En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

La drachme perdue

Publié le Vendredi 5 novembre 2010


Domenico Feti (1589 env-1624), parabole de la drachme perdue, 1618-22, Musée Alter Meister de Dresde

 

Domenico Feti est un peintre italien baroque du début du 17e..

Initié à Rome, où il est né, à la peinture de Caravage, Feti fut appellé à Mantoue en 1613 pour y être peintre de la cour. Là, il découvre les œuvres de Rubens et de peintres vénitiens du 16e siècle. Il réalise les grandes fresques de la cathédrale de Mantoue (La Sainte Trinité avec la Vierge et saint Jean-BaptisteL'Agonie au jardin des Oliviers) puis il s'oriente vers les scènes de genre ayant pour sujet des scènes mythologiques ou des paraboles (Le Bon SamaritainLa Brebis perdue ou la drachme perdue représentée ici). Ces toiles feront sa renommée. Il adopte un style contemporain , à la flamande, s'attachant aux détails réalistes mais aussi à l'éclat des couleurs, tout en intégrant les effets luministes à la romaine. Ainsi Feti développe un style de peinture très original.

Son pinceau est léger, sa peinture lumineuse et cela évoque un univers poétique qui s’inspire d’une vision née d’une imagination à la fois inquiète et romantique. Cette nouvelle façon de peindre semble être influencée par Rubens ; il améliora toujours ce nouveau style, jusqu’à sa mort vers 1624 et grâce à cela, sera classé comme membre de l’école vénitienne alors qu’il n’ a passé que deux ans à Venise.

Ici la femme est représentée dans un intérieur bien simple, pauvre. Un coffre, un panier, un tabouret renversé, quelques vêtements et des ustensiles de cuisine. Rien n'est apprêté, même en désordre, ce n'est pas l'important, la femme occupe tout son temps et énergie à retrouver la drachme qu'elle a perdue. Une lampe à la main elle est penchée vers le sol pour chercher cette drachme si importante pour elle. Cette lampe éclaire le sol mais aussi le visage de la femme. Les couleurs sont subtiles, dans les tons bruns opposant ombre et lumière d'une façon douce.


 



Le texte biblique

 Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter.

 Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »

 Alors Jésus leur dit cette parabole :

« Si l'un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve ?

Quand il l'a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules,

et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins ; il leur dit : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !'

Je vous le dis : C'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion.

Ou encore, si une femme a dix pièces d'argent et en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu'à ce qu'elle la retrouve ?

Quand elle l'a retrouvée, elle réunit ses amies et ses voisines et leur dit : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé la pièce d'argent que j'avais perdue !'

De même, je vous le dis : Il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »

Lc 15,1-10



Commentaires

Les paraboles dans l’évangile de Luc visent à mettre en lumière l'attention portée par Dieu vers ceux qui sont méprisés et réprouvés par la bonne société religieuse.

Jésus accueille, peut-être même chez lui, publicains et pécheurs, il mange avec eux. Les pharisiens et les scribes, gens de la bonne société, réprouvent ce geste qui brise les barrières traditionnelles conforme à la sagesse biblique.

Jésus répond par une parabole établissant le lien étroit existant entre son propre comportement et l'attitude de Dieu, la joie et la conversion en sont les conséquences.

Ici deux paraboles sont racontées, construites de façons parallèles.

Quelque chose de perdu que l'on a retrouvé. Un berger aisé et, en contraste, une pauvre ménagère invitent leurs amis à partager leur joie. Si la brebis, une sur cent, s'est perdue, une pièce de monnaie représentant de quoi vivre une journée, une sur dix, a été perdue. La parabole part donc d'une situation qui est coutumière aux auditeurs. Chacun peut se reconnaître dans l'initiative de celui qui part à la recherche. Ce ne sont ni la façon dont la perte a été occasionnée, ni le mode recherche, qui sont intéressants. Mais c'est l'appel à partager la joie qui importe.

Ce qui est perdu est en fait identifié au pécheur, qui ne peut se repentir que si Dieu va à sa recherche. Au terme c’est la joie divine qui advient pour un seul pécheur qui se convertit , une joie que Dieu fait partager à touter la cour céleste : « il y a plus de joie dans les cieux pour un seul pécheur qui se repend... ». Quel repentir peut-on souhaiter quand on part à la recherche d'un brebis ou d'une drachme. Une seule chose compte : retrouver ce qui était perdu. Ainsi Dieu recherche -t-il l'homme qui est perdu sans rien lui demander au préalable. Il n'attend rien d'autre que de « retrouver » et « de sauver ».

La fréquentation des exclus par Jésus se trouve justifiée par la pratique de Dieu même. A travers l'accueil des pécheurs par Jésus, Dieu connait la joie immense de retrouver, de sauver ceux qui étaient perdus et chacun est invité à communier à cette allégresse divine.

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