aussitôt ; il faisait nuit. Quand il fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l'homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu en retour lui donnera sa propre gloire ; et il la lui donnera bientôt. Mes petits enfants, je suis encore avec vous, mais pour peu de temps, et vous me chercherez. J'ai dit aux Juifs : "Là où je m'en vais, vous ne pouvez pas y aller". Je vous le dis maintenant à vous aussi. Je vous donne un commandement nouveau : c'est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c'est l'amour que vous aurez les uns pour les autres. »

Jean 13,31-35

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